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Des manœuvres pour écarter un concurrent gênant?

Le dossier de Kofi Yamgnane objet de toutes les supputations

22 janvier 2010

Kofi Yamgnane, sera-t-il candidat ou la CENI refusera-t-il sa nationalité togolaise?C’est depuis le 15 janvier dernier que la Commission électorale indépendante (CENI) a procédé à la clôture des dossiers de  candidatures à l’élection présidentielle de février prochain. Au total huit dossiers  ont été retenus et seront plus tard envoyés au ministère de l’Administration territoriale pour enquête et à la Cour Constitutionnelle pour validation. Selon les dernières informations, un dossier parmi les huit, en l’occurrence celui du candidat de « Sursaut-Togo », souffrirait de manquements. En d’autres termes, ce dossier ne remplirait pas toutes les conditions exigées par la Constitution.

Il est fait état d’une incohérence entre la nationalité française de Kofi Yamgnane et celle togolaise.  Le journal «Indépendant Express», dans sa parution  N° 109 écrit à ce propos qu’ «il persiste une confusion sur sa nationalité. L’homme a proclamé qu’il est Français d’origine togolaise, mais son dossier prouve le contraire». Le journal révèle que le président de «Sursaut-Togo» avait obtenu la nationalité française (en 1975) avant d’obtenir celle togolaise (en 2006), «il était avant tout Français, cela veut dire que sa nationalité française précède celle togolaise». Et pour cette raison, le patron de «Sursaut-Togo » risque  de voir sa candidature rejetée.

Un deuxième argument évoque son absence de résidence effective sur le territoire togolais pendant une période de douze mois comme exigé par la Constitution. Et les détracteurs mettent au défi le Franco-togolais de prouver le contraire.

Ecarter un adversaire trop encombrant?
Ne dit-on pas que «qui veut noyer son chien l’accuse de rage?». Beaucoup d’observateurs pensent que tout cet acharnement sur le natif de Banjéli n’est qu’une des manœuvres du pouvoir pour chercher à écarter un adversaire gênant.

En effet des misères ont été faites à Kofi Yamgnane depuis qu’il a entamé sa campagne préélectorale. «Cet homme fait peur au pouvoir, confie un observateur, il est une épine dans les bottes de Faure Gnassingbé et l’écarter de la course électorale serait le plus grand cadeau qu’on pourrait faire à ce régime».

Un membre de la Céni joint par notre rédaction trouve curieuses ces supputations faites autour de la candidature du Franco-togolais, surtout que les dossiers ne sont pas encore parvenus à la Cour Constitutionnelle. «Le travail du ministère de l’Administration, nous dit-il, consiste seulement à effectuer des enquêtes sur la moralité des candidats, à vérifier l’authenticité des pièces fournies par les candidats et non à se pencher sur la légalité ou non d’une candidature».

Même si dans l’entourage du candidat, on affirme être au fait de ces informations, on reste serein. «Nous avons aussi attendu ces  rumeurs! Nous sommes sereins; toutes les pièces sont au point. Et nous le prouverons le moment venu au peuple togolais», nous a confié au téléphone son conseiller en communication.»

Qui est à l’origine de cette fuite d’informations, mieux, de cette intox? Pour un imminent juriste de la place, seule la Cour Constitutionnelle peut examiner la légalité de la double nationalité du Franco-togolais. Or avant même que son dossier ne parvienne à cette institution, des gens mettent déjà en doute les éléments de son dossier, censé être au secret. Ce qui fait dire à certains observateurs que «c’est encore un montage de personnes tapies dans l’ombre et disposées à intoxiquer l’opinion».

Olivier Adja

 

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