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Processus électoral 2010:
Une révision des listes électorales
sur fond d’exclusion
23 décembre 2009
La révision des listes électorales qui a débuté le
lundi 14 décembre a bouclé une semaine d’opération, coïncidant
aussi avec sa clôture dans la grande partie de la Zone
1. Il s’agit des préfectures des Lacs, Zio, Yoto,
Vo, Ave, Haho, Moyen et Est Mono et Agou. Seule Lomé Commune
verra l’opération durer pendant dix (10) jours.
Tout au long de la semaine, le Président de la Commission électorale
nationale indépendante (CENI) Taffa Tabiou a crevé les écrans
et s’est époumoné à faire croire que
tout marchait comme sur des roulettes, fermant ainsi les yeux
sur les irrégularités monstres. Mais les couacs
l’ont finalement rattrapé. Pour permettre un petit
rattrapage, vingt-quatre (24) heures supplémentaires ont été accordées à la
sous Zone. Ainsi l’opération qui devrait préalablement
fermer ses portes vendredi a été prorogée
jusqu’au samedi 19 décembre. Mais ce délai
suffit-il pour rattraper le temps perdu et surmonter les défaillances
constatées?
Certainement pas, au vu de l’énormité des
irrégularités constatées. «Vingt-quatre
heures, ce n’est pas un délai normal pouvant permettre à un
grand nombre de personnes de s’inscrire sur les listes électorales»,
pestait le Vice-président de la CENI Jean-Claude Homawoo
dans une interview qu’il nous a accordée dans notre
parution de vendredi dernier, relevant au passage les défaillances.
Parlant justement de défaillances dans le déroulement
des opérations, le Comité d’Action pour
le Renouveau (CAR) en trouve de graves. Non fonctionnement de
la plupart des kits d’enregistrement, défaillance
des groupes électrogènes, manque d’équipement,
insuffisance de la sensibilisation des populations, incapacité de
certains OPS à utiliser les appareils, non démarrage
des opérations dans certains centres, relève le
parti dans un communiqué signé de son Président
Me Paul Dodji Apevon. Autant de couacs qui ont fondé le
CAR à requérir que «les opérations
soient purement et simplement reprises dans tous les centres
de la Zone».
Mais apparemment ces appels n’ont pas trouvé échos
favorables auprès du Président de la CENI et des
décideurs politiques. La prorogation de 24 heures de l’opération
dans la sous-Zone a été décidée par
Taffa Tabiou seul, c’est-à-dire sans consultation
du bureau, à en croire son adjoint Jean-Claude Homawoo.
Veut-il vraiment que les Togolais s’inscrivent dans cette
zone pour voter? Le plus cocasse dans toute cette histoire, c’est
surtout le mutisme du «Leader nouveau».
En effet, le bon sens n’arrive pas à comprendre
que Faure Gnassingbé regarde les choses se passer comme
cela sans broncher, malgré ses nombreuses professions
de foi. En effet l’«Esprit nouveau» a
promis depuis début 2009 d’organiser au Togo en
2010 une élection à la ghanéenne, c’est-à-dire
transparente, démocratique et apaisée. Pour que
le processus électoral de l’année prochaine
soit pacifique, l’un des prix à payer est la participation
de la majorité des Togolais. Il ne devrait pas y avoir
d’exclusion. C’est malheureusement ce qui risque
d’arriver, car beaucoup de compatriotes de la sous-Zone,
surtout les populations rurales, faute de communication, n’ont
pas pu s’inscrire. Avec la fermeture de l’opération,
ils se retrouvent ainsi écartés.
Pour l’instant, celui qui promet à cor et à cri
d’organiser une élection impeccable est occupé à sa
précampagne et n’a pas le temps nécessaire à consacrer à ce
problème de révision des listes électorales.
Chaque jour que le bon Dieu fait, des cadeaux divers sont distribués
aux populations, et les émissaires ne manquent pas de demander
ouvertement aux bénéficiaires de le rendre au donateur
dans les urnes. Des fois, c’est l’intéressé lui-même
qui rentre dans l’arène. Au nom du Développement à la
Base, Faure Gnassingbé va en personne remettre des équipements
aux populations, en somme un clin d’œil électoral.
Il arrive de se demander si le pouvoir a réellement envie
que les populations s’inscrivent en grand nombre sur les
listes électorales. Apparemment il n’a pas intérêt
que la masse électorale s’accroisse dans cette zone
I acquise à l’opposition. Au demeurant, on aurait
envie qu’un maximum de Togolais s’inscrivent qu’on
aurait prolongé l’opération dans la sous-Zone,
pas de 24 heures. Elle aurait pu continuer et durer pourquoi
pas, comme dans Lomé Commune.
Tino Kossi
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