Togo: Présidentielle:
28 février 2010: l’alternance
est assurée
26 janvier 2010
Pour le président Sarkozy qui avait qualifié l’élection
de Faure Gnassingbé de «parodie d’élection» en
mai 2005, malgré les opérations de charme de ce
dernier (surtout l’affaire Dupuydauby), le sort du clan
Gnassingbé est définitivement scellé. Le
retrait de Gilchrist Olympio de la course présidentielle
est venu lever ses dernières réticences qui plombaient
l’alternance au Togo. Dès lors, on peut dire que l’opposition togolaise
a un boulevard dégagé devant elle.
Dans la phase actuelle, l’opposition doit être réaliste,
pragmatique et prendre ses responsabilités afin d’éviter
le piège gabonais. Cela signifie, au regard du mode de
scrutin à un tour, qu’elle doit s’unir autour
de la candidature de Jean-Pierre Fabre, secrétaire général
de l’UFC, qui s’impose objectivement par le poids électoral
de son parti. Président du groupe parlementaire de l’UFC,
il jouit de la légitimité institutionnelle de sa
formation, il sait travailler en équipe, et rassure une
bonne partie des leaders de l’opposition avec lesquels
il est en contact sur le terrain ainsi que nous l’avions écrit
ailleurs. Les cadres et les militants de base ont une bonne image
de lui sans lequel le parti n’existerait pas. Il a le soutien
de son président Gilchrist Olympio actuellement indisposé dont
l’adoubement ne lui fera pas défaut.
Il revient à Jean-Pierre Fabre, candidat officiel de son
parti, de tendre la main à Kofi Yamgnane en lui proposant
le poste de Premier ministre. Car son expérience politique,
ses responsabilités gouvernementales et son carnet d’adresses,
et même sans se voiler la face, son origine bassar, seront à capitaliser
au profit du changement et de nature à rassurer et le
Togo et la France. Il devrait tendre également la main à Yawovi
Agboyibor en lui proposant la présidence de la future
Assemblée nationale qui sera issue des législatives
anticipées. Il devrait signifier à Agbéyomé Kodjo
qu’il aura un rôle à jouer pour le changement,
sans oublier Brigitte Adjamagbo, Bassabi Kagbara, Aimé Gogué et
Dahuku Péré. Ce changement qui recommande la mobilisation
de l’opposition autour de Jean-Pierre Fabre en vue de l’alternance
politique et du retour de la confiance peut s’articuler
sur trois points, à savoir:
- un plan de développement industriel et agricole orienté sur
la production de cultures vivrières d’abord à travers
une réforme agraire d’envergure.
- une réorganisation de l’administration publique,
des entreprises d’Etat et une hausse sensible des salaires
en fonction des recettes publiques.
- et enfin la restauration de la constitution de 1992, des réformes
institutionnelles et la mise en place d’une conférence
internationale pour le financement de la relance de l’activité économique à même
d’assurer la croissance, l’emploi des jeunes, et
d’aider au retour des réfugiés et des membres
de la diaspora.
Si d’aventure Kofi Yamgnane refuse la main tendue, Jean-Pierre
Fabre pourra se tourner vers François Boko. Ancien ministre
de l'Intérieur, de la Sécurité et de la
Décentralisation, il connaît de l’intérieur
une gamme étendue des habitudes RPT et de la maisonnée.
Il a aussi l’avantage d’être un officier supérieur
des FAT et kabyè, l’ethnie qui contrôle l’armée
et des pans entiers de l’appareil d’Etat. C’est
un homme de valeur qui a la confiance et le soutien de la France
qui, jusqu’à preuve du contraire, aura son mot à dire
dans la désignation des dirigeants post-gnassingbé.
Son silence assourdissant déconcerte les Togolais qui
veulent le voir jouer un rôle de premier plan dans la réussite
de cette alternance qui s’annonce. Il est temps qu’il
prenne lui aussi ses responsabilités politiques en apportant
sa compétence et son expérience de la gestion du
pouvoir d’Etat. Toujours est-il qu’il est d’ors
et déjà disposé à servir la démocratie,
l’Etat de droit démocratique et l’alternance
politique au Togo.
Dans tous les cas, jamais dans l’histoire du pays, une
telle opportunité d’alternance ne s’est présentée.
Il appartient alors à tous les acteurs politiques de prendre
conscience de leur responsabilité en ce moment crucial
pour l’avenir du pays.
Paris, le 25 janvier 2010
Aregba Waste (Bordeaux)
Brassier Tido (Paris)
Toulabor Comi (Bordeaux)
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