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Togo: Après la présidentielle du 04
mars 2010:
La victoire confisquée du FRAC
et les tergiversations de Monsieur Yamgnane
15 mars 2010
Dans sa déclaration n°1 du 6 mars, Kofi Yamgnane,
porte-parole du FRAC, annonçait que «Jean-Pierre
Fabre, président élu par le peuple souverain, nommera
le moment venu un Premier ministre, chargé d’entreprendre
des négociations et des consultations». Cette
démarche tire sa légitimité du suffrage
réel exprimé par le peuple togolais. A ce jour,
les Togolais sont toujours dans l’attente de la nomination
de ce Premier ministre et la formation du gouvernement. Il faut
savoir que le FRAC, par sa volonté de former un gouvernement de
résistance signe sa détermination à ne
pas se laisser voler la victoire une énième fois.
Cette situation contrarie dangereusement les plans du laboratoire
de Lomé II et provoque la panique : refus de manifestations,
arrestations arbitraires, confiscation et destruction du matériel
informatique de l’UFC, etc. Comme les Togolais, l’Union
européenne et surtout la France attendent la constitution
de ce gouvernement de résistance. Qu’est-ce qui
peut expliquer ce retard à l’allumage?
Lors de la rencontre de Paris en février dernier, - et
ceci n’est plus un secret -, Kofi Yamgnane était
la personne pressenti pour assumer la charge de Premier ministre.
Son expérience politique, son bagout et son entregent
justifiaient ce choix qui l’enthousiasmait de surcroît.
Il faut être clair et dire qu’il n’est plus
très chaud pour la primature FRAC, alors que beaucoup
de ses amis de sa famille politique en France et dans la diaspora
sont disposés à lui donner le coup de main si nécessaire. Sa
nomination à la primature donnerait un signal fort à la
population et un coup de fouet à la revendication de la
victoire.
Le pouvoir a vite senti cette menace et a entrepris de le travailler
au corps par séduction et par intimidation. Ainsi le pouvoir
est en train de «dealer» avec lui en lui
proposant de freiner tout élan revendicatif au sein du
FRAC contre de vaines promesses de le nommer comme Premier ministre,
assouvissant ainsi une ambition qu’il avait exprimée
lors des négociations de l’APG à Ouaga.
Kofi Yamgnane doit savoir qu’à chaque fois le pouvoir
RPT est acculé, il sait trouver au sein même de
l’opposition des ressources humaines pour se légitimer
et rebondir. Ainsi en a-t-il été par exemple de
Joseph Koffigoh, Eugène Adoboli, Edem Kodjo qui ont aujourd’hui
disparu du paysage politique. Tout récemment, Yawovi Agboyibor
(alias Bélier noir) est revenu de l’aventure abdominale
et primaturale laminé : sa toison noire virant au gris
blanc, couleur frelatée de Faure ; ses sabots d’un blanc
immaculé; la queue fièrement au vert, autre couleur
de Faure, invitant le bélier à brouter là où il
est attaché; les cornes décorées l’une
richement du sigle du RPT et l’autre pauvrement de celui
de son parti, le CAR ! Et le tout dissimulé derrière
des bêlements appelant au «conchenchus»,
au «retour de l’ascenseur» voire à la «méthode» laquelle
invite au final, avec la ruse qu’on lui connaît,
tout le monde à aller brouter à la mangeoire de
Faure. Il pourra rejoindre au zoo erpétiste son vieil
ami-ennemi, le vieux dromadaire fatigué, Gilchrist Olympio,
pas du tout mécontent de la confiscation de la victoire
de Jean-Pierre Fabre, le secrétaire général
de son parti, l’UFC, dont il n’a jamais voulu du
bien. Est-ce vraiment à ce jeu qui broie son joueur que
veut jouer Kofi Yamgnane, en acceptant d’aller à la
primature de Faure sans garde-fou aucun, en misant sa cartouche
personnelle et aussi celle du FRAC?
Lui qui connaît mal la classe politique togolaise et ses
fourberies et ses turpitudes, devrait être constamment
vigilant quant à ses amis et ses conseillers qui sont
pour certains en collusion avec le clan Gnassingbé et
qui cherchent à le détourner du FRAC.
Aujourd’hui, Jean-Pierre Fabre doit rendre officiellement
la nomination de Kofi Yamgnane au poste de Premier ministre afin
de couper court aux supputations et aux rumeurs en circulation,
quitte à celui-ci de l’accepter ou de la refuser,
ce qui permettra de clarifier l’atmosphère interne
au FRAC, avec le peuple convoqué en témoin cardinal.
Quant au FRAC, il incarne les aspirations profondes du peuple.
On souhaite qu’il garde son unité et continue à travailler
dans la solidarité et dans la détermination quelles
que soient les sirènes du clan et du large.
Paris, le 14 mars 2010
Waste Aregba (Bordeaux)
Tido Brassier (Paris)
Comi Toulabor (Bordeaux)
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