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Togo: Candidature unique de l’opposition à l’élection
présidentielle:
Me Yawovi Agboyibo se dénude et
montre une fois encore sa vraie nature
13 février 2010
Le président d’honneur du Comité d’Action
pour le Renouveau (CAR), Me Apollinaire Yawovi Agboyibo a fini
par montrer sa vraie face. Il a réussi sa mission, compromettre
la candidature unique de l’opposition. Le Bélier
noir de Kouvé a opposé un refus catégorique
en claquant la porte à la réunion de Paris qui
devait régler définitivement le problème.
A l’initiative de l’ancien ministre de l’Intérieur
et de la Sécurité, aujourd’hui avocat au
Barreau de Paris Me François Akila Esso-Boko, les candidats
majeurs de l’opposition à la présidentielle
du 04 mars prochain, Jean-Pierre Fabre de l’Union des Forces
de Changement (UFC), Yawovi Agboyibo du Comité d’Action
pour le Renouveau (CAR), Agbéyomé Kodjo de l’Organisation
pour Bâtir dans l’Union un Togo Solidaire (OBUTS),
Mme Brigitte Adjamagbo-Johnson de la Convention Démocratique
des Peuples Africains (CDPA), et le recalé Kofi Yamgnane
de Sursaut Togo se sont retrouvés mardi 10 février
2010 à Paris, pour sauver la candidature unique de l’opposition.
Après plusieurs heures de discussions houleuses, une fumée «blanchâtre» est
sortie. Le choix a été porté sur Jean-Pierre
Fabre comme ce porte-étendard par Kofi Yamgnane et Agbéyomé Kodjo.
Sur les cinq (05) acteurs invités, trois (03) donc se
sont accordés sur un nom.
Soulagement au sein des populations
«Dieu soit loué», n’a pas
hésité à s’écrier un compatriote à l’annonce
de la nouvelle. Comme ce concitoyen, ils sont nombreux, les
Togolais à se réjouir de cet accord à minima.
Le peuple épris d’alternance aurait voulu que
le choix de Jean-Pierre Fabre recueille l’unanimité des
protagonistes. Mais ce n’était pas le cas.
Mme Brigitte Adjamagbo-Johnson a dit consulter le bureau politique
de son parti avant de se prononcer. Quant à Me Yawovi
Agboyibo, il aurait claqué la porte, tout en promettant
sa décision ultime après consultation avec sa
base politique. Mais on venait de loin, dans cette quête
de candidature unique de l’opposition. Cet accord
sur Jean-Pierre Fabre est un grand pas de franchi, quoi
de plus normal qu’il suscite de la joie au sein du peuple. «Agbéyomé et
Yamgnane ont prouvé leur maturité politique;
ils montrent que seul l’intérêt du peuple
les préoccupe. Et ce sont les hommes de ce genre dont
le peuple a besoin», s’exclame un jeune homme.
Un autre de renchérir: «Chapeau à François
Boko pour cette initiative! C’est honorable pour quelqu’un
qui n’a aucun intérêt dans ce processus… La
terre de nos aïeux a encore de dignes fils!». «Je
ne me voyais plus aller voter quand l’opposition ne s’entendait
pas sur un nom. Maintenant avec ce compromis, je reprends goût
au vote et à la vie. Il y a de quoi que le peuple espère
le 04 mars. Avec cet accord, c’est Faure Gnassingbé et
les siens qui doivent actuellement faire dans leur froc», se
réjouit une compatriote. Partout dans la rue, le sujet
de cet accord est au centre des conversions.
Agboyibo, la déception
La fumée aurait été blanche, et non blanchâtre,
si tous les candidats présents à la rencontre avaient
avalisé ce choix. Même s’ils sont deux
(02) à faire fausse route, c’est surtout le cas
du leader du CAR qui écœure. Raison pour laquelle
la déception est à la hauteur de l’euphorie
suscitée par la survenue de cet accord sur le choix de
Jean-Pierre Fabre. «Moi depuis l’ouverture des
négociations sur cette histoire de candidature unique,
je savais que Me Yawovi Agboyibo ne joue pas franc jeu.
J’ai pu l’observer durant tout le processus démocratique
et je me suis rendu compte que c’est un fourbe. Ça
ne n’étonne pas qu’il rejette l’accord»,
témoigne un confrère. «Pendant longtemps,
j’ai pensé que le véritable frein à cette
candidature unique, c’était Gilchrist Olympio avec
son ego démesuré. Mais c’est plutôt
le leader du CAR... C’est dommage qu’aujourd’hui
Agbéyomé Kodjo ait plus de côte au sein de
la population malgré son passé qu’Agboyibo», ajoute
un autre concitoyen. «… Avec cette sortie du
leader du CAR, je suis désormais convaincu qu’il
y a un deal entre lui et le pouvoir», croit dur comme
fer un autre.
Le bon sens ne peut qu’être étonné par
cette position de Me Yawovi Agboyibo, vu qu’il a toujours
clamé la candidature unique de l’opposition pour
venir à bout du régime RPT. Son parti est d’ailleurs
avec l’UFC co-initiateur des discussions sur cette quête.
Le leader du CAR a toujours peint son alter ego de l’UFC
comme le frein à cette union, et il faut avouer que l’«opposant
historique» prête beaucoup le flanc, de
par ses écarts de langage qui sont des marques de condescendance. Mais
aujourd’hui c’est Agboyibo lui-même qui s’est
dénudé, montrant à la face du monde sa réelle
nature: fourberie, duplicité.
On se rappelle que lors d’un point de presse en guise
de réaction à la sortie maladroite de Gilchrist
Olympio sur les ondes de RFI le 15 octobre 2009, le CAR a décidé de
ne plus soutenir le leader de l’UFC comme ce candidat
unique sous prétexte qu’il n’est pas rassembleur.
Cela sous entendait que le CAR reconsidérerait sa
position si la donne venait à changer. La nature a tranché et
mis hors course le «problème», qui
a été remplacé au pied levé par son
Secrétaire général Jean-Pierre Fabre. Me
Yawovi Agboyibo devrait honorer sa parole et soutenir simplement
ce candidat unique de fait. Mais il a mis en branle un plan obscur
pour s’imposer, compromettant sérieusement cette
quête de candidat unique. C’est peut-être
la providence qui a inspiré François Boko à organiser
cette rencontre à Paris. Pour l’intérêt
du peuple Yawovi Agboyibo devrait renoncer à sa voie suicidaire.
Deux (02) candidats déclarés ont osé franchir
le pas et sont prêts à s’éclipser au
profit du candidat du parti le plus populaire de l’opposition,
sinon du Togo. Yawovi Agboyibo devrait suivre leur pas et ainsi
rentrer dans l’Histoire, mais il n’a pas suivi la
voie de la raison. Par cet épisode de Paris, le Bélier
Noir convainc l’opinion qu’il a une feuille
de route secrète: entraver la candidature unique de l’opposition
tant redoutée par le pouvoir, et ainsi favoriser la multiplicité des
candidatures de l’opposition qui arrange le régime
Faure et créer ainsi une dispersion des voix.
La déception est grande au sein de la population, devant
ce nième tour de fourberie de Me Yawovi Agboyibo.
Tout compte fait il n’est pas trop tard pour le leader
du CAR pour faire mieux pour rejoindre le Front Républicain
pour le Changement.
Tino Kossi, Liberté N° 660 |
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