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Togo: Présidentielle: Harcèlement de l’opposition:

Présentés au Procureur, des militants de l'opposition sont accusés et déférés à la prison de... Kara

11 mars 2010

Fulbert Attisso, Coordinateur du MCACoco Guillaume, membre du MCA et de l'UFCUne dizaine de militants de l’opposition arrêtés à la veille et aux lendemains de l’élection présidentielle ont été présentés hier devant le procureur de la République qui a à son tour, a saisi le Doyen des Juges d’Instruction en vue de délivrer un mandat de dépôt contre eux pour «regroupement de malfaiteurs et tentative d’atteinte contre la sûreté de l’Etat».

Plusieurs militants de l’opposition ont été appréhendés par les forces de l’ordre avant et après la tenue de l’élection présidentielle du 04 mars. Le 03 mars en effet, les sieurs Kouma Jérôme, Glokpor Augustin et Benissan Jacob ont été interpellés par les agents du colonel Yark Damehane alors qu’ils étaient de retour d’Europe et se rendaient dans la préfecture de Vo. Ces derniers, selon les informations, ont été détenus pendant plusieurs jours à la gendarmerie de Lomé. Le 06 mars, au lendemain de l’élection, Adja Gérard et Atayi Emmanuel de l’Organisation pour bâtir dans l’union un Togo solidaire (OBUTS) ont eux aussi été arrêtés à Lomé au motif qu’ils étaient détenteurs de tracts appelant au soulèvement populaire. Ce même samedi 06, Messan Guillaume Coco et Attisso Fulbert, deux responsables du Mouvement citoyen pour l’alternance (MCA) et Avevi Prosper qui est le président fédéral de l’UFC d’Agou ont été tous arrêtés et détenus au secret pendant des jours.

Toutes ces personnes, nous apprend-on, ont été présentées hier au procureur de la République Robert Bakaï qui a immédiatement saisi le Doyen des Juges d’Instruction qui a, à son tour, délivré un mandat de dépôt contre eux. Les chefs d’accusation portés contre les militants de l’opposition arrêtés sont: «regroupement de malfaiteurs et tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat».

Ceux-ci, s’ils sont reconnus coupables des griefs qui sont portés contre eux seront passibles, d’après l’article 229 du Code Pénal, de peine capitale. Selon cet article, seront passibles de mort, toute personne qui, «dans le but de détruire ou de renverser les institutions du pays, aura excité les citoyens à s’armer contre l’autorité de l’Etat ou aura armé des mercenaires». Mais puisque la peine capitale est abolie au Togo depuis l’année dernière, les inculpés risquent donc la réclusion à perpétuité.

De sources concordantes, après avoir été présentés hier au procureur de la République, les inculpés auraient été directement conduits à la tristement célèbre prison civile de Kara pour y être détenus.

Nombre de citoyens interrogés estiment que ces actes posés par le gouvernement de Faure risquent de mettre sérieusement en mal la mission de réconciliation confiée à la Commission vérité, justice et réconciliation (CVJR) présidée par Mgr Nicodème Barigah. «Je crois que la réconciliation sera difficilement réalisable au Togo, déclare un habitant d’Atakpamé. Faure a intérêt à libérer les personnes arrêtées sinon les Togolais refuseront sa main tendue et la mission de Mgr Barigah ne pourra pas être possible».

Olivier Adja

 

 

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