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Togo: Présidentielle de 2010:

Kofi Yamgnane révèle une partie des fraudes que prépare le RPT
. Des ordinateurs programmés pour donner la victoire  à Faure Gnassingbé

15 décembre 2009

Kofi Yamgnane, candidat indépendant à l'élection présidentielle de 2010 au TogoLe candidat de «Sursaut Togo» à la présidentielle de 2010, Kofi Yamgnane a rencontré dans la soirée  de samedi 12 décembre 2009 la presse pour échanger avec elle sur l’actualité et tout ce qui se dit autour de sa personne.

Etaient inscrites à l’ordre du jour, la question de la confiscation des cartes d’électeurs dont on accuse le Franco-togolais et ses partisans ainsi que celle qui défraie la chronique aujourd’hui, c’est-à-dire le sujet relatif à l’expulsion  de M. Eric Bosc, diplomate français en fonction au Togo.

Le candidat de «Sursaut Togo» s’est dit persécuté par les autorités togolaises, lui et ses partisans. Pour Kofi Yamgnane, le problème de cartes d’électeurs confisquées aux populations dont on l’accuse, lui et ses partisans, n’est qu’un mensonge et un montage du RPT. Et d’ajouter que les autorités policières du Togo se fondent sur cette histoire pour convoquer ses partisans, certains étant placés en garde à vue pour cette raison. «On ne se livre pas aux  pratiques du RPT, dit-il, on n’achète rien, ni les cartes d’électeurs, ni la conscience des gens».

Pour la collecte des deux mille (2000) signatures nécessaires à sa candidature, le Franco-togolais dit avoir demandé à ses partisans un coup de main afin surtout d’éviter tout malentendu aux derniers jours du dépôt des candidatures. Il a dû solliciter une copie de la carte d’électeurs de tous les signataires pour faire valoir ce que  de droit, et ceci sur la base du volontariat. Ainsi tous ceux qui ont eu à remettre la photocopie de leur carte d’électeur ont eu à le faire en toute conscience, a-t-il dit, et en toute connaissance de cause. Aussi récuse-t-il les accusations tendant à lui imputer des tentatives de confiscation de cartes d’électeurs.

La grande révélation du candidat de «Sursaut Togo» à la presse est relative aux  préparatifs auxquels se livre le RPT pour frauder en 2010. «On sait en effet, déclare-t-il, que les élections au Togo ont toujours été accompagnées de nombreuses fraudes électorales. Je ne vais pas  vous les énumérer toutes;  aujourd’hui, tout le monde les connaît. Je me contenterai de vous donner la dernière : de nouveaux ordinateurs de comptage des voix auraient déjà programmé les résultats suivant : 38% pour Faure, 30% pour Olympio, 3% pour moi. Que les autres m’excusent, mes informations se sont arrêtées là! (sic)».

Mais si les résultats sont connus d’avance, pourquoi aller encore à l’élection? Se demande Kofi Yamgnane avant de «lancer un appel solennel au chef de l’Etat, aux chefs de partis, au président de la CENI et à tous les candidats» afin que chacun exprime ses vœux de participer à une élection libre et fasse tout son possible pour que 2010 inaugure une ère nouvelle, transparente et paisible.

Comme on pouvait s’y attendre, la question de l’expulsion, la semaine dernière, du Premier secrétaire de l’Ambassade de France au Togo a aussi meublé les débats. Selon le candidat de « Sursaut Togo », cette décision est symptomatique de la panique qui s’empare du parti au pouvoir désemparé devant sa candidature. «Eric Bosc a fait son travail normalement, en témoigne l’hommage qui lui a été rendu par le Quai d’Orsay», précise le Franco togolais. «Le Quai d’Orsay n’a jamais mis autant de forme pour un diplomate qui est sorti d’un pays ami et encore moins décidé de répondre à l’expulsion par une expulsion. Je ne sais pas si vous mesurez la force de cet acte historique. Les relations qu’il entretenait avec moi étaient purement amicales», a-t-il tenu à préciser.

Mais pourquoi le RPT et son candidat Faure Gnassingbé paniquent-ils tant?  Seul Kofi Yamgnane constitue un véritable danger pour eux?  L’ancien maire français dit comprendre la panique du RPT. « Je comprends  que ma candidature gêne. Lorsque je suis arrivé ici il y a treize (13) mois, le RPT n’avait dans la bouche que le ricanement, «c’est qui Kofi, il est connu en France, mais qui le connaît au Togo?», se demandaient-ils. Et puis quelques mois après, le RPT a pris conscience du danger que représentait Kofi. Et puis quelques mois encore après, le  RPT a pris peur de ce qu’était Kofi, et puis le dernier épisode vous démontre que le RPT est dans la panique et c’est à cause de la panique qu’ils accusent (ceux qui m’approchent, ndlr) comme cela. Ils sont dans la panique et la panique s’annonce juste avant la défaite».

Les révélations faites par le candidat à l’élection présidentielle de février 2010 -dont voici ici in extenso la déclaration sont aussi sérieuses que graves et doivent être prises en considération par le pouvoir togolais incarné par  Faure Essozimna Gnassingbé, qui avait entre-temps promis d’organiser une élection «à la ghanéenne» en 2010, c’est-à-dire exempte de toutes fraudes et de toutes contestations. Mais voilà qu’ à quelques mois seulement de cette échéance électorale, des accusations de tentatives de fraude  sont annoncées. Toute chose qui n’est pas de nature à détendre le climat politique togolais.

Olivier Adja

Déclaration de Kofi Yamgnane
Comme vous le savez, je suis candidat indépendantaux élections présidentielles du Togo fixées au 28 février 2010.

A ce titre le code électoral exige, en son Article 170 alinéa 6, que ma «déclaration de candidature [soit) accompagnée des pièces suivantes»:

«6. - (...) une liste d’électeurs appuyant la candidature indépendante et comportant  les noms prénoms et lieu de naissance,

- l’indicatif de la liste électorale d’inscription et
- la signature des intéressés.

Cette liste doit comprendre des électeurs représentant au moins deux mille (2000) inscrits, domiciliés dans 10 Préfectures à raison de deux cents (200) au moins par Préfecture».

Aussi j’ai sollicité mes sympathisants pour m’aider dans ce travail de collecte et demander aux électeurs, sur la base du volontariat, d’accepter que nous fassions une photocopie de leur carte d’électeur, afin d’écarter toute possibilité de contestation ultérieure des informations transmises. Il n’a jamais été dans notre intention de confisquer, ni même retenir une seule carte d’électeur!

De mon côté, après en avoir informé Messieurs le Ministre d’État chargé de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales, et le Ministre de la Sécurité et de la Protection Civile, j’ai entrepris de sillonner le pays, de canton en canton, afin d’être au plus près des réalités du terrain, par l’écoute des doléances et des espoirs des populations, et aussi de me présenter en personne.

A cette occasion, conformément à la tradition républicaine, il m’a semblé convenable de passer saluer et prévenir de ma présence les autorités locales.

Or, c’est dans ce contexte que nous avons été, mes sympathisants et moi, confrontés à un certain nombre de griefs et de difficultés que j’ai souhaité porter à la connaissance du Président de la République togolaise par une lettre que je lui ai adressée le 7 décembre dernier.

Ces griefs concernent tant la collecte des signatures effectuée par mes sympathisants, que  mes allers et venues sur le sol togolais.

- Mes sympathisants se sont vus accuser de rétention illégale, voire de vols ou d’achats de cartes électorales. Ils se sont fréquemment retrouvés convoqués par la Gendarmerie, la Police ou la Justice, et même l’Armée ... quand ils n’ont pas purement et simplement été placés en garde-à-vue pour pratiques illégales.

- J’ai moi-même reçu des ordres contradictoires de la part de Préfets et de membres du Gouvernement, et mes déplacements ont été émaillés d’incidents divers, qui ont parfois été jusqu’à restreindre mes possibilités de rencontre de la population.

Depuis deux jours, la situation a été clarifiée et j’ai pu exercer mes droits en toute sérénité. J’en prends acte et je ne demande qu’une chose, c’est que cela se poursuive, pour moi de même que pour tous les autres candidats, jusqu’au 28 février.

Mais attention cette accalmie apparente, ne saurait me faire perdre toute vigilance: il n’est pas question que l’on touche à un seul cheveu, d’un seul de mes sympathisants. L’Etat de Droit doit prévaloir.

Dans la même perspective, je souhaiterais que le déroulement du scrutin fasse l’objet d’un consensus de toute la classe politique.

On sait en effet que les élections au Togo ont toujours été accompagnées de nombreuses fraudes électorales. Je ne vais pas toutes vous les énumérer: aujourd’hui, tout le monde les connaît.

Je me contenterai de vous donner la dernière: de nouveaux ordinateurs de comptage des voix auraient déjà programmé les résultats suivants: 38% pour Faure, 30% pour Olympio, 3% pour moi. Que les autres candidats m’excusent, mes informations se sont arrêtées là !

Je veux ce soir lancer un appel solennel au Chef de l’Etat et aux Chefs des Partis, à tous les candidats à cette élection.

Que chacun exprime son vœu de participer et de tout faire pour que 2010 inaugure une ère nouvelle d’élections sincères, transparentes et paisibles!

Que le Chef de l’Etat s’engage publiquement, avec le Président de la CENI pour que:

Avant le scrutin:
- pas de rétention des cartes dans les zones réputées favorables à l’opposition
- pas de sabotage des kits électoraux dans ces mêmes zones
- pas de mise en circulation de fausses cartes électorales dans les zones favorables au pouvoir
- pas de restrictions à la liberté d’information
- pas de vote anticipé
- installation d’urnes transparentes qui se ferment avec un système à doubles clefs: l’une à tenir par un représentant de la majorité sortante, l’autre par un représentant de l’opposition - installation complète des bureaux de vote la veille du scrutin

Le jour du scrutin:
- pas de coupure d’électricité
- pas de coupure des communications téléphoniques et internet
- pas de blocage des voies de communication, ni de fermeture des frontières
- un strict respect des horaires d’ouverture et de fermeture des bureaux de vote, si possible de 7h à 16h, afin que le dépouillement puisse commencer avant la nuit
- surveillance de chaque urne par trois représentants du parti au pouvoir et trois représentants de l’opposition afin que plus aucun bourrage d’urne ne soit rendu possible

Au moment du dépouillement:
- aucune intimidation, expulsion, corruption de délégués assurant la surveillance du scrutin
- pas d’arrestations arbitraires de délégués des candidats de l’opposition dans les bureaux de vote ni de confiscation des PV remis à ces derniers
- collecte et comptage des résultats en présence permanente de représentants de l’opposition
- dépouillement public, par chaque bureau de vote, de son scrutin par six ou douze membres scrutateurs seulement (selon le nombre d’électeurs inscrits), trois ou six de la majorité et trois ou six de l’opposition, qui se répartissent en deux ou quatre tables de dépouillement.
- collecte et comptage publics des résultats à un niveau intermédiaire, par exemple au niveau cantonal, afin de ne pas surcharger chaque CELI de plusieurs centaines d’urnes à ouvrir.

La publication rapide des résultats permettrait de couper court à toute polémique inutile.
- transport des résultats en présence permanente des délégués de l’opposition
- pas de retards volontaires dans la centralisation des résultats
- pas de trafic informatique des résultats.


 

 

 

 

 

 

           

           

 

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