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Togo: Présidentielle de 2010:

Nécessaire unicité de la candidature de l’opposition face à la fraude en préparation

19 janvier 2010

Kofi Yamgnane, candidat de Sursaut TogoAlors que plusieurs sources indiquent des fraudes massives en préparation pour proclamer vainqueur Faure Gnassingbé le candidat du Rpt au soir du 28 février 2010, l’opposition togolaise peine à accorder son violon pour une candidature unique pour la prochaine élection présidentielle.

En conclave le dimanche 17 janvier sur l’initiative des mouvements de la société civile, les leaders des principaux partis politiques de l’opposition ont brillé par leur absence, laissant porter le chapeau à leur second couteau. Preuve évidente que les candidats de l’UFC, du CAR, de l’OBUTS, de l’Alliance, du PDP, de SURSAUT etc… n’ont pas pris la mesure du mode de scrutin à un tour qui donnera vainqueur celui qui parviendra à la tête, même si ce score n’est pas représentatif du vœu de changement souhaité par la population togolaise.

Yawovi Agboyibo, candidat du CARSi l’on ajoute à ce constat les multiples difficultés rencontrées sur le terrain et susceptibles de compromettre le bon déroulement de l’élection, en l’occurrence la mauvaise révision des listes électorales, le processus électoral saboté par la société ZETES et confirmé par la CENI elle-même, on est en droit de se demander si l’opposition togolaise n’est pas devenue myope ou si elle n’est pas complice pour reconduire une monarchie quarantenaire au pouvoir.

De toutes les façons, l’Opposition depuis le dernier déplacement de Ouaga, devrait tirer les conséquences du refus du pouvoir togolais et du facilitateur, d’accéder à son exigence de convertir le scrutin uninominal à un tour en un scrutin à deux tours par le biais d’un argument fallacieux.

Agbéyomé Kodjo, candidat de OBUTS«Le Pouvoir a raison; accepter les deux tours, serait synonyme de signer son propre arrêt de mort. Mettez-vous à sa place! Si moi aussi j’étais à sa place, je n’accepterais jamais. Maintenant, tout ce que l’opposition doit faire, si elle est vraiment responsable et veut se débarrasser du RPT pour ouvrir la voie à la prospérité du Togo, c’est de tout faire pour avoir un candidat unique de consensus. C’est tout!». Voilà ce que déclarait, l’air un peu goguenard, un leader de l’opposition le jour même de la marche de protestation organisée par l’UFC et à laquelle avaient pris part quelques partis amis.

Mardi 12 janvier, le Pacte Socialiste pour le Renouveau (PSR) de Me Abi Tchessa a organisé sa convention au cours de laquelle, le Professeur Wolou Komi, Secrétaire général du parti, a annoncé que son parti a décidé de ne pas présenter de candidat pour la présidentielle de 2010. Une telle décision, a tenu à préciser le PSR, c’est dans le but de favoriser la CANDIDATURE UNIQUE au niveau de l’Opposition.

Une telle initiative est à saluer et les Togolais espèrent que le ton qui vient ainsi d’être donné par le PSR, ne manquera pas de faire des émules dans les prochains jours. Le sursaut d’orgueil pour sauver l’honneur de toute l’opposition est permis et l’espoir aussi. Beaucoup hésiteraient encore à croire que les leaders de l’opposition auraient le courage de ne pas entendre raison, préférant aller à des élections à la manière des Gabonais pour se faire battre, puis voir la communauté internationale les accuser de n’avoir pas réussi à s’entendre.

Si le RPT n’a aucune envie de remettre en cause le mode de scrutin uninominal à un tour qu’il a unilatéralement choisi au début du siècle, se payant le luxe de modifier la loi fondamentale que le peuple s’est librement donnée en septembre 1992, c’est qu’il est lui-même conscient de n’être pas en mesure d’emporter l’adhésion populaire par rapport à sa politique rétrograde et contre-productive. Il est donc indispensable pour l’opposition de relever le défi à elle lancé ironiquement il y a peu, par le ministre de l’Administration territoriale.

«Que le scrutin soit à deux, trois ou cinq tours, le RPT sortira vainqueur». La peur au ventre, voilà ce que déclarait Faure Gnassingbé il y a quelques semaines, en réponse à la revendication des deux tours. Curieusement, le même qui faisait cette déclaration, n’avait pas été en mesure, au moment des dernières négociations à Ouaga, de demander à Pascal Bodjona et consorts, d’accéder à cette revendication, sûr que, avec un scrutin à deux tours, trois tours ou encore à cinq tours, le RPT s’en sortirait haut les mains.

Faure Gnassingbé s’était tout simplement échauffé du bout des lèvres, sachant bien que son parti n’a pas le poids nécessaire pour aller à des élections sans fraudes et gagner.

L’appel ici vaut pour tous les partis politiques de taille qui ont choisi de positionner un candidat pour la présidentielle prochaine et des candidats indépendants de poids et réellement proches de l’Opposition. Il s’agit notamment du CAR, de l’UFC, de OBUTS, du PDP, de l’ALLIANCE, sans oublier M. Kofi Yamgnane. Cet appel à la candidature unique de toute l’opposition, nous nous sommes engagés à le lancer et le réitérer inlassablement jusqu’au dernier moment, quand rien ne sera plus possible ou quand le sursaut patriotique aura germé et gagné le cœur de chacun des leaders, en optant pour le choix censé faire douter sérieusement le pouvoir et mettre de précieuses chances de succès du côté du peuple.

Il faut croire à la victoire et non se mettre à douter, en allant au combat. Il n’est pas toujours facile et aisé de tricher. L’opposition a le devoir, dans le cas d’une candidature unique, de compliquer le vol, la tricherie au RPT et non de les lui faciliter. Des gens n’ont pas été d’accord, depuis que l’idée a germé, d’opter pour une union sacrée de l’opposition en présentant un candidat unique. On a parfois eu l’impression qu’ils tenaient simplement à émettre des sons discordants.

Ils ont toujours développé des arguments du genre: «on ne crée pas un parti politique pour ne pas aller aux élections». C’est tout l’argumentaire sur lequel ils fondent leur raisonnement, sans oublier qu’on est en politique et qu’en matière politique, les négociations sont possibles. Ces personnes, nous nous plaisons à les appeler des trouble-fêtes. Selon elles, on ne peut pas imposer à des partis politiques créés pour lutter en vue de conquérir le pouvoir, de s’abstenir de présenter leur candidat.

La question de candidature unique de leur point de vue, serait un faux problème. Nous n’exagérons pas en les trouvant dangereux par leurs idées, en ce sens qu’elles donnent l’impression de faire le jeu du pouvoir, à force de jouer aux raisonneurs, oubliant l’enjeu de taille que constituent les élections à venir après 5 ans de pouvoir de Faure Gnassingbé où celui-ci s’est beaucoup plus préoccupé de lui-même, de son propre confort que du bien-être du peuple, se contentant in extremis, de lui agiter à la figure des sachets de riz de 2010 FCFA à quelques semaines de l’élection, pour le mettre à courir dans tous les sens, après l’avoir affamé 5 années durant.

Ces raisonneurs ne sont pourtant pas sans savoir que le plus grand souhait du RPT, c’est de voir l’opposition ne jamais réussir son union. Veulent-ils que le Togo pendant 5 ans encore continue avec des institutions antidémocratiques ou qu’il renoue avec des institutions dignes?

Il revient au peuple de prier, afin que les hommes politiques qui incarnent aujourd’hui l’Opposition se ressaisissent, habités par l’esprit de patriotisme et de sacrifice de soi, pour permettre une chance à l’alternance en 2010 et sortir le Togo de son arriération.

J. Symféïtchéou & Alain SIMOUBA

 

 

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