Candidature de Jean-Pierre Fabre et agitation
du Leader de l’UFC:
Que veut au juste Gilchrist Olympio?
22 janvier 2010
Les inconditionnels de l’homme doivent se mettre dans
tous leurs états à la lecture de ces mots.
La question pourrait paraître assez banale aux yeux de
certains. Mais elle est légitimée par les derniers épisodes
du feuilleton engendré au sein de l’Union des Forces
de Changement (UFC) par la candidature du Secrétaire général
Jean-Pierre Fabre, particulièrement par la sortie fracassante
du Président national Gichrist Olympio.
En effet l’«opposant historique» a
adressé vendredi une soi-disant lettre ouverte au peuple
dans laquelle il signifie que malgré l’introduction
d’une candidature de substitution, il reste le candidat
légitime investi par la convention nationale du parti.
Il précise par ailleurs que son cas est à l’étude
auprès des autorités compétentes pour lui
permettre de déposer son dossier malgré la venue à échéance
officielle du délai.
S’il est bien vrai que des étapes ont été sautées
dans la désignation de Jean-Pierre Fabre, cela ne saurait
légitimer ces déclarations de Gilchrist Olympio.
L’homme devrait plutôt se réjouir que la question
de son remplacement ait connu un dénouement aussi rapide
et n’ait pas fait imploser le parti dans les 48 heures
précédant la fin du dépôt des dossiers
de candidature. C’est une véritable guerre de succession
qui a été ouverte à la suite de l’annonce
de son forfait. D’un côté les inconditionnels
du Président national qui veulent propulser Patrick Lawson
au devant de la scène, de l’autre les «révolutionnaires» regroupés
autour de Jean-Pierre Fabre. Difficile de savoir jusqu’aux
dernières heures de vendredi quel camp allait prendre
le dessus. Finalement le bon sens a prévalu, les deux
camps rivaux se sont entendus sur le nom du Secrétaire
général, sauvant ainsi les meubles. Il faut l’avouer,
l’opinion avait peur que la rivalité n’emporte
le parti. C’est le pire qui a été évité de
justesse.
Cette candidature de Jean-Pierre Fabre est d’ailleurs
accueillie favorablement au sein de l’opinion. Même
si on ne trouve pas d’inconvénients au positionnement
de Patrick Lawson, la relative jeunesse du Secrétaire
général séduit davantage les Togolais épris
d’alternance qui y ont trouvé l’argument idéal
pour contrer la jeunesse vantée de Faure Gnassingbé par
ses partisans. Les populations se sont réjouies de ce
positionnement de Jean-Pierre Fabre à l’idée
qu’il allait désamorcer le débat sur la candidature
unique de l’opposition qui s’est enlisé à cause
de la personnalité de Gilchrist Olympio. Le Comité d’Action
pour le Renouveau (CAR) a décidé le 21 octobre
dernier de ne plus soutenir Gilchrist Olympio comme candidat
unique de l’opposition, le jugeant non rassembleur à cause
de ses écarts de langage. Même si cet argument avancé par
le parti des «déshérités» ne
tient pas trop la route au point de nécessiter le retrait
de Gilchrist Olympio, bon nombre de Togolais ont accueilli favorablement
ce positionnement de Jean-Pierre Fabre.
Le bon sens n’arrive pas à comprendre la réaction
du Président national de l’UFC. Il est peut-être
en droit de reprocher à son Secrétaire général
d’avoir déposé sa candidature au nom
du parti sans son aval. Cela équivaut peut-être à une
insubordination. Mais quelle solution de substitution Gilchrist
Olympio envisageait-il? Quelle consigne a-t-il donnée?
La base devrait-elle voir courir le délai de dépôt
des candidatures sans rien faire? L’«opposant
historique» ne voulait-il pas que l’UFC brigue
la magistrature suprême?
Cette dernière question est d’autant plus légitime
que si Jean-Pierre Fabre n’avait pas introduit son dossier,
l’UFC n’aurait pas de candidat en course à l’heure
actuelle et laisserait ainsi le terrain libre au RPT. Raison
pour laquelle la réaction de Gilchrist Olympio surprend
plus d’un. Certains observateurs y trouvent même
la manifestation d’une conspiration avortée entre
le Fils de l’Indépendance et le pouvoir en place.
Ici on croit dur comme fer que l’«opposant historique» a
marchandé la candidature de son parti.
Tout compte fait, par cette sortie des plus étonnantes,
Gilchrist Olympio donne raison à ses détracteurs
qui faisaient croire qu’il existe un deal historique entre
lui et le clan Gnassingbé pour saboter l’alternance
au Togo et confisquer le bonheur des Togolais. Sinon comment
peut-il croire que le pouvoir pour lequel il a été le
pire cauchemar peut lui accorder la dérogation qu’il
demande?
Que veut au juste Gilchrist Olympio? Les Togolais sont d’autant
plus perplexes qu’ils ne savent plus quoi penser de l’homme.
Sur toute la ligne, il donne raison à ses détracteurs
qui lui reprochaient depuis longtemps un ego surdimensionné qui
lui fait perdre des fois la raison. On ne voudrait pas leur donner
raison, mais les agissements et déclarations inconséquentes
de l’homme même y poussent. Le Président national
de l’UFC doit être dans la logique de « moi
ou rien ». Le fauteuil présidentiel semble
lui devenir une véritable obsession. Dans cette voie il
risque de manquer d’adhérents et de sortir de l’Histoire
du Togo par la petite porte, un euphémisme savant pour
ne pas dire par les claustras.
Tino Kossi
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