Du rififi au Comité d'Action pour
le Renouveau (CAR):
Des cadres du parti réclament le ralliement
au FRAC
25 février 2010
L'Union des Forces de Changement (UFC) a traversé entre-temps
l'une des pires crises internes de son histoire. De l'eau a coulé sous
le pont avec le positionnement de Jean-Pierre Fabre, semant la
division au sein du parti. D'un côté, les partisans
du Secrétaire général, et de l'autre les
fidèles de Gilchrist Olympio. Il fallait aussi gérer
le cas Jean-Claude Homawoo. Le parti était donc au bord
du précipice. Mais la déclaration publique et le
soutien du Président national à Jean-Pierre Fabre
dimanche dernier a ramené un peu de calme. A côté il
y avait un parti frère qui semblait respirer la sérénité durant
tout ce temps, se plaisant même à rimer l'actualité au
sein de l'opposition: le Comité d'Action pour le Renouveau
(CAR). Mais ce n'est qu'apparence.
Me Agboyibo contesté
Il couverait un remue-ménage au sein du parti des «déshérités».
Selon les indiscrétions, tout serait parti de la rencontre
de Paris du 9 février à l'initiative de Me François
Boko en vue de dégager un candidat unique de l'opposition.
Nombre de militants auraient reproché au Bélier
noir sa sortie fracassante du jeudi 11 février au cours
de laquelle il fustigea l'initiative et traita l'ancien ministre
de l'Intérieur de tous les noms d'oiseau. On voit en cette
sortie un coup porté à la candidature unique de
l'opposition tant désirée par le peuple tout entier,
et certains cadres auraient à l'époque décidé de
claquer la porte; mais une fois encore la malice du Bélier
noir a eu raison d'eux. Les sources indiquent que les frondeurs
- dont le député Gbonê serait à leur tête - se sont ravisés
lorsqu'ils se sont entendu dire par Me Yawovi Agboyibo qu'il
aurait eu un entretien à Paris
avec Gilchrist Olympio en présence de Jean-Pierre Fabre
et que l’ «opposant historique» soutiendrait
sa candidature.
La recette n'aura marché qu'un temps, car avec la déclaration
publique et le soutien officiel de Gilchrist Olympio à Jean-Pierre
Fabre, les vieux démons réapparaissent. On se rend
compte que c'était un véritable mensonge servi
par le candidat du CAR et on se sent floué. Aujourd'hui
la «mutinerie» prend de l'ampleur
et les choix de Me Yawovi Agboyibo sont ouvertement contestés.
Les frondeurs ne se s’y retrouveraient plus. Il nous revient
que des voix s'élèveraient ouvertement pour exiger
le ralliement du CAR et son candidat au Front Républicain
pour l'Alternance et le Changement (FRAC) dont le candidat est
Jean-Pierre Fabre. Ici on se rend à l'évidence
que la démarche solitaire du «Bélier
noir» entraînera l'émiettement des voix
de l'opposition et fera les affaires du candidat du pouvoir RPT,
qui serait pourtant «vomi par le peuple»,
selon les propres aveux de Me Yawovi Agboyibo. Les frondeurs
craignent une sanction du peuple, la mort politique du parti
avec ce jeu malsain. La cohésion du parti risque d'être
sérieusement affectée car le candidat du CAR, dans
un entretien accordé à nos confrères de
Koaci.com rejette la possibilité de rallier le FRAC. «Je
ne peux pas accorder ma caution à celui qui est l'incarnation
de la politique spectacle», a-t-il déclaré.
Politique spectacle, dites-vous?
Le bon sens n'arrive plus à se retrouver dans les
prises de positions du leader du CAR, qui sont de plus en plus
contradictoires. Aujourd'hui Me Yawovi accuse Jean-Pierre
Fabre et indirectement l'UFC de faire la politique spectacle.
Mais il y a à peine une quinzaine de jours, il quémandait
le soutien du Président national de ce parti, qu'il avait
jugé pourtant non rassembleur. Lui il veut donc l'aval
d'un tel parti, mais ne veut pas lui concéder le sien.
A propos, que voudrait désigner Me Yawovi Agboyibo par
politique spectacle? S'il faut en juger par l'engouement lors
des rassemblements politiques du parti, l'adhésion populaire
aux idéaux, c'est bien une qualité. Cette politique
spectacle n'est pourtant pas aussi mal en soit! C'est
par cette politique spectacle que Nicolas Sarkozy a percé au
sein de l'Union pour la Majorité Présidentielle
(UMP) en France et arraché le pouvoir, c'est également
par la même méthode que Barack Obama a émergé aux
Etats unis d'Amérique. C'est assez donc pour prouver que
la méthode n'est pas aussi mal. La meilleure politique
pour mieux gérer le Togo, est-ce celle de la duplicité,
de la fourberie et de la mesquinerie?
Tino Kossi, collaborateur
Etiame.com à Lomé |