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Togo: Union de l’opposition: Après le forfait de Gilchrist Olympio

Me Yawovi Agboyibo va-t-il se poser en sage leader politique responsable?

04 février 2010

Me Yawovi Agboyibo va-t-il se poser leader politique responsable pour se rallier à la candidature de l'UFC?L’horizon s’est dégagé ce mardi 02 février 2010. Au-delà de la fausse note liée au rejet de la candidature de Kofi Yamgnane, la Cour Constitutionnelle togolaise a validé les sept autres candidatures pour la présidentielle du 28 février 2010. Ils étaient une quinzaine de présidentiables à s’être annoncés, des plus sérieux aux amuseurs de galerie qui sont renvoyés à leurs chères études. C’est une sorte de sélection naturelle qui a été faite.

Parmi les dossiers retenus, celui de Jean-Pierre Fabre. C’est  lui qui sera le porte-flambeau de l’Union des Forces de Changement (UFC), remplaçant au pied levé le Président  national du parti dont les récurrents problèmes de santé l’ont empêché le dépôt à temps de sa candidature. Il urge de s’attarder sur cette candidature qui relance assez bien la problématique de la candidature unique de l’opposition. C’est un test grandeur nature de la bonne foi du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR).

L’UFC et le CAR pour même combat politique
Les deux partis de l’opposition parlementaire se sont engagés depuis le 28 janvier  2009 à tout mettre en œuvre pour amener  l’opposition à s’entendre sur un candidat unique pour  le scrutin de 2010. Mais cette envie est éprouvée par les ego des deux partis. A l’UFC, on brandit la popularité comme critère essentiel de ce choix et on ne voit que Gilchrist  Olympio pour ce rôle. Ce qu’on ne veut pas entendre de cette oreille au CAR. On demande le retour de l’ascenseur et le choix de Me Yawovi Agboyibo. Les deux partis ont passé leur temps à tirer le drap chacun de son côté. Si malgré leur mésentente l’UFC et le CAR continuaient à se rencontrer pour arriver à dégager l’homme idéal - un comité mixte paritaire de six  membres a été mis en place pour mener les réflexions - le dialogue a été rompu à la suite d’une intervention médiatique du leader de l’UFC Gilchrist Olympio.

Gilchrist Olympio, le vieux leader sénile et ses bourdes
En effet dans le cadre de l’émission «Médias d’Afrique» sur Rfi où il a été reçu le jeudi 15 octobre 2009, le Président national de l’UFC répondant à une question relative à la candidature unique de l’opposition à la joute de février prochain, a malencontreusement  déclaré qu’elle n’est pas essentielle et qu’il n’existe au Togo que deux forces politiques, le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) et son parti, et d’appeler implicitement le CAR et les autres partis de l’opposition à se rallier à sa candidature. Cette sortie suscita l’ire des dirigeants du CAR.

Un point de presse fut organisé par Me Dodji Apévon six jours plus tard, pour fustiger ces déclarations. Pour le CAR, consterné, «M. Gilchrist Olympio vient ainsi de laisser éclater aux yeux  du monde entier qu’il n’est pas le rassembleur dont les forces démocratiques ont besoin pour mettre fin au système RPT en 2010… Il  est illusoire de s’attendre à quelques mois de la prochaine élection présidentielle à ce que M. Gilchrist  devienne subitement le rassembleur qu’il faut pour réaliser l’alternance et sortir le Togo de la crise politique et socio-économique qu’il traverse depuis des années». Et Me Apévon de décider: «Le CAR n’entend pas dans ces conditions se rallier à la candidature de M. Gilchrist Olympio». Tous les observateurs de la scène politique togolaise lui ont donné raison.

L’UFC porte-flambeau de l’opposition?
Dans des discussions privées et entre responsables de partis, hormis les vieux leaders Agboyibo et Olympio, les jeunes cadres des deux formations politiques (UFC-CAR) reconnaissent volontiers qu’une autre candidature à l’UFC en dehors de celle de son président national est la bienvenue et retiendra l’adhésion de tout le monde. C’est ainsi que Me Dodji Apévon, a souvent évoqué que le problème, c’est Gilchrist Olympio qui a cette manie de traiter les autres comme moins que rien. Et il n’a pas tort.

L’objection faite de refuser tout ralliement à la candidature de l’«opposant historique» sous-entendait donc que le CAR était disposé à se jeter à l’eau avec un autre candidat de l’UFC moins égocentrique et plus rassembleur que Gilchrist Olympio. La providence vient de trancher. Le CAR va-t-il donc concéder à la candidature unique et de facto se rallier à celle de Jean-Pierre Fabre?

La question reste posée. Les Togolais s’interrogent d’autant plus que Faure Gnassingbé et le RPT ont tout fait pour rejeter le mode de scrutin à deux tours et conserver celui scélérat à un seul tour. Cet état de fait exige que l’on se départît de calculs égocentriques et politiciens pour s’unir autour d’un seul candidat afin d’éviter le syndrome gabonais. Les candidats de l’opposition à la présidentielle de février prochain le reconnaissent bien. C’est le cas de Kofi Yamgnane qui appelait malgré le rejet de sa candidature, ses pairs à l’union. Il y a donc encore de la place pour cela. Si certains Togolais nourrissent l’espoir, le scepticisme prend le dessus chez beaucoup d’autres, au regard des sorties qu’effectue le CAR.

De la candidature de Me Agboyibo
Le parti a organisé une cérémonie d’investiture de son candidat. A l’occasion donc Me Yawovi Agboyibo a été adoubé par les militants comme porte-flambeau du parti. Est-ce au CAR, une façon de faire une croix sur la candidature unique de l’opposition? Selon un leader politique, l’investiture d’un candidat n’est pas une fin en soi, il peut se retirer pour une raison ou une autre avant le jour J. Cette précision autorise donc à croire encore à la candidature unique de l’opposition. S’il y a un parti qui a la clé de la solution, c’est bien le CAR. De sa position dépendra l’effectivité de cet idéal. Alors le CAR va-t-il s’obstiner à maintenir son porte-étendard et ainsi refuser de concéder la candidature unique à Jean-Pierre Fabre de l’UFC au risque de paraître aux yeux des togolais comme l’éternel parti au double jeu et au double langage? Les faits commencent à s’avérer au regard des rumeurs et des indiscrétions au sein de l’opinion faisant état du fait que Me Agboyibo aurait affirmé que Faure Gnassingbé est le candidat le mieux indiqué qui pourrait remporté la prochaine présidentielle. Affirmations vite démenties par un communiqué signé du secrétaire national du CAR Jean Kissi qui demandait plutôt un référendum pour ou contre Faure au pouvoir le 28 février prochain.

En attendant de voir plus clair, le CAR a l’obligation de clarifier sa position par rapport à la candidature unique. Il a tout intérêt. Et de négocier la gestion du pouvoir au tour de Fabre après les quarante années de monarchie des Gnassingbé. Une fois que Gilchrist Olympio vient de se rallier à la candidature de son dauphin naturel du parti, aucune autre voie ne peut être acceptée au sein de l’opposition politique au régime RPT. A plusieurs reprises les Togolais avaient prouvé que l’UFC demeure le parti majoritaire au Togo. Ce ne sont donc pas les quelques jours qui séparent du joute électoral qui leur feront voter le contraire. Surtout au moment où leur soif d’alternance et de mieux être est plus que visible. La bonne foi  de Me Yawovi Agboyibo et des siens est à l’épreuve. Qu’ils prouvent au peuple qu’ils n’ont aucun deal avec Faure Gnassingbé et ses suppôts.

Jules Symféïtchéou avec T.K

 

 

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