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Togo: Economie: Inadéquation entre fiscalité et promotion de l'emploi

Le gouvernement assassine sa «politique d’initiative privée»

26 novembre 2009

Gilbert Houngbo, le Premier ministre togolais aura déçu plus d'un togolaisDepuis quelques jours, le recouvrement des impôts sème de l’indignation dans les quartiers. C’est avec des larmes aux yeux que les bonnes femmes accourent vers l’administration des recettes fiscales pour implorer la clémence des maîtres des lieux, mais souvent en vain. Un fait qui fait transparaître le paradoxe entre les beaux discours et les réalités du terrain.

«Notre objectif est d’encourager l’initiative privée car, elle seule peut garantir durablement l’emploi de la jeunesse», a-t-on souvent entendu de la part des gouvernants. Au demeurant, ces propos relèvent plus de la pure démagogie quand l’on analyse un peu les actions gouvernementales. Pour preuve, aujourd’hui, les populations sont impuissantes face à une fiscalité exagérée qui  laisse toutes les portes ouvertes à la corruption et au racket systématique. Une situation déplorable qui laisse présager la fermeture de nombreuses épiceries, ateliers voire des entreprises.

Il est reconnu de tous que l’impôt par principe est un apport financier énorme pour l’Etat. Il a pour objectif de couvrir les charges publiques de celui-ci. Mais il est à noter que lorsque la fiscalité est trop lourde, elle paralyse l’économie nationale. Dans son rôle ou objectif social, l’impôt permet de redistribuer les revenus ; il prend en compte les considérations d’ordre social notamment l’exonération d’impôts sur les produits de première nécessité, un impôt prélevé sur les biens de luxe, etc. Tout ceci ailleurs se fait avec beaucoup de tact où parfois même le contribuable ne ressent pas l’existence de l’impôt.

Au Togo, et particulièrement ces derniers temps, le constat est amer. De l’examen ou calcul jusqu’au recouvrement des impôts, c’est l’inhumanisme total qui bat son plein, engendrant ainsi de la consternation au sein des populations. Une exagération flagrante dans les calculs des impôts qui ne tient pas compte du contexte social dans lequel vivent les Togolais, est observée. Pour preuve, une petite épicerie communément appelée «Alimentation Générale» occupant un local d’à peine 15 m2 de la place paie plus de 23.000 Fcfa d’impôt (Redevance Création PP, Droits d’Enregistrements, Taxe d’Habitation, Retenue Taxe Foncière et IR Revenus Fonciers), ceci, rien que pour la période d’octobre à décembre 2009. Il faut souligner que ces impôts sont fixés de manière fantaisiste et surtout à la tête du client.

Le plus déplaisant reste le comportement inhumain et parfois dégradant des agents du service des recettes face aux lamentations des bonnes dames. «Je ne vends que de l’eau et aussi un peu de petites choses qui d’ailleurs ne marchent même pas. J’ai beau leur expliquer et eux-mêmes ont bien regardé, mais ils insistent que je paie 25.000 Fcfa. Même mon capital n’atteint pas cela. Maintenant qu’ils ont fermé, je crois que je vais cesser de l’ouvrir pour que mes enfants meurent finalement de faim. Je crois bien que c’est ce qu’ils veulent», a pesté une retraitée impuissante devant son épicerie qui venait d’être scellée.

Même son de cloche chez deux jeunes associées qui gèrent ensemble un atelier de couture. «C’est à peine que nous venons de nous installer ici qu’ils nous tombent dessus. Nous leur avons beau expliquer  la situation, mais ils ont fait la sourde oreille. Le résultat, c’est qu’ils ont bloqué la porte. Ils sont méchants, ces gens. Ils font comme si eux ils n’ont pas de petits frères et sœurs», a déploré l’une d’elles, et à l’autre d’ajouter, pleine de rage: «Ils ne m’ont même pas laissé le temps de prendre mon sac à main».

Face à cette situation désobligeante, les populations ne savent plus à quel saint se vouer. Aujourd’hui, la situation réveille les contribuables qui s’interrogent sur le bien-fondé de la fiscalité. Pour la simple raison qu’il n’y a aucune corrélation visible et bien déterminée entre l’impôt payé et les services rendus par l’Etat. Celle-ci renvoie directement l’attention les populations aux piètres services sanitaires dans le pays alors qu’ailleurs, même les animaux sont aujourd’hui bien traités dans des cliniques alors qu’au Togo, même les hôpitaux de référence n’ont pas le moindre petit scanner.

Cette rage du service des impôts risque d’entraîner l’accroissement du taux de chômage dans le pays. Et si on ne prend garde, cette traque va aussi plonger davantage le pays dans une situation insoutenable.

Didier LEDOUX


 

 

 

 

 

 

           

           

 

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