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Togo: Présidentielle
du 04 mars 2010:
Le 4 mars ou un plébiscite fracassant
pour le FRAC
24 février 2010
De la même manière que le 27 avril 1958 a été un
plébiscite pour le mouvement nationaliste, de même
le 4 mars 2010 les Togolais mettront massivement un terme à la
dictature dynastique vieille de plus de quarante ans.
L’alternative de cette élection est claire et simple.
Faut-il continuer avec un système voyou et mafieux qui
a fini par incorporer, insidieusement, trois individus-piliers
tels que Yawovi Agboyibor, Léopold Gnininvi et le «dauphin» illuminé d’Eyadèma,
Agbéyomé Kodjo? Ou alors faire le choix de l’alternance
et du changement, incarné par le FRAC (Front républicain
pour l’alternance et le changement)? Dans sa composition
sociologique, voire ontologique, ce front traduit «le
plus ardent désir» de tous les Togolais de
conjuguer leur force pour bâtir un Togo moderne, juste
et fraternel.
La victoire du FRAC est inéluctable sur le système
RPT que les barons eux-mêmes qualifient de «vomi»,
de «corrompu» et de «bandit».
On se pose alors la question de savoir pourquoi c’est en
ce moment stratégique précis que Agboyibor, Gnininvi
et Agbéyomé choisissent de s’allier au clan
Gnassingbé?
Agboyibor, à force de confondre intelligence et ruse,
c'est-à-dire cogestion, retour de l’ascenseur et
fange, s’est pris dans les mailles de ses propres filets.
Après avoir vilipendé avec raison sur tous les
toits Gilchrist Olympio comme obstacle à la solution de
la crise togolaise, il en est réduit aujourd’hui à quémander
son soutien et à insinuer qu’il l’aurait même
obtenu. Au nom d’un «deal» inavouable,
Agboyibor serait prêt à reconnaître une victoire
frauduleuse de Faure qui ferait appel de nouveau à lui
pour des charges gouvernementales. Il a déjà perçu
une avance et espère le solde de tout compte au lendemain
du 4 mars. C’est à ce jeu obscur du Bélier-noir
que le patron du CAR Dodji Apévon doit mettre fin s’il
ne veut pas que les Togolais jettent son parti dans les oubliettes
de l’histoire.
Gnininvi non seulement continue à prendre son pied dans «la
chambre à coucher» de Faure, mais il y a fait
pénétrer aussi sa nymphe Brigitte Adjamagbo. Celle-ci
aurait pu rejoindre le FRAC si elle avait l’accord de son
mentor qui est, quant à lui, lié par le même «deal» qu’Agboyibor.
Mais la «revendeuse d’épreuves» préfère
attendre sagement son tour au pied des alcôves présidentielles,
fredonnant pour tromper son impatience des airs apaisant le maître
des lieux.
Agbéyomé, l’auteur du brulot «Il
est temps d’espérer» étonne
par son cheminement politique sinueux depuis 2002. Comme son
frère-ennemi Dahuku Péré, il avait toute
sa place au sein du FRAC. A la différence d’Agboyibor
et de Gnininvi, il n’aurait pas de «deal» avec
Faure mais avec Kpatcha le prisonnier politique du RPT. Son
instabilité psychologique serait-elle liée au
massacre de Fréau jardin dont la lumière n’est
jamais faite à ce jour, aux séquelles de son
séjour à la prison de Kara ou à la forte
emprise de son gourou de pasteur qui lui a fait croire à son
destin politique messianique pour le Togo?
Ce qui caractérise politiquement ces trois natifs du
Yoto, - qu’on peut désormais nommer le Trio ou les
Larrons de Yoto (qui mérite vraiment mieux!) - c’est
leur faible poids électoral aussi bien dans leur préfecture
d’origine que dans l’ensemble du pays. Leur mission
secrète et inavouée dans cette élection
est de permettre à Faure de justifier une victoire frauduleuse
en invoquant la dispersion des voix de l’opposition. En
réalité, les Togolais n’ont rien à craindre
d’eux en cas d’élection transparente, et la
sanction dans les urnes le soir du 4 mars sera proportionnelle à leur
collusion avec le RPT.
Comme son père, Faure ne peut gagner une élection
transparente au Togo. Sa base électorale réelle
ne dépasse pas les 10 % des voix que l’affaire Kpatcha
et les dissensions au sein du clan, de l’armée et
du RPT continuent d’éparpiller inexorablement. Malgré cela,
Faure compte passer en force en s’appuyant sur un noyau
dur des FAT formé de Titikpina, Laokpessi, Yark, Bali,
Kpelenga, - le redoutable Colonel Kadangah de la FIR jouant
un jeu obscur - ainsi que sur des éléments de la
CENI tels que Taffa Tabiou et ses thuriféraires. Leur
plan est de prendre tout le monde de vitesse en annonçant
le soir du 4 mars la victoire de Faure afin d’obliger dans
la confusion et la précipitation la Cour constitutionnelle à valider
la fraude électorale. Rappelons qu’au 2 février
dernier, la même Cour avait invalidé la candidature
de Kofi Yamgnane pour des raisons plus politiques que juridiques.
Mais cette imposture ne passera pas. En effet c’est Jacques
Chirac qui a mis en branle personnellement les réseaux
françafricains tels que Omar Bongo (doyen des chefs d’Etats
africains), Mamadou Tandja (CEDEAO), Olusegun Obasanjo (UA),
Abdou Diouf (OIF), Louis Michel (UE), etc. pour soutenir l’imposture
en avril 2005. Aujourd’hui ni la France sarkozyste, ni
l’Union européenne ne sont disposées à soutenir
ou à accompagner une présidentielle calamiteuse
au Togo.
Le FRAC est déterminé à défendre
sa victoire sur place et par tous les moyens. Il a le soutien
de la France et de la communauté internationale. Une
partie de l’armée silencieuse n’est pas prête à cautionner
de nouveau l’imposture. Cependant une vigilance accrue
s’impose dans les bureaux de vote aux scrutateurs. Le FRAC
doit exiger auprès de la CENI la publication dans la presse écrite
des schémas d’implantations des bureaux de vote
sur toute l’étendue du territoire, afin de connaître
leur nombre effectif et de permettre aux observateurs nationaux
et surtout internationaux qui ont financé le scrutin,
de même que les médias indépendants, de décider
librement le choix des bureaux de vote à superviser. Autant
le FRAC doit rester ferme en cas de vol de sa victoire, autant
il ne doit pas non plus tomber dans la griserie de la victoire
si celle-ci est acquise. On doit alors pouvoir faciliter à Faure
son départ vers le Burkina Faso où il pourra retrouver
son ami Dadis Camara, et aussi ses esprits pour se reconstruire
et aller de nouveau à la conquête du pouvoir si
tel est son destin.
Paris, le 23 février 2010
Waste Aregba, Bordeaux
Tido Brassier, Paris
Comi Toulabor, Bordeaux
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