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Processus électoral: RPT hier, RPT aujourd’hui:

Faure Gnassingbé face à des élections dans lesquelles il part plus perdant que gagnant

23 février 2010

Faure Gnassingbé, candidat sortant à la présidentielle du 04 mars 2010 au TogoDepuis l’année dernière, le bruit avait couru que Faure s’apprêtait à voler de ses propres ailes et envisageait de se débarrasser du parti de son géniteur pour en créer le sien propre. A l’époque, beaucoup de Togolais avaient pris la chose pour une vilaine blague. Entre-temps, des associations dénommées «Majorité silencieuse», se sont constituées et qui roulent pour Faure Gnassingbé. Peu avant 2010, les membres desdites associations s’étaient retrouvés au stade omnisport de Lomé pour investir celui-ci comme le candidat qu’ils soutiennent bec et ongle.

Il y a quelques semaines, le RPT tenait sa Convention nationale et investissait Faure comme candidat du parti à la présidentielle de 2010. On s’en souvient, le candidat naturel du RPT ne s’était pas présenté à ce rendez-vous. Il s’était fait représenter par le Ministre Foli-Bazi Katari à l’ouverture comme à la clôture. La déception fut grande dans le parti. En dépit des efforts qu’on sentait au niveau du SG du parti lors de la lecture du discours d’ouverture, afin de ne pas laisser transparaître son malaise face à l’absence du Président du parti, il y était à peine parvenu. Bien de compatriotes le constateront. Quelques jours auparavant, c’était une journée de réflexion du Rassemblement du Peuple Togolais à laquelle avait personnellement pris part le Président d’honneur du parti. Là encore, …

A cette occasion, celui-ci avait eu quelques «gentils» coups de gueule à l’endroit du parti, révélateurs de l’atmosphère morose qui prévaut au sein du parti et que l’on s’efforce de masquer par des artifices de tous genres, ignorant qu’on ne réussit toujours pas si bien à dissimuler pas au regard un abcès du front. Une telle journée de réflexion avait semblé dissiper les malentendus et incompréhensions qui s’étaient durablement installés au sein du RPT.

On a l’impression aujourd’hui que, plus les années passent, plus la barque du parti au pouvoir prend l’eau. Lentement mais sûrement, depuis l’arrivée au pouvoir du «fils de la Nation», le RPT se désintègre. Les militants et membres du Comité central en prennent-ils eux-mêmes conscience ou bien, s’agit-il d’une scène qui se joue à leur détriment et dont ils ne mesurent pas eux-mêmes les conséquences à court ou moyen terme ? Jamais auparavant, du temps du Gal Eyadèma, à quelques mois, semaines ou jours d’une élection, le RPT n’aura été confronté à un pareil malaise.

Aujourd’hui, qu’on le veuille ou pas, Eyadèma est mort et avec lui son Rassemblement du Peuple Togolais qui n’aura eu de rassemblement que le nom. Faure Gnassingbé est-il celui par qui cette mort survient, lentement mais sûrement  pour des raisons que l’on sait ? Le RPT se meurt-il, parce que son «géniteur» n’est plus? L’œil du maître engraisse le cheval, dit le proverbe, ou bien le RPT est-il en train de passer de vie à trépas, pour avoir atteint les quarante années maximales de vie d’un parti politique qui n’a jamais appris à se renouveler, à convertir les mauvaises habitudes en bonnes, à oser, bref à faire une vraie mutation ? De toutes les manières, la juste réponse doit se trouver dans l’une ou l’autre de ces interrogations et nulle part ailleurs.

Du vivant d’Eyadèma, jamais autant le «visage du RPT n’avait été jeté par terre». Dès l’ouverture de la campagne pour la présidentielle du 4 mars dont le coup d’envoi a été donné le 16 courant, le constat a été net et beaucoup parlent de confirmation des soupçons décelés dans les attitudes de Faure Gnassingbé par rapport au parti de son père depuis au moins un an. En effet, sur les murs et autres supports des affiches de campagne, on pouvait voir l’effigie du candidat naturel du RPT sans le sigle RPT ou Rassemblement du Peuple Togolais. On pouvait d’autre part, voir soit l’effigie et le slogan de campagne et ou sans le nom du candidat. On pouvait aussi voir l’effigie avec le slogan plus un épi de maïs, le symbole du parti. Un point un trait. Quel qu’en soit le cas, tout sauf le sigle RPT.

Voilà que, malgré le maintien tout au moins du symbole, la rumeur se confirme selon laquelle, Faure prend ses distances par rapport au RPT. Cette attitude semble créer un désordre jamais vu du temps du «Père de la Nation», selon les informations en notre possession. Comme il était de coutume à l’approche d’une élection où des sociétés d’Etat et autres maisons de la place se mobilisent pour les beaux yeux du «Guide éclairé et Président fondateur», les responsables de ces sociétés rivalisant de zèle, interviennent dans le soutien à la campagne électorale du candidat du Pouvoir par la commande de gadgets et autres supports de toutes sortes au profit du Rassemblement du Peuple Togolais.

Aujourd’hui, le RPT est manifestement divisé en deux groupes : d’un côté les pro-Faure et de l’autre les anti-Faure. Pour la présidentielle du 4 mars 2010, des sociétés auraient passé commande de quelques matériels de campagne portant RPT et destinés à être remis comme participation de ces sociétés à la campagne du Président du parti. Ces matériels auraient été abandonnés entre les mains des donateurs, les pro-Faure n’en voulant pas.

De l’autre côté, les matériels portant simplement la photo de Faure sans le sigle RPT ont été refusés aussi par les anti-Faure qui, naturellement doivent battre campagne pour le candidat de leur parti. A cela, il faut ajouter que, toujours selon les informations que nous avons et que nous détenons d’une haute autorité (ceux qu’on qualifie de caciques du régime RPT), on leur aurait signifié, qu’il n’y a pas de fonds à mettre à leur disposition pour la campagne et qu’ils doivent se débrouiller seuls. Et c’est ainsi que certains se sont convertis en «petits mendiants» de gauche à droite.

D’après certains concitoyens, Faure Gnassingbé, malgré son apparente sérénité, serait dans de beaux draps, car comment peut-on oser scier la branche sur laquelle on s’est assis? «En cinq ans de pouvoir, Faure aura pris tout seul énormément de risques, et moi, en tout cas, je n’aimerais pas me retrouver à sa place», déclarait il y a quelques semaines un compatriote qui, parlant de l’arrestation de son frère Kpatcha, dit ne pas comprendre comment on peut être si audacieux, alors qu’on a des élections capitales devant soi, en se mettant une partie de ses militants à dos de cette manière.

Déjà sur le starting-block, Faure part avec un déficit naturel : seulement environ 10% du corps électoral pour le RPT. Il faut y ajouter les aigris et fidèles de Kpatcha Gnassingbé (civils comme hommes en uniforme), A ceux-là, il faut ajouter ceux qu’il met volontairement entre parenthèses et qui sont devenus des anti-Faure. Il faut ensuite y ajouter tout ce monde qu’il a indisposés en choisissant de tourner progressivement dos au parti. Sans oublier ceux qui avaient joué le mauvais rôle en lui favorisant il y a 5 ans, la venue au pouvoir, etc. Vivement que l’Opposition à la fois si loin et si proche du but, en tire le meilleur parti.

Alain SIMOUBA

 

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