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Processus électoral: RPT hier, RPT aujourd’hui:
Faure Gnassingbé face à des élections
dans lesquelles il part plus perdant que gagnant
23 février 2010
Depuis l’année dernière, le bruit avait
couru que Faure s’apprêtait à voler de ses
propres ailes et envisageait de se débarrasser du parti
de son géniteur pour en créer le sien propre. A
l’époque, beaucoup de Togolais avaient pris la chose
pour une vilaine blague. Entre-temps, des associations dénommées «Majorité silencieuse»,
se sont constituées et qui roulent pour Faure Gnassingbé.
Peu avant 2010, les membres desdites associations s’étaient
retrouvés au stade omnisport de Lomé pour investir
celui-ci comme le candidat qu’ils soutiennent bec et ongle.
Il y a quelques semaines, le RPT tenait sa Convention nationale
et investissait Faure comme candidat du parti à la présidentielle
de 2010. On s’en souvient, le candidat naturel du RPT ne
s’était pas présenté à ce rendez-vous.
Il s’était fait représenter par le Ministre
Foli-Bazi Katari à l’ouverture comme à la
clôture. La déception fut grande dans le parti.
En dépit des efforts qu’on sentait au niveau du
SG du parti lors de la lecture du discours d’ouverture,
afin de ne pas laisser transparaître son malaise face à l’absence
du Président du parti, il y était à peine
parvenu. Bien de compatriotes le constateront. Quelques jours
auparavant, c’était une journée de réflexion
du Rassemblement du Peuple Togolais à laquelle avait personnellement
pris part le Président d’honneur du parti. Là encore, …
A cette occasion, celui-ci avait eu quelques «gentils» coups
de gueule à l’endroit du parti, révélateurs
de l’atmosphère morose qui prévaut au sein
du parti et que l’on s’efforce de masquer par des
artifices de tous genres, ignorant qu’on ne réussit
toujours pas si bien à dissimuler pas au regard un abcès
du front. Une telle journée de réflexion avait
semblé dissiper les malentendus et incompréhensions
qui s’étaient durablement installés au sein
du RPT.
On a l’impression aujourd’hui que, plus les années
passent, plus la barque du parti au pouvoir prend l’eau.
Lentement mais sûrement, depuis l’arrivée
au pouvoir du «fils de la Nation», le RPT
se désintègre. Les militants et membres du Comité central
en prennent-ils eux-mêmes conscience ou bien, s’agit-il
d’une scène qui se joue à leur détriment
et dont ils ne mesurent pas eux-mêmes les conséquences à court
ou moyen terme ? Jamais auparavant, du temps du Gal Eyadèma, à quelques
mois, semaines ou jours d’une élection, le RPT n’aura été confronté à un
pareil malaise.
Aujourd’hui, qu’on le veuille ou pas, Eyadèma
est mort et avec lui son Rassemblement du Peuple Togolais qui
n’aura eu de rassemblement que le nom. Faure Gnassingbé est-il
celui par qui cette mort survient, lentement mais sûrement pour
des raisons que l’on sait ? Le RPT se meurt-il, parce que
son «géniteur» n’est plus?
L’œil du maître engraisse le cheval, dit le
proverbe, ou bien le RPT est-il en train de passer de vie à trépas,
pour avoir atteint les quarante années maximales de vie
d’un parti politique qui n’a jamais appris à se
renouveler, à convertir les mauvaises habitudes en bonnes, à oser,
bref à faire une vraie mutation ? De toutes les manières,
la juste réponse doit se trouver dans l’une ou l’autre
de ces interrogations et nulle part ailleurs.
Du vivant d’Eyadèma, jamais autant le «visage
du RPT n’avait été jeté par terre».
Dès l’ouverture de la campagne pour la présidentielle
du 4 mars dont le coup d’envoi a été donné le
16 courant, le constat a été net et beaucoup
parlent de confirmation des soupçons décelés
dans les attitudes de Faure Gnassingbé par rapport au
parti de son père depuis au moins un an. En effet, sur
les murs et autres supports des affiches de campagne, on pouvait
voir l’effigie du candidat naturel du RPT sans le sigle
RPT ou Rassemblement du Peuple Togolais. On pouvait d’autre
part, voir soit l’effigie et le slogan de campagne et
ou sans le nom du candidat. On pouvait aussi voir l’effigie
avec le slogan plus un épi de maïs, le symbole
du parti. Un point un trait. Quel qu’en soit le cas,
tout sauf le sigle RPT.
Voilà que, malgré le maintien tout au moins du
symbole, la rumeur se confirme selon laquelle, Faure prend ses
distances par rapport au RPT. Cette attitude semble créer
un désordre jamais vu du temps du «Père
de la Nation», selon les informations en notre possession.
Comme il était de coutume à l’approche d’une élection
où des sociétés d’Etat et autres maisons
de la place se mobilisent pour les beaux yeux du «Guide éclairé et
Président fondateur», les responsables de ces
sociétés rivalisant de zèle, interviennent
dans le soutien à la campagne électorale du candidat
du Pouvoir par la commande de gadgets et autres supports de toutes
sortes au profit du Rassemblement du Peuple Togolais.
Aujourd’hui, le RPT est manifestement divisé en
deux groupes : d’un côté les pro-Faure et
de l’autre les anti-Faure. Pour la présidentielle
du 4 mars 2010, des sociétés auraient passé commande
de quelques matériels de campagne portant RPT et destinés à être
remis comme participation de ces sociétés à la
campagne du Président du parti. Ces matériels auraient été abandonnés
entre les mains des donateurs, les pro-Faure n’en voulant
pas.
De l’autre côté, les matériels portant
simplement la photo de Faure sans le sigle RPT ont été refusés
aussi par les anti-Faure qui, naturellement doivent battre campagne
pour le candidat de leur parti. A cela, il faut ajouter que,
toujours selon les informations que nous avons et que nous détenons
d’une haute autorité (ceux qu’on qualifie
de caciques du régime RPT), on leur aurait signifié,
qu’il n’y a pas de fonds à mettre à leur
disposition pour la campagne et qu’ils doivent se débrouiller
seuls. Et c’est ainsi que certains se sont convertis en «petits
mendiants» de gauche à droite.
D’après certains concitoyens, Faure Gnassingbé,
malgré son apparente sérénité, serait
dans de beaux draps, car comment peut-on oser scier la branche
sur laquelle on s’est assis? «En cinq ans de
pouvoir, Faure aura pris tout seul énormément de
risques, et moi, en tout cas, je n’aimerais pas me retrouver à sa
place», déclarait il y a quelques semaines
un compatriote qui, parlant de l’arrestation de son frère
Kpatcha, dit ne pas comprendre comment on peut être si
audacieux, alors qu’on a des élections capitales
devant soi, en se mettant une partie de ses militants à dos
de cette manière.
Déjà sur le starting-block, Faure part avec un
déficit naturel : seulement environ 10% du corps électoral
pour le RPT. Il faut y ajouter les aigris et fidèles de
Kpatcha Gnassingbé (civils comme hommes en uniforme),
A ceux-là, il faut ajouter ceux qu’il met volontairement
entre parenthèses et qui sont devenus des anti-Faure.
Il faut ensuite y ajouter tout ce monde qu’il a indisposés
en choisissant de tourner progressivement dos au parti. Sans
oublier ceux qui avaient joué le mauvais rôle en
lui favorisant il y a 5 ans, la venue au pouvoir, etc. Vivement
que l’Opposition à la fois si loin et si proche
du but, en tire le meilleur parti.
Alain SIMOUBA |
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