Togo: Observations des élections:
La Mission d’observation de
l’Union européenne dénonce des insuffisances lié
au scrutin présidentiel
08 mars 2010
Résumé
• Nombre
de préfectures: 35
• Nombre total de
bureaux de vote : 5 930
• Nombre de bureaux
visités par la mission : 657 sur 5 930
• Conclusion préliminaire
: en règle générale, le cadre juridique national offre
une base raisonnable pour la conduite d’élections démocratiques.
Néanmoins, deux révisions du code électoral n’ont
pas réuni le consensus, notamment la composition de la CENI.
• Elections réalisées
sans actes de violence notable, mais la campagne a été largement
dominée par la machine électorale de Faure Gnassingbé.
• L’échec
de la tentative de rassemblement de l’opposition autour de Jean-Pierre
Fabre a fragilisé la campagne des candidats de l’opposition.
• L’absence
de données démographiques fiables a rendu difficile la vérification
de l’âge et de la nationalité des personnes inscrites au
fichier électoral, ainsi que les données sur les personnes décédées.
• Les délais
trop courts n’ont pas permis une vérification entière du
fichier électoral.
• La pratique
légale du vote par procuration a été de nature à permettre
le vote multiple.
• Les difficultés
du dialogue au sein de la CENI a entraîné plusieurs retards dans
la gestion du calendrier électoral. Les membres de l’opposition
de la CENI ont suspendu leur participation à la CENI du 11 au 15 février.
• La gestion de
points importants de l’administration a été laissée à la
discrétion du seul président de la CENI.
• La mission de
l’UE demeurera active au Togo pour plusieurs semaines encore.
• La MOE UE souhaite
que son rapport contribue à faciliter le dialogue entre les forces politiques
qui est un préalable pour le développement global du Togo.
• Conduit «dans
des conditions acceptables par rapport aux standards internationaux en matière
de démocratie», ce processus a néanmoins fait l’objet
de nombreuses recommandations, qui dans la plupart des cas n’ont pas été suivies.
• Le gouvernement
a poursuivi le dialogue avec l’opposition sous les auspices du Facilitateur.
• Le Togo a ratifié les
principaux instruments juridiques internationaux et régionaux dont découlent
les normes internationales pour les élections.
• Le cadre juridique
de l’élection 2010 repose sur la constitution de 2012 révisée,
le code électoral modifié et une série de textes subséquents,
notamment la loi 91-04 portant charte des partis politiques, ainsi que l’ensemble
des directives et communiqués de la CENI.
• Le montant du
cautionnement à l’élection présidentielle est de
20 millions de francs CFA, soit 30 487 euros.
• Dans une communication
officielle du 30 octobre 2009, la CENI a annoncé sa décision
de ne pas procéder à une révision complète, mais à une
mise à jour du fichier électoral 2007.
• La révision
du fichier électoral a suscité de profonds désaccords
tant dans son organisation que dans son dans les résultats produits.
Le 25 janvier, six aspirants candidats et trois partis politiques ont signé une
déclaration commune demandant entre autres, la reprise des opérations
de révision des listes en vue de garantir un fichier électoral
fiable.
• Les données
brutes de la révision des listes ont révélé une
progression d’environ 320 000 nouveaux inscrits soit environ 10% du fichier électoral
? Ces nouveaux inscrits sont localisés pour 42% dans le nord, fief électoral
du RPT, tandis que les nouveaux inscrits dans le sud représentent presque
30% et 27% dans le centre. Ce contraste a alimenté le déficit
de confiance des partis politiques de l’opposition dans la confiance
de l’intégrité du processus de révision des listes électorales.
• En réponse
aux doutes, la CENI a procédé à une opération de
révision le 31 janvier dans 115 centres de révision sur 3 571.
• Les observateurs
ont rapporté des cas d’enregistrement de mineurs dans la région
de Kara et des Savanes, ainsi qu’un problème de no respect des
procédures d’identification des candidats à l’inscription
sur les listes par le recours important au témoignages des chefs traditionnels.
• Les interlocuteurs
de la MOE UE ont tous souligné le manque de sensibilisation de l’électorat sur
les lieux dates et modalités de la révision des listes.
• La gestion fortement
polarisée des affaires courantes de la CENI a donné lieu à une
paralysie systématique de la plénière, entraînant
plusieurs retards dans la gestion du calendrier électoral et a conduit à des
prises de décisions unilatérales et non transparentes par le
président de la CENI.
• Non prise en compte
de la demande de l’opposition de l’abrogation du vote anticipé des
forces de sécurité et les modalités de sécurisation
des bulletins de vote.
• Les membres de
11 CELI sur 35 se sont plaints d’un manque de collaboration et d’accès à l’information.
• Durant la phase
préparatoire plusieurs membres de la CENI ont regretté l’absence
de réactions de la CENI face à leurs requêtes.
• A quelques jours
des élections, les membres de la CENI n’ont pu s’entendre
sur un mode d’authentification consensuel des bulletins au moment du
vote.
• La formation des
membres des CELI a été réduite à la portion congrue
: & jour et 3 heures de formation.
• Le guide du membre
du bureau de vote n’a été imprimé qu’à 17
000 exemplaires au lieu de 35 560 nécessaires.
• La campagne déguisée,
puis la campagne officielle débutée le 16 février, ont été massivement
dominées par la machine électorale de Faure Gnassingbé,
qui disposait de moyens logistiques les plus importants. Il a été le
seul à mobiliser l’ensemble des moyens de communication politique
en période électorale et à mener une campagne de porte-à-porte.
• Dès la
précampagne, les observateurs de l’UE ont été témoins
de distribution de riz à des prix trois à quatre fois inférieurs
au prix du marché par les militants du RPT, riz connu sous le nom de « Riz
Faure », dans les préfectures de Kloto, Kpélé, Agou,
Danyi et dans les préfectures de Wawa, Akébou, Amou, Kozah et
Binah.
• Pendant la campagne
la Mission a observé une mobilisation des fonctionnaires dans le cadre
de la campagne de Faure dans le Golfe, le Toné, Tandjouaré et
Cinkassé, une utilisation de bâtiments publics dans le Wawa, Akébou,
Amou, l’attitude partisane de plusieurs préfets (région
maritime, Kara et Savanes).
• L’ancien
ministre de la justice Foli-Bazi proche de Faure a déclaré le
21 février que Faure resterait au pouvoir quels que soient les résultats
de l’élection.
• La TVT et Radio
Lomé ont consacré à la mouvance présidentielle
jusqu’à 96% de temps de parole.
• Le PNUD a coordonné plus
de 3 000 observateurs des ONG et le Haut commissariat des droits de l’Homme
plus de 5 000 observateurs de la société civile.
• Les équipes
de l’UE ont observé 50 bureaux.
• Autres observateurs
: La CEDEAO, l’UA, l’UEMOA et une mission d’information et
de contact de la Francophonie.
• Le vote par dérogation
a ouvert des possibilités de votes multiples, les noms des personnes
ayant voté n’ont pas été retranchés des listes électorales
de leurs bureaux de vote de rattachement.
• L’UE a noté que
dans plus d’un tiers de bureau, les traces d’encre indélébile
sur le doigt des votants n’ont pas été vérifiées.
• Sur les 50 bureaux
de vote observés la mission de l’UE a noté 4 132 votants
par dérogation et 628 procurations sur un total de 6 018 observés.
• La conduite des
opérations électorales ont été évaluées
négativement dans plus de 15% des bureaux observés. Les problèmes
ont été concentrés dans les régions des Savanes
et de la Kara où les procédures encadrant le vote par dérogation
et le vote par procuration n’ont pas été toujours respectées.
A titre d’exemple, dans le bureau 3-07-03-04-D, de la Kozah, la grande
majorité des électeurs ont voté par dérogation
et étaient porteurs d’une procuration. Plus inquiétant,
la majorité des procurations étaient incomplètes puisque
le nom du mandant et sa signature manquaient, de même que le numéro
du bureau de vote du mandant et du mandataire. Sur 322 votants, 245 étaient
porteurs de procuration.
• La qualité des
scellés n’était pas optimale.
• La mise en œuvre
de la directive de la CENI sur le recensement des résultats des votes
par les CELI a entraîné le recours à l’expertise,
la technologie et le matériel de deux sociétés privées.
Malheureusement, le président de la CENI n’a pas veillé à ce
que la technologie mise en œuvre soit expliquée. La note aux membres
de la CENI exposant les modalités du recensement général
des votes à la CENI n’a pas été discutée
en séance plénière et n’a été signée
par le président de la CENI que le 4 mars 2010 à 23 heures. Il
en été de même pour la directive détaillant la procédure
de transmission des données par connexion internet via satellite.
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