Front Républicain pour l’Alternance et le Changement
(FRAC):
UFC – ADDI – ALLIANCE - SURSAUT-TOGO – PSR
Mémorandum sur
le scrutin du 04 mars 2010 et requête à la Cour Constitutionnelle
15 mars 2010
Les populations togolaises, qui se battent depuis plus de 40
ans pour l’exercice de leur droit légitime de se
choisir librement leurs dirigeants, traumatisées par les
violences qui ont suivi l’élection de 2005, ont
accepté la volonté manifestée par la communauté internationale
d’aider à organiser en 2010 une élection
présidentielle paisible, transparente et crédible.
Le gouvernement RPT qui par la voix de son président,
Faure Gnassingbé, s’est engagé à organiser
une élection présidentielle crédible et
sans violence en 2010, s’est opposé à toutes
les demandes des forces démocratiques, soutenues généralement
par les représentants de la communauté internationale
relatives à:
- un délai raisonnable nécessaire à une
bonne préparation de cette élection
- des conditions minimales de transparence et de crédibilité du
scrutin, notamment la traçabilité et l’authentification
des bulletins de vote;
- des procédures claires et fiables de collecte, de transmission,
de centralisation de validation et de publication des résultats.
Aujourd’hui, le constat est patent. Les nombreuses et
graves irrégularités observées tout au long
du processus, ajoutées aux exactions perpétrées
par le régime RPT, entachent lourdement la sincérité du
scrutin et enlèvent tout crédit aux résultats
proclamés par la CENI :
• une révision chaotique des listes électorales
et des fraudes massives au fichier électoral: gonflement
des listes électorales par inscription de mineurs et d’étrangers
dans les zones jugées favorables au RPT, minoration dans
les zones jugées favorables à l’opposition,
dissimulation par la CENI des données chiffrées
du corps électoral;
• des pratiques abusives et illicites en faveur du candidat du RPT pendant
la campagne électorale en violation des articles 90, 91 et 93 du code électoral
interdisant notamment les dons et libéralités destinés à influencer
le vote;
• une mobilisation générale de tous les préfets,
en violation des dispositions du PAPE (Projet d’Appui au Processus Electoral),
des responsables de l’administration publique et des sociétés
d’Etat en faveur du candidat du parti au pouvoir. Il est notoire qu’au
cours de la campagne électorale, les préfets ont été réquisitionnés
pour distribuer le ‘’riz Faure 2010’’, des sommes d’argent,
et pour acheter des cartes d’électeurs dans les zones favorables à l’opposition;
• le refus par la CENI de définir les modalités
d’authentification des bulletins de vote après avoir
accepté le principe de cette authentification et l’avoir
notifié à tous les candidats;
• violation par les CELI des procédures de centralisation
et d’affichage des résultats des bureaux de vote;
• violation par la CENI des procédures de transmission
par satellite VSAT adoptées dans le cadre du projet PAPE;
• violation par la CENI des procédures de recensement
général des votes qu’elle a adoptées
conformément à son règlement intérieur
et à l’article 11 du code électoral;
• publication par les CELI en direct sur les médias, des résultats
sans vérification ni validation préalable par la CENI.
La proclamation de ces résultats frauduleux a soulevé la
réprobation et l’indignation des populations spoliées
de leurs votes. Le FRAC a rejeté et dénoncé ces
résultats à travers des manifestations populaires
qui ont été sauvagement réprimées
par la Force de Sécurité de l’Election Présidentielle
(FOSEP), faisant une centaine de blessés dont plusieurs
graves :
• Le dimanche 07 mars 2010, les éléments
de la FOSEP ont chargé le sit-in de protestation du FRAC
en tirant à bout portant, des grenades lacrymogènes
sur les manifestants: plusieurs blessés dont des responsables
du FRAC;
• Le lundi 08 mars, dès le démarrage de la
marche de protestation du FRAC, la FOSEP a encore chargé à coups
de grenades lacrymogènes et de bombes assourdissantes
balancées sur les manifestants, dans la cour et aux abords
du siège de l’UFC ainsi que dans les maisons voisines:
plusieurs blessés dont des responsables du FRAC;
• Le mardi 09 mars, le lieu de rassemblement pour la marche du FRAC a été pris
d’assaut par les éléments de la FOSEP qui ont réprimé de
façon aveugle et sanglante la manifestation. De nombreuses arrestations
ont été opérées parmi des jeunes embarqués
vers des destinations inconnues. Dans le même temps, le siège
de l’UFC a été attaqué par une unité de la
FOSEP qui a procédé à un bouclage musclé de tout
le quartier. Grenades lacrymogènes, bombes assourdissantes, jets de
liquides corrosifs, bastonnades et rafles. Une véritable ‘’expédition
punitive’’ contre les militants et responsables de l’UFC
et du FRAC;
Le comble de l’absurde et de l’inacceptable est
atteint ce même mardi 09 mars 2010, lorsqu’un détachement
de la FOSEP puissamment armé, investit le centre de traitement
informatique des données électorales du FRAC, arrête
tout le personnel qui y travaille et emporte matériels,
procès-verbaux de bureaux de vote et autres documents.
Il est important de signaler que les populations togolaises,
dans leur grande majorité, sont acquises à l’alternance.
La mobilisation sans précédent de ces populations
pour l’alternance pendant la campagne électorale
conduite par le candidat des forces démocratiques en témoigne.
Le RPT en est conscient. Voilà pourquoi il s’emploie à empêcher
l’UFC et le FRAC de poursuivre l’examen des documents
qui établissent les fraudes massives du RPT et ceux qui
attestent de la victoire irréfutable du candidat Jean-Pierre
FABRE.
L’opération conduite par les éléments
de la FOSEP, en exécution des instructions du procureur
de la République, en violation de la loi, prive le candidat
de l’UFC de tout moyen de recours auprès de la Cour
Constitutionnelle.
Ce coup de force traduit la préoccupation permanente
du pouvoir RPT d’empêcher les forces démocratiques
de détenir les résultats réels des élections
afin de contester les résultats frauduleux. Il rappelle
l’attaque et la destruction du centre informatique de la
Coalition, lors de la présidentielle calamiteuse de 2005,
par des nervis du RPT armés et cagoulés. Il parachève
la démolition méthodique et systématique
des processus électoraux, que le régime RPT a entreprise
depuis les premières discussions politiques intertogolaises.
Il démontre :
1. que le candidat de l’UFC soutenu par le FRAC a bel
et bien remporté le scrutin du 04 mars 2010;
2. que l’instauration de l’Etat de droit est loin
d’être une préoccupation sous le régime
RPT, vu la facilité avec laquelle les actes arbitraires
sont opérés : arrestations, enlèvements,
saisies, répressions violentes de manifestations pacifiques.
3. que le régime RPT ne respecte ni les engagements pris
avec les bailleurs de fonds, ni les lois et règlements
qu’il a lui-même imposés unilatéralement.
Ce régime s’évertue à combattre toute
initiative et tout consensus visant à mettre fin à toute
dérive et à toute violation. Voilà pourquoi,
le RPT ne peut jamais organiser une élection transparente, équitable
et crédible;
4. que faute de prendre véritablement le contrôle
de l’organisation et de la supervision des élections
sous le régime RPT, la communauté internationale
investira en vain dans les processus électoraux au Togo
;
En raison de tout ce qui précède, l’UFC
et le FRAC exigent:
• la libération immédiate et sans condition
de tous les militants et sympathisants arbitrairement arrêtés
et détenus à la gendarmerie, dans les prisons et
tout autre lieu de détention.
• la cessation immédiate de toute poursuite, intimidation,
répression et harcèlement des populations sur toute
l’étendue du territoire.
• le remplacement de l’outil informatique saisi,
violé et dégradé par les forces de sécurité.
L’UFC et le FRAC appellent la communauté internationale à œuvrer
pour la reconnaissance de la victoire de Jean-Pierre Fabre au
scrutin présidentiel du 4 mars 2010.
Fait à Lomé, le 12 Mars 2010
Le Directeur National de Campagne
Patrick LAWSON
REQUETE A FIN DE CONSTAT
A
Monsieur le Président, Madame et Messieurs les juges
de la Cour Constitutionnelle
Lomé
Monsieur Jean-Pierre FABRE, candidat de l’Union des Forces
de Changement (UFC), soutenu par les partis l’Alliance
des Démocrates pour le Développement Intégral
(ADDI), ALLIANCE, le Pacte Socialiste pour le Renouveau (PSR),
et l’Association Sursaut-Togo, réunis en Front Républicain
pour l’Alternance et le Changement (FRAC) a l’honneur
de vous exposer:
Que la compilation des procès-verbaux de vote en sa possession
dans la soirée du 05 Mars 2010, lui donnait une avance
confortable sur les autres candidats, notamment, celui du RPT;
Qu’en effet, à cette date, les procès-verbaux
en sa possession, le plaçaient largement en tête,
dans la préfecture du Golfe, dans la Commune de Lomé,
qui comptent plus du quart du corps électoral; dans les
préfectures du ZIO, des Lacs, de l’Avé, de
Vo, d’Afagnan, de Kloto, et d’Akébou;
Qu’il a mis en place une commission installée dans
un local du Centre d’Etude Spirituel pour l’Apostolat
des Laïcs (CESAL), situé dans l’enceinte de
la paroisse des Martyrs de l’Ouganda à Lomé,
chargée de la collecte et de la compilation de tous les
résultats des procès-verbaux reçus par ses
délégués dans les bureaux de vote;
Que cette commission était chargée notamment,
de l’examen des irrégularités relevées
dans certains bureaux de vote, savoir, les votes irréguliers
par dérogation et par procuration, les votes multiples,
les votes massifs de mineurs, des documents électoraux
faisant état de nombre de votants plus élevé que
le nombre des inscrits, toutes irrégularités pouvant être établies
par procès-verbaux, à produire au soutien
du recours qu’il se préparait à introduire;
Qu’en violation de la loi électorale qui reconnaît à tout
candidat destinataire des procès-verbaux, le droit d’examiner
et de contester les résultats qu’il estime frauduleux,
le procureur de la République a fait investir, le mardi
09 Mars 2010, le centre de compilation, alors que courrait encore
le délai de recours, par un détachement de la gendarmerie
sous les ordres du capitaine AKAKPO qui a saisi tous les procès-verbaux,
sans inventaire préalable, les ordinateurs de traitement
des résultats et autres documents électoraux,
et procédé à l’interpellation des
responsables de l’UFC chargés de superviser les
traitements des résultats et les opérateurs de
saisies;
Que les personnes interpellées, n’ont été remises
en liberté que le jeudi 11 Mars 2010, après 18h30;
Que la gendarmerie a gardé le matériel ainsi que
les procès-verbaux et les documents saisis;
Qu’il lui a été rapporté que les
gendarmes ont obtenu sous la contrainte, la clé permettant
d’accéder aux données des ordinateurs saisis;
Que cette action en violation de la loi, conduite par la gendarmerie
sur les instructions du procureur de la République qui
en assume la responsabilité, le prive de son droit légitime
de recours devant la Cour Constitutionnelle;
Qu’il porte ces faits à la connaissance des membres
de la Haute Juridiction à toutes fins de droit.
Fait à Lomé, le 12 Mars 2010
Jean-Pierre FABRE
Candidat à l’élection présidentielle
du 04 Mars 2010 |