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Togo: Communiqué:

Protestation contre la dispersion scélérate d’une réunion privée du MCA par les forces de la Gendarmerie nationale

21 décembre 2009

Les forces de l'ordre prêtes à massacrer les militants du MCACe samedi 19 décembre 2009, le Mouvement Citoyen pour l’Alternance MCA avait convoqué une réunion privée de ses militants au centre communautaire de Bè. Comme d’habitude, depuis sa création, les militants avaient répondu nombreux à cette convocation dont l’objet était de débattre de la situation politique togolaise et de prendre les dispositions appropriées pour une réalisation effective de l’alternance politique au Togo à l’occasion du processus électoral relatif à la prochaine élection présidentielle jusqu’alors prévue pour le 28 février 2010.

Alors que la réunion commencée à 9h  se tenait dans une quiétude parfaite, aux environs de 10H30, l’assistance fût intriguée de voir deux officiers de gendarmerie entrer dans l’enceinte du centre communautaire et parlementer longuement avec l’un des responsables du MCA.

Les militants du MCAOn apprendra par la suite que, sous les ordres du capitaine BODJONA, ces officiers de gendarmerie commandaient un détachement d’une soixantaine de gendarmes en tenue de combat qui ont été convoyés sur les lieux par deux camions de transport de troupes de marque Mercedes Benz, appuyés ultérieurement par des renforts convoyés par les fourgonnettes de l’opération Araignée. 

Le capitane BODJONA et son adjoint qui s’étaient présentés en premier lieu firent savoir qu’il était question pour eux  de venir sécuriser le centre de recensement électoral qui avait établi un de ses démembrements sur les lieux. La réunion continuât à se tenir normalement alors que des navettes d’agents recenseurs traversaient de part en part l’assistance, matériel de recensement en main. Puis subitement, les officiers de gendarmerie firent irruption à nouveau pour informer cette fois-ci les  responsables du MCA qu’ils devaient arrêter leur réunion parce qu’ils n’avaient aucune autorisation. Malgré les protestations des responsables du MCA qui ont invoqué le fait qu’il s’agissait d’une réunion privée dans un local privé et qui de ce fait n’avait pas besoin d’être autorisée, que la réunion se déroulait pacifiquement sans déranger en quoi que ce soit les opérations de révision des listes électorales qui se tenaient sur place, qu’il s’agissait d’une réunion démocratique dont l’interdiction ne pouvait relever que du pur arbitraire et que le MCA ne pouvait accepter ce diktat illégal du pouvoir RPT, les officiers de gendarmerie, qui avaient manifestement été instruits pour agir avec une brutalité sans concession,  n’ont rien voulu savoir. La réunion devait être interrompue et l’assistance devait vider les lieux séance tenante, un point c’est tout.

Portée à la connaissance des participants, cette décision scélérate suscita naturellement de vives protestations des militants qui spontanément se mirent à scander des slogans et chants de résistance montrant leur détermination à ne pas se laisser faire.

Quelle ne fût alors la surprise des participants de voir les officiers de gendarmerie revenir quelques temps après pour le déploiement d’une escouade de gendarmes en tenue de combat: treillis, boucliers, matraques à la main, casques sur la tête pour  disperser manu militari la réunion qui se tenait jusque-là très pacifiquement.

Face à cette intervention scandaleuse, les chants et slogans reprirent de plus belle alors que les gendarmes déployés bousculaient sans ménagement les participants, hommes et femmes compris, les poussant progressivement hors de l’enceinte du centre communautaire.
Poussés dans la rue, les participants à la réunion du MCA étaient pourchassés par les gendarmes depuis la devanture du centre communautaire de Bè jusqu’à l’avenue Pa Augustino de Souza, soit sur près d’une centaine de mètres et les velléités de résistance à ce coup de force se sont vues opposer des coups de matraques et passage à tabac, des tires de gaz lacrymogène et un blocage de la circulation sur l’avenue Pa Augustino de Souza entre environ 10H45 du matin jusqu’à 16H de l’après-midi.

Lors de cette intervention musclée, les gendarmes ont commis les voies de faits suivants:

• Passage à tabac de deux militants du MCA dont l’un a été violemment frappé à la tête par un coup de matraque qui a fait éclater son cuir chevelu et jaillir son sang, ce qui a nécessité son évacuation d’urgence sur un centre de santé où sa plaie a été suturée; l’autre militant jeté au sol où il a été passé à tabac.

• Bousculade et brève arrestation du journaliste Didier LEDOUX du journal Liberté pour l’empêcher de faire une couverture photographique des évènements;

• saisie de téléphones portables et d’effets personnels par des gendarmes à des participants dont l’un filmait les évènements. Les matériels saisis n’ont pu être récupérés qu’après de vigoureuses protestations des responsables du MCA. Pour récupérer le téléphone portable avec lequel il filmait les évènements, son propriétaire a dû se rendre au Service de Recherche et d’Investigation (SRI) de la Gendarmerie Nationale accompagné du Président de la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme arrivé entre temps sur les lieux. Il eut la désagréable surprise, une fois l’appareil en main, de constater que les enregistrements qu’il y avait réalisés avaient été effacés par les agents de la Gendarmerie Nationale.

• Saisie de la banderole de la réunion qui n’a pas été restituée aux responsables du MCA.

• Les véhicules et motos des participants ainsi que le matériel de sonorisation de la réunion ont été confisqués par les gendarmes et n’ont été restitués à leurs propriétaires qu’après de longues et pénibles heures de négociation.     

Pour le MCA, l’interdiction de sa réunion de ce samedi 19/12/2009 est une mesure scélérate qui viole les dispositions de la constitution togolaise garantissant le droit de réunion et la liberté d’organisation pour tous les citoyens togolais. Alors que Faure Essozimna GNASSINGBE, occasionnant le blocage de plusieurs des rares artères praticables de la ville de Lomé, organisait au même moment une marche de la Colombe de la Paix jusqu’au Palais des Congrès où il a tenu une réunion des cadres du RPT, il fait interdire par sa gendarmerie aux ordres une réunion pacifique de jeunes rassemblée dans le cadre du MCA qui n’entendait débattre que démocratiquement de l’environnement politique national dans le contexte sensible  du processus électoral lié aux prochaines  présidentielles de 2010. Il s’agit donc bien d’une décision arbitraire visant à baliser le terrain au coup de force que prépare FAURE et son régime RPT et de rééditer sans nul doute les violences et massacres de plus de 500 à 1000 citoyens togolais innocents lors de l’élection présidentielle d’avril 2005.

Le MCA tient à faire savoir qu’il ne se laissera pas intimidé et ne se laissera pas faire. Il poursuivra avec détermination la tâche qu’il s’est assigné de mobiliser l’ensemble du peuple togolais à partir de sa jeunesse pour imposer un scrutin démocratique et transparent qui permette au peuple togolais de réaliser sa volonté de chasser le régime usurpateur du RPT en place depuis plus de 42 ans.

Le MCA  en appelle à tous les démocrates et à toutes les organisations qui se réclament de la démocratie pour dénoncer et condamner l’interdiction scélérate de sa réunion de ce jour. Il les appelle  à adresser leurs protestations aux autorités togolaises.

Lomé, le 19-12-2009

Pour le MCA

Fulbert ATTISSO                 Nicodème HABIA                 Guillaume MESSAN


 

 

 

 

 

 

           

           

 

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