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Togo: Conclave de Paris, fin des travaux:

Accouchement difficile, mais la fumée blanche est réelle

11 février 2010

Jean-Pierre Fabre Candidat unique du Front Républicain pour le ChangementL’accouchement a été difficile, mais elle a eu néanmoins lieu. Les principaux responsables politiques de l’opposition, hormis Me Yawovi Agboyibo qui avait claqué la porte aux négociations au soir du premier jour et Brigitte Adjamagbo-Johnson qui avait préféré consulter sa base, ont donné naissance à un Front capable de faire plier le camp d’en face, le Rpt et son mentor Faure Gnassingbé dès le soir du 28 février 2010.

«Le Front Républicain pour le Changement» avait été l’objet de rudes négociations tard dans la soirée du 10 février entre les leaders de Sursaut-Togo, de Obuts et de l’UFC dont certains proches immédiats de Gilchrist Olympio avaient assisté aux travaux. Il faut d’emblée signaler que les derniers agencements avaient retardé la conférence de presse qui a finalement eu lieu autour de 21 heures contrairement à 15 heures GMT + 1 prévu initialement. La raison de ce retard demeure la décision à prendre vis-à-vis du départ du CAR des négociations et du communiqué tardif publié par Léopold Gnininvi de la CDPA et du contour final du texte à adopter et à communiquer aux médias à l’issue du conclave, lequel communiqué devrait inclure les amendements de toutes les parties prenantes aux accords.

Quoi qu’il en soi, la volonté manifeste de Kofi Yamgnane, de Agbéyomé Kodjo, de Jean-Pierre Fabre autour de François Boko pour provoquer l’alternance le 28 février 2010 a été manifeste et la bonne volonté de tout un chacun lors des négociateurs pour mettre fin à 43 années de régime inique du RPT a été plus que visible. Comme quoi, il suffit d’un jour pour qu’on puisse penser à l’intérêt général au détriment de toutes spéculations qui sous-tendent des calculs mesquins.

La naissance du Front
C’est plutôt une bonne nouvelle pour les Togolais qui savent où se trouvent leurs intérêts que d’avoir vu le «Front Républicain pour le Changement» voir le jour. Cette structure est la résultante de la volonté d’une nouvelle génération de politiciens reconnaître la nécessité de remettre sur les rails la «société» Togo afin qu’elle produise des fruits qui nourrissent ses enfants où la place du mérite sera au cœur des engagements et au sein de laquelle l’intérêt national primera pour reconstruire un pays gangrené par non seulement, plus de quarante de dictature, mais aussi de dilapidation de deniers publics et de gangstérisme en tous genres. Cette nouvelle génération d’hommes politiques est aux antipodes des vieux leaders politiques de l’opposition – Edem Kodjo, Léopold Gnininvi, Gilchrist Olympio, Yawovi Agboyibo -  principalement connus pour leurs propensions à se mettre des peaux de banane entre les jambes et pour leur égo surdimensionné. Le front ainsi né à Paris saura dépasser les différends pour répondre aux aspirations des Togolais.

Certes, tout n’est pas encore fait, mais l’essentiel est déjà de partager les rôles pour la campagne électorale censée conduire à la victoire du scrutin présidentiel et à sa revendication. La fumée blanche ainsi dégagée après deux jours de rudes négociations est en soi une réussite. Contrairement aux autres accords ayant conduit à une candidature unique, celui-ci est co-signé de leaders jeunes et déterminés.

Les trois responsables politiques, Agbéyomé kodjo, Kofi Yamgnane et Jean-Pierre Fabre sont en route actuellement pour Lomé où ils doivent donner une conférence de presse dans la journée de demain.

Agboyibo et Gnininvi hors-jeu
A ceux qui prétendent que le conclave de Paris a voulu forcer la main au CAR et à la CDPA, François BOKO, l’initiateur de la rencontre précise qu’«Il fallait à tout prix éviter les faux-fuyants pour se rendre à l’évidence que Jean-Pierre Fabre incarne le parti le mieux implanté, le mieux structuré. Et seul lui, aidé par la machine électorale des autres candidats, peut réellement gagner cette élection présidentielle, revendiquer la victoire et prendre effectivement le pouvoir afin de permettre une alternance pacifique au Togo». Et il n’avait pas tord de le dire. Car tout porte à croire que les réactions de Agboyibo et de Gnininvi sont de nature à dérouter les Togolais des profondes aspirations qui sont les leurs. En quittant les discussions au 5è point à l’ordre du jour de la séance, le candidat du CAR a sciemment voulu saboter l’initiative de constituer un front commun pour l’alternance au Togo. Il en va de même de Leoplod Gnininvi qui, tout en donnant son accord pour que Mme Adjamagbo participe à ce conclave, dénonce dans un communiqué laconique «la manière cavalière» de la rencontre.

Nous ne cesserons jamais de le dire. Des deals secrets semblent liés les vieux vétérans de la politique togolaise des années 90 au monarque Faure Gnassingbé. Le Togo se trouve à un tournant historique de son histoire et il faut que 2010 soit l’année de l’alternance afin de reconstruire notre nation. Les Togolais doivent connaître les leaders qui incarnent leurs revendications et leurs aspirations. Le 28 février doit être la date qui leur donne l’occasion de sanctionner ceux qui, de manière rusée, jouent avec leur destin.

Jules Symféïtchéou, Envoyé spécial à Paris

 

 

 

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