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Togo: Achat de conscience et aberrations
en tous genres:
2000 FCFA (3€) distribués
pour contrer la manifestation de l’opposition
16 mars 2010
Pour contrer la manifestation de l’opposition, le parti
au pouvoir n’est pas allé de mains mortes. Il a
décidé à la dernière minute d’organiser
une marche à travers les rues de Lomé. Pour pouvoir
mobiliser du monde, 2000 FCFA (3 euros) a été promis à tous
ceux qui se rendront à la marche du RPT. 2000 F, voilà ce
que coûte un Togolais. C’est à ce prix bon
marché que le parti qui régente le pays depuis
43 ans et qui vient de s’offrir un mandat de 5 années
supplémentaires contre la volonté du peuple, marchande
ses citoyens.
Réduits à la mendicité, à la clochardisation
et à la crétinisation à outrance depuis
plus de quatre décennies, les Togolais chômeurs
et autres «doveas» (les paresseux) n’ont
plus d’autre choix que d’aller arpenter, sous la
canicule, les rues défoncées de Lomé pour
avoir 2000 F. Mais tous n’auront pas cette chance. Certains
rentreront bredouilles sans un centime, ceux qui ont la baraka
s’en sortiront avec 1000 F, d’autres encore avec
500 F. Parce que quand le pactole tombe, l’argent du pauvre
contribuable sur lequel une poignée de Togolais entièrement à part
croient disposer du droit de propriété et qu’ils
distribuent à la volée, les responsables et autres
organisateurs par ordre hiérarchique s’en servent
d’abord et jusqu’à ce que cela n’arrive
dans la masse va-nu-pieds, il ne reste pratiquement plus rien
dans la cagnotte. Les plus chanceux qui repartent avec 1000 F
ou 500 F se ruent dans les «Tchakpalodromes» pour
s’offrir quelques calebasses de Tchouk, la boisson locale
accompagnée de la viande de chien. Pendant ce temps, les «grands-grands»,
heureux d’avoir réussi leur coup, sablent du champagne
devant des plats garnis de caviars et de côtelettes de
porcs farcis au beurre de Mongolie.
Gaspillage au sommet
De sources proches des organisateurs, les populations affamées
qui se sont rendues à la marche du pouvoir seraient estimées à 15
mille; d’autres parlent de 25 mille, d’autres encore
de 30 mille. Dans le même temps, l’une des associations
de soutien à Faure Gnassingbé, la «majorité affamée»,
plutôt silencieuse rassemblait de jeunes clochards à la
place Bonké pour, dit-on, fêter la «victoire» de
leur mentor. Là le nombre des fêtards est évalué à près
de 10 mille, ce qui fait plus de 35 mille personnes pour les
deux manifestations. Si chaque manifestant devait gagner 2000
FCFA à eux promis, cela fait 70 millions de Fcfa prélevés
sur les maigres ressources de l’Etat et jetés par
la fenêtre.
Il se susurre que le «candidat indépendant
du RPT» aurait dépensé plusieurs
milliards de Fcfa, 14 en tout, pour sa campagne alors
que le Code électoral a fixé le plafond des dépenses à 50
millions. Pis encore, les gouvernants se livrent avec frénésie à une
course au trésor, certains se permettant de climatiser
leur parc auto, d’autres d’asphalter les voies
qui mènent chez leurs maîtresses. C’est
de cette manière, avec le gaspillage des deniers publics
que l’oligarchie au pouvoir entend sortir les populations
de la misère endémique dans laquelle elles ont été propulsées.
Les problèmes que rencontrent la nation et les Togolais
sont relégués aux oubliettes et le peuple assiste
résigné à la vadrouille et au pillage
dans le cénacle du jeune président.
Les «marcheurs alimentaires» étaient
encore au rendez-vous
Le Front Républicain pour l’Alternance et le Changement
(FRAC) et l’Union des Forces de Changement (UFC) ont déversé samedi
dernier des milliers et des milliers de militants dans les rues
de Lomé. Comme d’habitude depuis quelques temps,
le RPT a organisé une contre marche pour faire plaisir
au «Fils de la nation». Il fallait démontrer
aussi à la Communauté internationale que le candidat «indépendant» du
RPT a derrière lui du monde.
Les responsables «RePTiles» n’ont
pas lésiné sur les moyens. Ils se sont efforcés
de drainer des foules. On a encore pratiqué la politique
d’import-export. Les militants étaient donc nombreux à être
convoyés. Pour gonfler le nombre des manifestants, selon
les informations, une note circulaire aurait également
intimé l’ordre aux fonctionnaires de marcher à côté des «Maïs» pour
la gloire du Fils du Père. En voyant les fêtards
de la «victoire» du «p’ti» marcher,
on dirait qu’ils allaient aux funérailles des victimes
de Jos au Nigéria. Sur les visages des responsables jusqu’aux
marcheurs alimentaires, se lisait une tristesse «fauretement» cachée.
Les propos tenus manquaient d’enthousiasme. Leur conscience
les trahissait, comme dirait un observateur.
Comme à la fin de toutes les manifs organisées
par le pouvoir, les supporteurs d’occasion du «p’ti» se
sont mis à réclamer leurs rémunérations.
Certains étaient partis avec 1000 à 2000F CFA.
Mais d’autres n’ont eu que du pain et des sardines
pour tromper la faim. Au retour dans leurs banlieues, beaucoup
se sont plaints d’avoir perdu toute une journée
pour une modique somme. A la place Bonké où se
tenait le meeting de la «Majorité affamée»,
pardon, silencieuse qui prétend soutenir «Faure-vi»,
la distribution des sous alloués à cette manif
s’est terminée en queue de poisson. Triste
spectacle pour la terre de nos aïeux!
R.K - D.L |
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