Culture: Showbiz togolais:
L’artiste Don Stash écroué à la
Prison civile de Lomé
1er décembre 2009
L’artiste Togolais de la chanson Don Stash, de son vrai
nom Laklé Komi, est actuellement sous les verrous à la
prison civile de Lomé. Il est détenu dans le cadre
d’un différend qui l’oppose au Bureau togolais
des droits d’auteurs (BUTODRA).
L’auteur de «Tovi novi» est accusé par
le Bureau togolais des droits d’auteurs de «faux
et usage de faux». Cette affaire, selon nos informations,
remonterait déjà à un peu plus de cinq mois.
Selon les personnes proches du dossier, l’institution de
défense des droits d’auteurs accuse l’artiste
de s’être rendu coupable de faux en imitant la signature
du Directeur Général du BUTODRA sur des attestations
de demande de visas européens.
Don Stash à qui nous avons rendu visite reconnaît
effectivement les faits, mais les nuance un tout petit peu. Selon
sa version, il devait assister, avec un groupe de chorégraphes
togolais, à un festival de musique en Europe. C’est
dans ce cadre qu’il déposa une demande d’attestation
pour dix chorégraphes auprès du Bureau togolais
des droits d’auteurs, ces attestations ayant pour finalité d’appuyer
les demandes de visas du groupe. Une partie des attestations
lui fut délivrée, mais le retrait de l’autre
partie posa problème.
Le BUTODRA, d’après Don Stash, traînait les
pas dans la délivrance des attestations. Or la date du
festival approchait à grands pas. «C’est
alors que j’ai fait une réunion avec les chorégraphes, nous
confie-t-il. Je leur ai présenté la situation
et leur ai dit que je pouvais arranger cela en essayant de photocopier
mon attestation originale en vue de revoir les noms pour leur
permettre de voyager à temps pour le festival».
Mais entre-temps, un différend surviendra entre
l’artiste et certains membres du groupe des chorégraphes,
ce qui ne lui permit plus de poursuivre ses démarches.
Ainsi, il n’utilisa plus les papiers trafiqués en
vue de l’obtention des visas. Cependant le mal était
fait. Ces derniers allèrent le dénoncer auprès
du BUTODRA. Ce qui motiva cette institution à porter plainte
contre Don Stash pour «faux et usage de faux».
Le BUTODRA estime non seulement que l’artiste a
fait faux et usage de faux, mais également il s’est
rendu coupable d’escroquerie. «Il a collecté des
sommes allant de 25.000 à 60.000 F auprès de chaque
artiste en leur promettant un voyage en Europe, nous
dit le Directeur Général de cette structure M.
Idrissou Traoré Aziz. Certaines de ces personnes
ne sont mêmes pas des artistes, il a utilisé la
signature du BUTODRA en vue de délivrer de fausses attestations
au nom de notre institution. Ce n’est pas nous qui avons
porté plainte premièrement contre lui, ce sont
ceux à qui il a pris de l’argent qui ont porté plainte
contre lui, une trentaine de personnes je crois. Donc ce
n’est pas le BUTODRA qui le retient en prison, mais c’est
les victimes».
L’artiste lui, affirme avoir trouvé un terrain
d’entente avec les chorégraphes et que seul le BUTODRA
maintiendrait jusqu’aujourd’hui sa plainte en réclamant le
versement d’une somme de dix millions (10.000.000) de francs
au titre de dommages et intérêts. «Tous
les chorégraphes ont retiré leurs plaintes, certains
mêmes ont regretté de m’avoir causé tant
de torts puisque moi, je ne cherchais qu’à les aider.
Aujourd’hui, je n’ai plus de problème avec
les chorégraphes. Si je suis détenu ici,
c’est tout simplement parce que le BUTODRA me réclame
une somme de dix millions (10.000.000) de francs pour dommages
et intérêts pour leur signature que je n’ai
pas utilisée. Il y a eu déjà plus de six
comparutions et aucun des jeunes n’était présent,
seul le BUTODRA était représenté par son
avocat», a -t-il déclaré.
La structure de défense du droit des auteurs par la voix
de son Directeur, M. Idrissou Traoré Aziz, se dit disposée
jusqu’alors à retirer sa plainte du moment où l’artiste
apporte la preuve qu’il a payé tous ceux à qui
il devait de l’argent, soit une trentaine de personnes. «La
direction ne peut pas retirer sa plainte et autoriser la libération
d’une personne du moment où elle n’a pas soldé toutes
ses dettes à l’égard de ses victimes. Si
nous le faisons et le lendemain ses victimes débarquent
pour demander réparation, comment allons nous faire pour
payer toutes ces personnes dont on ignore le nombre exact?».
L’avocat du détenu, reconnaît également
que son client s’est rendu coupable de «faux»,
mais rejette le terme «d’ usage de faux»,
car soutient-il, l’artiste n’a jamais fait usage
du papier trafiqué ; alors il n’y a pas eu «usage
de faux».
Certaines personnes informées de l’affaire trouvent
anormal que le chanteur soit détenu plus de cinq
mois pour un délit non consommé. «Ceci
est un commencement d’exécution de délit,
mais pas consommation de délit, défend un fan de
l’artiste. Et la tentative de délit ne peut être
punie au même titre que la tentative de crime !!! Je
le connais très bien, il n’a aucun antécédent
pénal. Je crois à mon humble avis qu’il ne
voulait qu’aider ses amis au regard du retard que prenait
le dossier, sinon, est-ce que c’est 25.000 F ou 60.000
F qu’on prend pour obtenir des visas européens?
Non et non, ce sont des millions que des gens brassent
pour ces genres d’affaires».
Il est indéniable que cet homme est un artiste pétri
de talent et une valeur sûre pour la musique togolaise.
Le laisser en prison n’arrangerait rien à la situation
financière des plaignants. Le libérer pour qu’il
se batte pour payer ses créanciers serait la solution
idoine, surtout que l’artiste ne nie pas les faits, mais
les reconnaît et demande la clémence du BUTODRA
qui existe, comme le dit son Directeur, pour défendre
les artistes qui sont ses partenaires.
Alors on espère que d’ici peu l’artiste sera
libéré et donnera de la joie au cœur de ses
nombreux fans.
Olivier Adja
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