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Togo: Conclave de Paris sur la candidature unique de l’opposition:

Fumée blanche, Fabre candidat unique, mais Me Agboyibo quitte les négociations

10 février 2010

Jean Pierre Fabre, le candidat de l'UFC à la présidentielle du 28 février 2010 au TogoFrançois Boko a tenté le coup et il a presque réussi. Longtemps objet de tractations, de négociations épuisables et d’atermoiements en tous genres, la question de la candidature unique de l’opposition qui a réuni les principaux leaders ce 09 février 2010 à Paris s’est soldée par de bonnes notes dans l’ensemble. Seul bémol, la fourberie et la duplicité du candidat du CAR Me Yawovi Agboyibo qui a claqué la porte à la fin des travaux. François Boko n’aura pas mieux fait. Sa pugnacité et son sens des négociations ont payé. Et le leader du CAR l’a reconnu avant de penser qu’il était en mission pour espionner les autres candidats dans l’espoir de saboter les travaux et de faire passer au soir du 28 février 2010 son mandataire, le régime RPT victorieux du scrutin.

Une fumée blanche malgré tout
Les travaux qui ont duré toute la journée et qui se sont prolongés tard dans la soirée ont vu la participation autour de Me François Boko, de Jean-Pierre Fabre de l’Ufc, candidat du parti, de Kofi Yamgnane, Président de Sursaut-Togo dont la candidature avait été invalidée par la Cour Constitutionnelle sous des prétextes fallacieux, Agbéyomé Kodjo, Président de OBUTS, Mme Adjamagbo-Johnson, de la CDPA et de l’imprévisible Me Yawovi Agboyibo du CAR.

Les discussions qui se sont déroulées à huis clos ont été particulièrement houleuses. D’entrée de jeu, le principal organisateur de la rencontre François Boko a présenté aux participants l’ordre du jour dont le soubassement était axé sur la nécessité de dégager à Paris une candidature unique, porte-étendard de l’ensemble de l’opposition politique au régime Rpt afin d’assurer une alternance politique à l’issue de la présidentielle prochaine. Cet ordre du jour présentait aussi une plate-forme reprenant l’essentiel des questions sur lesquels avait toujours buté une union des forces démocratiques au Togo. L’adoption à l’unanimité de la proposition avait permis de souffler et de se dire que les travaux partaient sur de bons pieds.

Au cours des débats, il avait été également question de l’organisation interne de l’opposition dans sa gestion de la campagne électorale, des responsabilités de tout un chacun dans les semaines à venir et surtout des mesures à prendre pour limiter la fraude et gérer l’après victoire probable. A aucun moment l’idée d’un boycott du scrutin n’a été évoquée, ce qui serait contraire au sens même de la tenue d’un tel conclave.

Yawovi Madji Agboyibo, un loup dans la bergerie
Le consensus qui se dégageait sur les propositions formulées par les uns et les autres avaient conduit à aller à l’essentiel, c’est-à-dire à la désignation du candidat unique de l’opposition. C’est à ce moment que Me Agboyibo va jouer son tour de farce par ses contorsions intellectuelles pour bloquer la poursuite normale des travaux et se révéler aux yeux des participants comme un espion envoyé juste pour voir le plan de l’opposition démocratique et ensuite se faire le trouble-fête pour finalement claquer la porte en pleins travaux.

Pour le «Bélier de Kouvé», sa présence à Paris n’équivaut pas s’entendre sur la désignation d’un candidat unique, mais à voir dans quelle mesure les responsables politiques pourraient limiter les fraudes en préparation et éviter les violences post électorales. Il avoue ne pas être mandaté par sa base pour discuter de la candidature unique. Se pose donc une question: il a comme tous les participants approuvé l’ordre du jour qui incluait la clause de la désignation du candidat unique. Dès lors, pourquoi n’est-il pas parti plus tôt. Ceci sous-tend tout simplement qu’il était en mission commandée, qu’il était un espion à la solde du régime, ce que n’a pas hésité à lui dire certains responsables politiques présents.

Un vote responsable
Au moment du vote, Kofi Yamgnane, Agbéyomé Kodjo ont tous les deux porté leur choix sur le candidat Jean-Pierre Fabre dont le parti est le mieux implanté et le plus populaire au Togo. Ce que soulignera plus tard le président de Sursaut-Togo en affirmant que «… le conclave n’a pas désigné une personne, mais fait un choix politique sur la représentativité d’un parti le mieux apte à conduire à la victoire».  

Comme dit plus haut, lors du vote, Me Agboyibo a prétexté consulter sa base pour se retirer des travaux. Quant à Mme Adjamagbo-Johnson de la CDPA, son souhait fut de consulter son bureau directoire avant toute prise de décision, mais souligne tout de même que son parti reste ouvert à la négociation.

Un organigramme a été dégagé et qui fait de Kofi Yamgnane, le porte-parole du candidat Jean-Pierre Fabre et d’Agbéyomé Kodjo, le responsable à l’organisation et à la mobilisation. Les responsables politiques ont en outre promis de proscrire tout calcul politicien et toute mesquinerie pouvant entraver les résolutions prises à Paris et de gérer de manière collégiale la campagne afin d’assurer la victoire du candidat Fabre. Ils entendent également remettre ensemble sur les rails le Togo au lendemain du scrutin du 28 février prochain.

Panique et colère au RPT
Le Rpt n’a pas attendu longtemps pour renifler le danger de la candidature unique de l’opposition et de mettre en marche ses instruments de propagande, de dénigrement et d’insulte. Son  site fétiche et officiel republicoftogo.com a annoncé les couleurs. Sous le titre «François Boko récidive» il prétend faussement que: «Depuis cinq ans François Boko avait disparu de la scène togolaise: il était devenu avocat à Paris. On se souvient qu’il y a cinq ans à l’avant-veille de l’élection présidentielle au Togo, François Boko, alors ministre de l’Intérieur, démissionna dans la nuit pour tenter d’empêcher la tenue du scrutin. Il espérait alors être suivi par l’armée. Mais son acte resta isolé». «Voici qu’aujourd’hui, il récidive en organisant à Paris ce mardi une réunion des candidats de l’opposition, réunion à laquelle participera également le franco-togolais Kofi Yamgnane. Ces différents candidats n’ont pas réussi à s’entendre à Lomé. François Boko espère leur faire adopter une attitude solidaire à Paris. Parmi les propositions de Boko, une suggestion comparable à son geste d’il y a cinq ans: demander à tous les candidats de se retirer de la compétition si le scrutin n’est pas reporté. Suggestion fort peu originale puisqu’elle est présentée par toutes les oppositions africaines à la veille des élections». Une affirmation gratuite et insensée qui frise l’incompétence et le manque de déontologie de l’équipe de Debbasch. Car si les rédacteurs de cette nuisible source d’informations (si on peut l’appeler ainsi) avaient suivi depuis toujours les sorties de l’ancien ministre de l’intérieur sur les élections présidentielles du 28 février prochain, ils auraient pu s’apercevoir que l’avocat au barreau de Paris, non seulement voulait que les élections soient détachées de toutes fraudes susceptibles de nuire à l’alternance politique, mais aussi d’appeler les partis politiques togolais de l’opposition à l’union. Et le Rpt et ses sbires misaient sur l’échec d’une telle solution si bien qu’ils ne pensaient pas qu’elle aboutirait. D’où la trouille qui secoue dans les rangs des partisans du statu quo. republicoftogo.com s’échappe également sur une manipulation et une grossièreté en se demandant «Que se passerait-il si demain Besancenot, Strauss-Kahn, Martine Aubry et Villepin réunis se rassemblaient à Lomé pour traiter des élections françaises?». Comme si une réunion de responsables politiques dans un pays tiers signifierait la déstabilisation du régime politique en place.  

Il découle du conclave de ce jour que les quatre opposants – Boko, Kodjo, Yamgnane et Fabre -  ont pris leurs responsabilités politiques pour poser un acte fort louable capable d’inverser la tendance dans quelques jours. Ils sont tous courageux et peuvent braver la monarchie togolaise. D’ailleurs la conférence de presse de ce jour à 15 heures à Paris prouvera leur détermination au moment où ils apposeront leurs signatures au bas du document final. N’en déplaise donc aux zélateurs du RPT.

Jules Symféïtchéou, envoyé spécial à Paris

 

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