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Suite à l’arrestation du Tchadien Hassan Fadoul:

Me François Boko est-il en danger au Tchad?

02 février 2010

Akila Esso Boko, Chef de la mission de l'Union européenne au TchadAu commencement était Félix Kodjo Sagbo, Ambassadeur du Togo auprès de l’Union européenne à Bruxelles.

Sitôt la nomination de François Boko, ancien ministre togolais de l’intérieur à la tête d’une mission d’expertise de l’UE au Tchad connue, que ce dévoué «diplomate» à la cause des Gnassingbé père et fils s’est mis en tête de protester auprès de l’institution européenne contre l’envoi de l’expert togolais au Tchad. A ce sujet, il a fait des jours durant, le siège de la commission pour avoir la révocation de Boko, mais en vain.

L’épisode a été d’un rien humiliant et insultant pour l’Ambassadeur togolais au regard de la réponse qu’il a reçu pour sa requête. Les diplomates européens l’ont simplement envoyé balader en lui signifiant que les nominations au sein de l’UE ne se font pas comme dans la fonction publique togolaise et qu’à cet effet, la commission européenne à ses règles pour envoyer ses experts aux quatre coins du monde.

Ce cinglant rejet de la demande de Sagbo n’a donc pas suffi au régime RPT pour passer à la vitesse supérieure. Echanger des opposants aux deux régimes des deux satrapes Déby Itno et Faure Gnassingbé. Dès lors l’arrestation du sieur Hassan Fadoul et son incarcération à Kara sont une suite logique à un plan concocté par les deux Etats voyous.

 Hassan Fadoul pour ceux qui ne le connaissent pas est un irréductible opposant au pouvoir de Deby dont il a été l’un des proches collaborateurs. Tombé en disgrâce et réfugié au Togo depuis 8 ans il est l’un des cerveaux de l’affaire des faux dinars de Bahreïn. Il faut reconnaître que depuis son exil togolais, Monsieur Fadoul n’a fait l’objet d’aucune menace de la part du gouvernement togolais.

Du coup son arrestation en décembre dernier soit dix jours après le retour de Faure Gnassingbé de Ndjamena où il a eu un tête-à-tête avec son homologue Déby, suscite des interrogations.

Selon certaines indiscrétions, le pouvoir de Déby cherchait depuis des années un moyen pour se débarrasser de cet opposant qui serait en possession d’informations compromettantes pour son pouvoir. Mais selon toujours ces sources, les sollicitations respectives du pouvoir tchadien auprès de feu Eyadèma pour mettre hors d’état de nuire Fadoul n’ont jamais abouti. En décidant d’accéder finalement à la requête de Ndjamena, le pouvoir togolais a-t-il obtenu une monnaie d’échange? En d’autres termes qu’est-ce que le pouvoir togolais a obtenu en échange de l’arrestation de Fadoul?  Lorsqu’on sait qu’un irréductible opposant au pouvoir de Faure Gnassingbé en l’occurrence, l’ancien ministre de l’intérieur du Togo François Boko est en mission depuis cinq mois au Tchad pour le compte de la Commission européenne, il y a de quoi s’inquiéter. On se souvient que la nomination de cet expert togolais à la tête de la mission de la commission européenne au Tchad a suscité une polémique entre l’institution européenne et le pouvoir de Lomé. A partir de ce moment, il n’est pas exclu que la présence de Monsieur Boko au Tchad ait meublé les discussions entre les deux chefs d’Etats. De toute façon il est évident que Lomé n’aurait pas mis aux arrêts Fadoul, si de l’autre côté au Tchad, on n’aurait pas pris des engagements de faire de même avec un autre irréductible opposant à Faure Gnassingbé. Une stratégie d’échange bien connue des services de renseignement qui a servi par le passé au pouvoir de Rawlings et à celui d’Eyadèma pour se débarrasser en 1995 de leurs opposants respectifs, Tokofaï et le nommé Japonais.

François Boko, chef de la mission de l’UE au Tchad bénéficie certes d’une protection diplomatique, mais dans ces genres de situation, on sait comment ça se passe. Un simulacre d’enlèvement, un empoisonnement ou un accident et le tour est vite joué. Lorsqu’on sait aussi que le pouvoir de Déby est réputé pour ses méthodes d’élimination physique de ces opposants, qui pour la plupart du temps sont portés disparus, il y a de quoi à être inquiet au sujet du compatriote Boko.

La commission européenne doit prendre ses responsabilités en exigeant des garanties auprès du pouvoir de Déby, des garanties quant à la vie de l’expert togolais appelé au chevet de la justice tchadienne.

C.T.

 

 

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