Togo Election présidentielle du 28
février 2010:
Le RPT investit Faure Gnassingbé pour
un second mandat
13 janvier 2010
Le président togolais Faure Gnassingbé a été investi
sans surprise mardi pour briguer un second mandat le 28 février
par le Rassemblement du peuple togolais (RPT) au pouvoir.
Le RPT, qui lui sait gré d'avoir su "bien garder" la
maison cinq ans après avoir succédé à son
père Gnassingbé Eyadèma, l'a plébiscité,
en son absence, lors d'une convention nationale à laquelle
ont assisté la plupart des "barons" du
parti.
"La convention nationale décide d'investir le
militant membre du bureau politique Faure Gnassingbé,
porteur des valeurs de paix et de prospérité pour
le Togo, comme candidat du RPT", a déclaré le
parti dans une motion lue par l'un de ses dirigeants, René Kapou.
Gnassingbé Eyadèma est arrivé au pouvoir
en avril 2005 à l'issue d'un scrutin fortement contesté par
l'opposition.
Considéré comme le chef du "clan des
progressistes" au sein du RPT, dont il membre du
bureau politique, l'armée lui avait officiellement "confié" le
pouvoir le 5 février 2005, quelques minutes seulement
après l'annonce du décès de son père
qui avait régné sans partage sur le Togo pendant
38 ans.
Mais confronté à une vague de contestation de
l'opposition et de la société civile ainsi qu'à des
pressions internationales, il avait démissionné,
puis de nouveau été désigné à la
tête du pays suite à une révision à la
hâte de la Constitution.
La pression de la rue l'a encore poussé à démissionner
et à se présenter à la présidentielle
du 24 avril 2005.
Après ces débuts agités, le "jeune",
comme l'appellent ses proches, a su "bien garder" la
maison malgré de "petits problèmes",
selon certains "cadres" du parti.
Une allusion au coup d'Etat déjoué en avril, dans
lequel a été officiellement impliqué le
propre frère du président, Kpatcha Gnassingbé.
Une trentaine de personnes, dont des militaires, ont été arrêtées.
Faure Gnassingbé a fait le ménage parmi les anciens
collaborateurs de son père, en écartant les uns
jugés probablement trop marqués, et s'assurant
le soutien de plusieurs autres comme l'ancien ministre de la
Justice Katari Foli-Bazi, celui de la Communication Pitang Tchalla
(actuellement son conseiller en communication), ou encore l'ex-secrétaire
général du RPT, Dama Dramani, aujourd'hui député et
président du groupe parlementaire du parti.
Il a également appelé à ses côtés
des "jeunes", comme Pascal Bodjona, ancien
ambassadeur à Washington, aujourd'hui ministre de l'administration
et porte-parole du gouvernement, ou encore Gilbert Bawara (coopération),
tous deux considérés comme fidèles parmi
les fidèles.
"C'est un homme qui possède une grande capacité d'écoute.
Il prend bien son temps avant de décider",
assure Evalo Wiyao, chargé de presse à la présidence.
Homme discret, réputé habile, Faure Gnassingbé,
44 ans, est le seul enfant du général Eyadèma
- sur la cinquantaine estimée - à être entré en
politique.
Il a pour mère une femme d'ethnie Kpalimé, de
la région des Plateaux (sud), alors que le général
Eyadèma était un Kabyè du nord.
A la différence de ce dernier, qui pouvait convoquer
des ministres, voire des dignitaires étrangers, à 4
ou 5 heures du matin, il reçoit peu et fuit la presse.
Après des études de finances et de gestion en
France et aux Etats-Unis, où il obtient un Master en Business
Administration (MBA), il rentre au pays au milieu des années
1990.
Ses compétences l'ont rapidement amené à devenir
le "grand argentier" et conseiller financier
de son père. Et aujourd'hui aussi le chef de la famille
après la disparition de l'homme fort du pays, pour perpétuer
la dynastie.
AFP
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