Invitation des Togolais à signer une
pétition:
POUR OU CONTRE LA CONSTITUTION DEMOCRATIQUEMENT
ADOPTEE PAR LE PEUPLE TOGOLAIS SOUVERAIN EN 1992?
07 décembre 2009
Le référendum d’initiative populaire est
une occasion pour le peuple togolais dans son ensemble de se
prononcer. Or, l’attitude des leaders de l’opposition
face à la seule proposition qui vaille encore pour une
révision constitutionnelle semble dénoter le fait
que les multiples appels de ceux-ci en faveur d’une révision
constitutionnelle ne sont qu’un simple jeu politique et
ne semblent pas être des appels réellement venus
du cœur.
C’est donc au Peuple Togolais de forcer la main à ses
dirigeants et représentants afin que les jeux soient clairs
et se fassent en faveur du Peuple Souverain qui seul a fait les
Sacrifices pour sa Démocratie. La Diaspora est donc appelée
ici au Secours pour aider le Peuple à se Libérer.
Aujourd’hui, après avoir exprimé dans nos
divers écrits sur Internet et dans nos débats divers
notre volonté de voir notre pays revenir à la
Constitution de 1992, l’heure semble définitivement
venue de peser réellement sur les événements.
Une occasion unique est ainsi donnée à la diaspora
de faire connaître sa position à ceux qui sont sur
le terrain, fussent-ils de l’opposition ou du pouvoir.
Il est donc demandé aux citoyens Togolais de la Diaspora
de faire connaître massivement leur position aux autorités
et à l’opposition togolaises afin que cette position
serve d’élément de pression et que leur avis
soit pris en compte dans la détermination de la stratégie à adopter
et le choix à opérer relativement à la
situation constitutionnelle de notre pays. Que chacun de nous,
dans un geste citoyen et dans l’intérêt supérieur
de notre Peuple, réponde aux questions suivantes:
1- Question du référendum
«Souhaitez vous que notre pays revienne à la
version originale de notre Constitution de 1992 qui a opté pour
un régime semi présidentiel avec un mandat présidentiel
de cinq (5) ans renouvelable une (1) fois, un scrutin présidentiel
uninominal à deux (2) tours, et un premier Ministre
nommé au sein de la Majorité parlementaire?»
2: Question Complémentaire
Demandez-vous à l’opposition togolaise de faire
engager la procédure de retour à cette constitution
de 1992?
1- Le problème
A la suite du décès du Général-Président
et de l’accession de son fils Faure Gnassingbé au
pouvoir en 2005, le caractère contestable de cette succession
a permis à l’opposition de bénéficier
de conditions permettant de négocier avec le pouvoir des
accords politiques dits Accord Politique Global (APG) signés
le 20 Août 2006 et dont certaines dispositions exigent
une gestion consensuelle d’une transition à mettre
en place de même que des amendements à porter à la
Constitution dès lors que le nouveau Parlement sera mis
en place. Ces modifications seraient destinées, selon
les dires des uns et des autres, à remettre la Constitution
dans sa situation d’avant Décembre 2002.
L’article 3.2 de l’Accord Politique Global dispose
que les «parties au Dialogue National engagent le Gouvernement à étudier
les propositions de révision constitutionnelle notamment
le régime politique, la nomination et les prérogatives
du Premier Ministre, les conditions d’éligibilité du
Président de la République, la durée et
la limitation des mandats présidentiels, l’institution
d’un Sénat, la réforme de la Cour Constitutionnelle.
Le Gouvernement prendra en charge ces propositions pour
la prochaine législature.»
Malheureusement, cet Accord Politique Global ne semble pas avoir
en son sein des dispositions contraignantes ou un mécanisme
contraignant pouvant s’imposer aux parties ou les obliger à aller
dans le sens des dispositions contenues dans l’Accord.
Tout semble fondé sur la bonne foi des signataires. Or
dans ce domaine, le régime du Rassemblement du Peuple
Togolais (RPT) ne semble guère avoir posé de bons
précédents.
En ce sens, ce texte semblait en retrait par rapport à ce
qui paraissait transparaître de l’Accord Politique
de Base (dit accord AGBOYIBOR/BAWARA) qui a précédé l’APG
et qui avait prévu la mise en place d’une commission
devant procéder à l’identification des problèmes
constitutionnels et mettre en œuvre la révision
de la Loi Fondamentale, même s’il ne peut être
juré de l’aboutissement de ladite procédure.
Par ailleurs, en fondant tout sur la mise en place de la nouvelle
Assemblée alors même qu’il aurait fallu aboutir à des
accords politiques qui opèrent directement les modifications
constitutionnelles et institutionnelles concernées ou
tout au moins prendre des dispositions contraignant les parties à opérer
ces dites modifications, les signataires de l’A.P.G ont
pris des risques qui ont permis une nouvelle fois de se trouver
en face d’un accord qui contient en lui les fruits de son échec
et qui se heurte aujourd’hui justement aux substances vénéneuses
ressorties par ces fruits.
Il n’est donc pas étonnant qu’une fois que
le régime a tiré de l’APG sa légitimité sur
le plan international, onction qui lui manquait au départ
du fait des événements graves qui ont entouré la
succession du Général Président et dès
que le RPT s’est confortablement installé dans une
majorité au parlement, ces modifications constitutionnelles
et institutionnelles soient renvoyées aux calendes grecques.
Une fois encore, les forces démocratiques se sont laissées
piéger dans un accord qui ne développera pas ce
qui pourrait en réalité le rendre le plus utile
possible pour le Peuple Togolais. La réforme constitutionnelle
reste cependant un passage obligé pour remettre la démocratie
togolaise sur les rails.
La proposition de solution
Une autre voie existe qui pourra nous mener vers la modification
constitutionnelle mais qui ne semble pas avoir été explorée
ou sérieusement envisagée. Cette voie est souvent
utilisée dans des pays comme la Suisse ou ceux de l’Europe
du Nord lorsque les dirigeants ou les hommes politiques, dans
leur tendance à croire que c’est eux qui sont
le peuple, ne veulent pas répondre au réel désir
de la population ou s’opposent carrément à la
volonté populaire. Cette procédure, c’est
la voie du référendum d’initiative populaire.
Elle est ouverte dans le cadre de notre pays par l’Article
4 de la Constitution. Ce texte dispose: «La souveraineté appartient
au peuple, il l'exerce par ses représentants et par
voie de référendum. Aucune section du peuple,
aucun corps de l'Etat ni aucun individu ne peut s'en attribuer
l'exercice.
L'initiative de référendum appartient, concurremment,
au peuple et au Président de la République.
Un référendum d'initiative populaire peut être
organisé sur la demande d'au moins cinq cent mille (500
000) électeurs représentant plus de la moitié des
préfectures. Plus de cinquante mille (50 000) d'entre
eux ne doivent pas être inscrits sur les listes électorales
d'une même préfecture. La demande devra porter
sur un même texte. Sa régularité sera appréciée
par la Cour constitutionnelle.»
Ce texte semble méconnu de la classe politique togolaise
ou minimisé dans sa portée. Cependant, bien utilisée,
cette disposition pourra aboutir à une remise de notre
Constitution dans son état initial de 1992 comme voulu
par le Peuple.
Le problème qui se pose par rapport à cet Article
4 de la Constitution est de savoir si on peut directement utiliser
cette voie pour faire modifier la Constitution? La réponse
nous semble être positive même s’il ne faut
pas négliger la position des partisans du non qui ne tardera
pas à se faire jour. Oui parce que le contenu de l’Article
4, alinéa 1 indique clairement que «L'initiative
de référendum appartient, concurremment, au peuple
et au Président de la République» et
rien ne peut interdire au Peuple de vouloir toucher à la
Constitution qu’il a lui-même mise en place surtout
lorsqu’une frange de la population s’est arrogée
le droit de l’amender.
La réponse négative se fonderait elle sur le fait
que l’Article 144 est une disposition spéciale.
Quand deux dispositions, l’une générale et
l’autre spéciale sont en conflit, la disposition
spéciale qui s’adresse spécifiquement au
problème est la règle qui l’emporte. L’Article
144 ne prévoyant pas que le peuple pourra directement
prendre l’initiative de procéder à l’amendement
constitutionnel par voie de référendum d’initiative
populaire, on pourra alors soutenir que la chose n’est
pas possible. Toutefois, le fait que l’Article 4 ne limite
pas les cas dans lesquels il peut s’appliquer et le fait
que l’Article 144 ne revendique nullement l’exclusivité des
procédures d’amendement constitutionnelles atténuent
la portée de cette analyse et permettent de battre en
brèche l’argumentation en faveur du non. Si le peuple
a l’initiative du référendum, il lui appartient,
dans la mesure où est souverain et que c’est de
lui qu’émane toute souveraineté, d’exercer
les prérogatives qui lui semblent nécessaires et
indispensables pour son bien être. De plus, l’Article
4 confère le droit d’initiative référendaire
au peuple alors que l’Article 144 n’organise qu’un
cas précis de possibilité de référendum.
Enfin, c’est le Peuple qui détient la Souveraineté qu’il
confère ou délègue en partie au Parlement
et/ou au Chef de l’Etat qui met en œuvre cette souveraineté dans
le cadre de l’Article 144. Si celui qui détient
la Souveraineté veut l’utiliser lui-même,
on ne peut nullement le lui refuser. Le mandant ou le déléguant
de la Souveraineté qu’est le Peuple ne peut pas
se voir accorder moins de droit que ses mandataires ou ses délégataires.
Toutefois, pour éviter tout conflit et pour éviter
de froisser la susceptibilité des gouvernants togolais,
il peut être admis la solution suivante : utiliser le référendum
d’initiative populaire pour obliger les dirigeants politiques
togolais à soumettre à référendum
des questions précises relatives aux modifications souhaitées.
Le mandant n’est pas spolié de son droit et le mandataire
n’est pas politiquement froissé.
Comment y arriver? Il faudra faire une interprétation
combinée des deux dispositions constitutionnelles concernées.
Puisque l’Article 144 n’interdit pas au peuple, dans
le cadre de l’article 4 de la Constitution, de demander
au Chef de l’Etat de soumettre une question constitutionnelle à référendum
et que l’Article 4 aussi ne met aucun obstacle à ce
que le référendum d’initiative populaire
soit relatif à une question constitutionnelle, alors la
possibilité demeure largement ouverte. C’est d’ailleurs
ce qui se passe souvent dans les pays qui font appel à ce
mécanisme.
Ce n’est pas le peuple qui directement et dans son ensemble
va lancer une procédure d’amendement de la Constitution.
Il ne va le faire que par ses représentants. Ce que le
peuple fera, c’est de mandater ou de contraindre ses dirigeants,
par une procédure, avec des questions claires, à soumettre
ses demandes d’amendements de la Constitution à référendum.
La procédure est simple.
Conformément à l’Article 4 de la Constitution,
les initiateurs du référendum d’initiative
populaire qui auront l’aval des 500 000 électeurs
au moins pour cette initiative, vont déterminer une liste
d’amendements clairs qu’ils vont demander au Président
de la République, conformément aux termes de l’article
144, de soumettre à référendum.
Il s’agit là d’un exercice direct de la souveraineté du
peuple. Dès lors que la procédure devant la Cour
Constitutionnelle qui appréciera (dans les termes de l’Article
4) la régularité du texte final à soumettre à référendum
est épuisée et que l’initiative est validée,
le Chef de l’Etat qui a souvent invoqué la légitimité tirée
du Peuple Togolais ne pourra que se soumettre à la vox
populi.
Pour ce qui est de la procédure d’organisation,
la soumission des propositions d’amendements constitutionnels
au peuple dans le cadre de ce référendum d’initiative
populaire s’organisera en même temps que les élections
présidentielles. Cela recèle d’innombrables
avantages qui seront explicités plus loin.
3- Les raisons de la proposition
Les raisons qui nous ont poussées à nous en remettre à une
telle procédure sont nombreuses. Certaines d’entre
elles, liées aux blocages de toute possibilité d’initiative
en vue de la révision de la Constitution, du fait de la
difficulté pour les forces démocratiques de réunir
la majorité qualifiée nécessaire pour ce
faire, sont déjà expliquées en partie plus
haut.
L’autre argument est que la mise en œuvre de l’Accord
Politique Global qui ne place aucune obligation contraignante
sur les dirigeants actuels quand à la mise en œuvre
de ces modifications constitutionnelles et institutionnelles
ne semble pas être à l’ordre du jour. Elle
est déjà oubliée ou au mieux remise au calendes
grecques. La communauté internationale qui est plutôt
préoccupée par les prochaines élections
présidentielles et qui veut à tous prix une stabilité politique
dans notre pays ne sera pas vraiment du côté des
forces démocratiques si elles ouvrent aujourd’hui
des batailles relatives à des problèmes constitutionnels
qui sont cependant ce dont le Peuple Togolais a le plus besoin
et ce qui permettra véritablement d’aboutir à une
stabilisation politique définitive dans notre pays.
Les timides tentatives des différentes formations politiques
qui ont essayé d’invoquer cette révision
constitutionnelle du bout des lèvres sans aller plus loin
que les bonnes intentions politiques montrent clairement combien
est grande la difficulté de régler ou même
d’évoquer de façon sérieuse ce problème.
Le troisième argument est que le temps presse et
il est indispensable que notre pays s’inscrive enfin dans
une véritable voie vers la démocratie où nul
ne peut plus prétendre gouverner à vie, détenir
tous les pouvoirs et présider aux destinées du
Togo en l’absence de tout garde fous.
Quatrièmement, le RPT qui détient la majorité à l’Assemblée
aujourd’hui, de même que tout parti ou formation
politique qui viendrait à détenir cette majorité demain
ne doivent pas confisquer la volonté du peuple. Le Peuple
togolais doit pouvoir s’exprimer et se déterminer
de façon souveraine sur tout sujet et à tout instant.
Cela étant, comment mettre en œuvre cette procédure?
4- Les modalités pratiques de mise en œuvre
Notre avis est que c’est essentiellement aux formations
politiques qui ont décidé de représenter
les forces vives et démocratiques qu’il appartient
de mettre cette initiative en œuvre. En effet, c’est à elles
que le peuple avait fait confiance et c’est elles ainsi
que les divers acteurs de la lutte pour la démocratie
des années 90 qui ont été les moteurs des
changements politiques intervenus au Togo et particulièrement
de l’adoption de la Constitution de 1992. Dans la mesure
où ces forces semblent se heurter aujourd’hui à un
blocage en ce qui concerne le retour à la Constitution
originelle de 1992 voulue par le peuple dans son écrasante
majorité, c’est à ces formations politiques
et forces qu’il convient d’agir. Par ailleurs, ce
sont elles, plus que toutes autres institutions, qui ont porté jusque
là les revendications populaires et savent donc exactement
ce qui doit permettre de faire triompher la volonté de
notre Peuple.
Enfin, étant ceux qui ont des sections ainsi que des
militants sur le terrain, il est plus facile pour ces formations
et associations politiques, assistées de la société civile,
de réunir le nombre de 500 000 signatures nécessaires
en vue d’engager la procédure de référendum
d’initiative populaire.
En ce qui concerne les questions à poser, elles sont
simples aussi bien au niveau de l’initiative de mise en œuvre
de la réunion des 500 000 signatures préalables
que de la procédure de soumission des propositions d’amendement à référendum.
Les questions seront aussi simples que claires.
La pétition devant recueillir les 500 000 signatures
commencera par une affirmation et se conclura par une question.
«Nous demandons au Président de la République,
dans le cadre des élections présidentielles de
2010 de soumettre à référendum lors de
l’organisation desdites élections, les (ou la)
question(s) suivante(s):
Soit une seule question du genre: «Souhaitez
vous que la Constitution actuelle revienne intégralement à sa
version de 1992?»
Toutefois, pour éviter que cette question soit manipulée
ou qu’une fois que le Peuple s’est prononcé,
des manœuvres dilatoires soient mises en œuvre quant à la
transcription des amendements dans la Loi Fondamentale, on peut également être
plus claire et détaillé.
La phraséologie du texte serait alors ceci: «en
1992, le Peuple Togolais a adopté une Constitution qui
a opté pour un régime semi présidentiel à la
française avec un mandat présidentiel limité à deux
(2), un scrutin présidentiel uninominal à deux
(2) tours, et un premier Ministre nommé au sein de la
Majorité parlementaire selon une procédure déterminée
et qui dirige le Gouvernement dont il est le chef avec des
prérogatives précises.
Cette Constitution a été modifiée
en Décembre 2002.
Souhaitez-vous que notre pays revienne à la version
92 de notre Constitution?»
Si les représentants des forces démocratiques
veulent vraiment les modifications constitutionnelles comme elles
semblent le laisser entendre et s’ils veulent réellement
que la volonté du Peuple Togolais soit enfin respectée,
cette proposition leur enlève du pied l’épine
du blocage lié au problème de majorité qualifiée
pour l’amendement constitutionnel et leur permet de prouver
au Peuple qu’ils sont de son côté.
5- Les moyens pour l’organisation de ce référendum
Deux possibilités s’offrent : obtenir des moyens
de nos bailleurs de fonds pour un référendum autonome
ou alors coupler le référendum avec les élections
présidentielles.
La première proposition risque d’hypothéquer
l’initiative tandis que la seconde solution comporte d’énormes
avantages. D’une part, Il n’est pas évident
que le Togo puisse avoir les fonds nécessaires pour organiser
un référendum autonome sur la remise en l’état
de la Constitution. L’état de nos finances ne le
permet pas et les bailleurs de fonds risquent de ne pas être
très enthousiastes pour le financement en même temps
que ceux qui doivent aller négocier les fonds ne sont
pas ceux qui sont le plus intéressés par cette
révision constitutionnelle.
D’autre part, il n’est pas certain que les adversaires
de la remise en l’état de la Constitution- et Dieu
sait s’ils sont puissants- laissent la procédure
se poursuivre normalement sans tenter par tous moyens de la faire
avorter. De plus, en voulant coûte que coûte organiser
un référendum autonome, on risque de prendre beaucoup
de temps et de retard. Dans ces circonstances, la meilleure solution
serait de saisir l’occasion des prochaines élections
présidentielles pour organiser en même temps ce
référendum. Si les forces démocratiques
ne font pas vite, les forces rétrogrades auront encore
tout loisir de noyer ce référendum d’initiative
populaire et de le faire avorter. Il faut battre le faire quand
il est chaud, dit-on.
En outre, dans le cadre des élections présidentielles
couplées avec le référendum, l’organisation
est unique et ne demandera pas beaucoup de moyens. Il faudra
juste un peu de fonds supplémentaires en ce qui concerne
l’impression des bulletins pour le référendum.
La réunion de ces fonds supplémentaires dans ce
dernier cas est de loin plus aisée que celle des moyens
nécessités par l’organisation d’un
référendum autonome qui demandera beaucoup de capitaux.
Certains pourront nous objecter que cette situation de double
scrutin risquerait de créer une confusion dans la tête
des électeurs. Cet argument ne tient pas debout du tout.
Les électeurs togolais qui ne sont ni bêtes
ni naïfs ont juste deux sujets sur lesquels plancher. D’une
part désigner le candidat pour qui ils votent pour la
présidentielle et de l’autre répondre par
un simple oui ou un simple non à la demande sur le retour
de notre Constitution à sa version originale.
Une autre objection consisterait à dire que le temps
qui reste à courir jusqu’au 5 Février 2010
n’est pas suffisant pour organiser un tel référendum
dans les bonnes conditions et que cela risquerait de retarder
les élections présidentielles. Il s’agit
là d’un faux argument. En effet, en l’état
actuel des choses, et comme l’ont noté la plupart
des observateurs dont les diplomates qui suivent la situation
du Togo ainsi que les principaux bailleurs de fonds de ces élections,
il n’est déjà pas sûr que l’organisation
de ce scrutin puisse bien se faire dans le délai qui sépare
la mise en place de la CENI de la date prévue des élections.
Un report du scrutin pour une meilleure organisation s’impose
donc et c’est d’ailleurs ce que demandent déjà certaines
des forces vives dont des organisations de la diaspora togolaise.
Il faut reporter le scrutin pour l’organiser d’une
meilleure façon et éviter toute contestation plutôt
que de se précipiter pour se retrouver dans de nouvelles
crises.
Il vaut donc mieux que la classe politique togolaise s’entende
pour faire reporter ces élections de quelques semaines
pour permettre de bien les préparer. A ce titre, aucune
difficulté ne se dresse sur le chemin de l’organisation
de ce référendum en même temps que le scrutin
présidentiel. Dans le cas contraire et si le report n’est
pas possible ou voulu, il y a possibilité d’organiser
le référendum dans les mêmes conditions d’approximation
que le scrutin présidentiel. En effet, cette organisation
ne demande pas grande chose puisqu’il ne s’agit pas
d’un scrutin autonome. La seule tâche qui sera exclusivement
dévolue à ce référendum, c’est
la préparation et l’impression du bulletin qui doit
permettre au Peuple Togolais Souverain de répondre oui
ou non à la question de la restitution à notre
Constitution de son lustre de 1992. Dans la mesure où les
bulletins pour la présidentielle ne sont pas encore commandés
ou imprimés, l’ensemble des deux types de bulletins
sera commandé au même moment et imprimé en
même temps. Il en résulte que dans un cas comme
dans l’autre, la chose demeure entièrement faisable.
Messieurs les chefs des partis politiques et autres responsables
des forces démocratiques, nous nous adressons donc à vous
en vous soumettant ces propositions et nous en appelons à votre
sens patriotique.
Notre Peuple souffre et continue de souffrir de l’absence
de démocratie. Notre pays a pris d’énormes
retards dans la sous région parce que les problèmes
politiques restent chez nous entiers et nous n’avons pas
réussi à nous engager dans un processus démocratique
franc et sincère. Aujourd’hui, plus que jamais,
si vous pouvez faire quelque chose pour qu’un véritable
processus démocratique se remette en place, vous ne devez
pas hésiter à vous y engager sincèrement
dans l’intérêt de ce Peuple qui s’est
tant sacrifié pour voir un jour la Démocratie éclore
sur la Terre de Nos Aïeux.
La voie que nous vous proposons aura l’avantage de remettre
notre démocratie ou notre processus démocratique
sur les rails. Saisissez là donc dans l’intérêt
de Notre Peuple.
Toutefois, cette démarche souffrirait si elle devait être
menée dans la division. Vous devez donc vous y engager
dans le cadre d’une Union Sacrée qui lui assure
une victoire sans faille. C’est uniquement dans le cadre
de cette Union que le Peuple pourra savourer entièrement
la Victoire qui devra sanctionner cette procédure de référendum
d’initiative populaire. Votre présence aux élections
présidentielles en rang dispersé comme cela se
profile à l’horizon pourra au moins être
atténuée par cette initiative unitaire et la victoire
commune qui la sanctionnera à coup sûr.
Nous en appelons donc à vous tous, responsables de l’ADDI,
du CAR, de la CDPA, de la CDPA-BT de l’OBUTS, de l’UFC,
du Groupe Initiatives, du GRAD, des indépendants, ainsi
qu’à tous ceux que nous n’avons pas cités
mais qui font partie des leaders ou des forces démocratiques
afin que chacun de son côté et ensemble vous vous
mobilisiez pour faire triompher ce qui pourra être une
ultime bataille pour une Véritable Démocratie dans
notre pays.
Notre mouvement Bâtir le Togo aurait pu prendre la responsabilité d’être
le moteur de cette démarche s’il avait déjà eu
l’occasion de s’installer sur le territoire national.
Malheureusement, il ne l’est pas encore vraiment ou ne
l’est que de façon embryonnaire.
Les appels à un scrutin à deux tours ne donneront
rien. Plus que la bataille pour les élections présidentielles
de 2010 dont les conjectures sur l’organisation et les
résultats ne semblent rien augurer de sûr et fiable,
c’est ce combat pour la revivification de notre Constitution
qui devra nous unir, nous rassembler et nous amener tous à une
Victoire de la Démocratie dont le Peuple Togolais pourra
au moins jouir au lendemain du 28 Février prochain ou
au soir de la proclamation des «résultats» des
prochaines élections.
Une victoire aux élections présidentielles, c’est
une bonne chose mais une victoire pour notre processus démocratique
est encore mieux, car à défaut d’un véritable
processus démocratique ou d’une Vraie Démocratie
dont les jeux sont clairs et respectés par tous, aucune
victoire ne saurait retentir véritablement dans le cœur
de tous les Togolais et pour eux Tous. La seule véritable
chose pour laquelle se bat Mon Peuple, c’est la Vraie Démocratie.
Prêts pour la Démocratie, la Lutte
Continue.
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