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Présidentielles togolaises de 2010:

Une juriste pour libérer l’avenir?

22 janvier 2010

Adjamagbo Johnson, candidate de la CDPA aux élections présidentielles togolaises de 2010Une grande première dans les annales de l’histoire politique togolaise. Parmi la pléthore de candidats à solliciter les suffrages populaires lors des prochaines élections présidentielles, on en comptera une dame, Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson, Juriste et Coordinatrice pour l’Afrique de l’Ouest de l’Ong Wildaf et aussi militante de la Convention Démocratique des Peuples Africains (Cdpa). Son parti l’a investie le 8 janvier 2010 au terme d’une convention à Lomé. Elle battra campagne sous le slogan «Cap sur l’alternance, il faut libérer l’avenir».

La première dame à être candidate à la magistrature suprême
Voulant «innover», les sociaux-démocrates de la Cdpa diront avoir trouvé la «bonne formule» avec l’inestiture d’une militante à poigne comme porte –étendard de leur parti à la prochaine élection présidentielle. Bien évidemment, dame Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson n’est pas une inconnue sur l’échiquier politique national. Fille du médecin –inspecteur Paul Adjamagbo et ancien promotionnaire d’autres célébrités nationales notamment Noé Kutuklui, Marc Messan Atidépé, Michel Apaloo, Seth Osséyi Doh, Yao Bibi Bruno Savi de Tové.

Détentrice d’un Doctorat en droit, elle enseigna jusqu’à la fin des années 80 à l’Université du Bénin, aujourd’hui Université de Lomé. Au niveau politique, elle a démarré ses activités avec les évènements du 5 octobre 1990 à travers son engagement dans les rangs de la Cdpa  dont  elle est membre fondatrice. Les Togolais l’avaient découverte à la Salle Fazao lors des travaux de la Conférence nationale en juillet-août 1991à Lomé. Elue Rapporteur général au sein du Bureau provisoire ; elle siégea aux côtés du doyen d’âge ; feu Namoro Karamoko, ancien ministre sous la 1ère République togolaise et de Kokou Saint Eloi  Assogba, le plus jeune des délégués.

Un bref passage au Haut Conseil de la République ( HCR )-Parlement de la transition ; Brigitte Kafui Adjamagbo- Johnson devint ministre du Bien –être social, des Droits de l’homme et de la Solidarité nationale dans le premier cabinet de transition dirigé par Me  Joseph Kokou Koffigoh jusqu’à la fatidique date du 3 décembre 1991 marquée par l’attaque du Palais du Renouveau ( siège du gouvernement).par  les  hommes en tenue.A son départ du gouvernement ; Brigitte Kafui Adjamagbo –Johnson s’illustra dans la société civile au sein du Collectif des Associations des Femmes ( CAF) avant de contribuer à la création du Groupe d’action et de réflexion Femmes Démocratie et Développement ( GF2D). Elle en assuma les fonctions de Secrétaire générale jusqu’en 1997.

L’ancienne ministre sous la transition démocratique  mène depuis lors un combat pour le triomphe des Droits de l’homme au sein de l’Ong Wildaf / Feddaf (Femme, Droit et Développement en Afrique) en qualité de Coordinatrice pour l’Afrique de l’Ouest. Ce qui lui valut d’assumer plusieurs autres postes de responsabilité en qualité de Membre du Conseil d’Administration du Forum international de Montréal au Canada de 1999 à 2001 et celui de Présidente du Forum de la société civile de l’Afrique de l’Ouest (FOSCAO) de 2004 à 2006. Depuis 2001, elle fait partie du Conseil consultatif de African Women Development Funds (AWDF).

«La Dame de fer»
Quinquagénaire, féministe très active dans la société civile, Brigitte Kafui Adjamagbo- Johnson n’a plus la fougue des années 90. Après plusieurs années  de militantisme politique et de combat pour le triomphe des droits de l’homme ; la première femme togolaise à briguer la fonction suprême de chef d’Etat, a beaucoup gagné en maturité et en expériences diverses. Mais que peut l’ancienne ministre de la transition en cette période si cruciale de notre histoire politique ? Est-elle la candidate capable d’aider ses concitoyens à la réalisation de leurs aspirations profondes. Qu’a t-elle à apporter de nouveau aux masses populaires plus que jamais dans la panade?  A l’index pour avoir «flirté» ces derniers temps avec le pouvoir en place ; les sociaux-démocrates de la Cdpa peuvent tout de même, se targuer d’avoir innové dans un environnement politique où l’opposition togolaise minée par des querelles intestines, est plus que jamais  désorganisée face au prochain enjeu électoral, surtout qu’elle s’y présente avec une kyrielle de candidats.

Petit pays d’environ 56 800 km2, le Togo a grand besoin de sortir de la torpeur et œuvrer convenablement dans la voie d’un véritable développement. Pour y parvenir, les filles et fils de ce pays d’à peine 6000 000 d’âmes, se cherchent toujours un leader rassembleur. Une femme peut y parvenir en misant sur la primauté du droit, la sécurité, la bonne gouvernance, la reconstruction des infrastructures et la relance économique. La candidate Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson dispose d’une réputation et d’un solide parcours à vanter pendant la campagne. Mais toute la question est de savoir si la «Dame de fer», comparée  à Ellen Johnson Sirleaf, actuelle et première femme élue à la tête d’un Etat africain ; le Liberia depuis janvier 2006, a les moyens en sa possession pour revendiquer la victoire. Le Togo étant un pays particulier où les populations n’ont jamais eu pour dirigeant, celui pour qui elles votent.

© Copyright Ekoué Satchivi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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