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Progressivement la peur s’empare du pouvoir:

Le Col Titikpina chercherait-il le moyen d’interdire la mobilisation du FRAC?

23 mars 2010

Atcha Titikpina, Ministre de la sécurité menacerait-il les leaders du FRAC?Après la gigantesque marche du samedi 20 mars dernier, le même jour, le ministre de la sécurité et de la protection civile a fait un communiqué dans lequel il accuse les différents orateurs qui se sont succédé à la tribune d’avoir incité la population à la violence et aux actes de vandalisme en dépit, dit-il, du climat totalement apaisé et de la haute observation nationale et étrangère qui ont caractérisé le processus électoral.

Le ministre a dit se réjouir du retrait dans le grand calme, de la foule, à l’issue du meeting, signe tangible de sa désapprobation «au mot d’ordre» lancé et de son entière adhésion au climat de paix et de sécurité, cher à tous les Togolais, poursuit-il. Le ministre a mis fin à son communiqué en mettant en garde les auteurs de «cette incitation» qui dorénavant s’exposent à la rigueur de la loi.

Il suffit de demander à ceux qui ont suivi les différentes interventions faites par les leaders de l’Opposition, pour se demander au juste d’où le Col Atcha Titikpina sort les propos qu’il a attribués aux leaders. Tous sont unanimes à reconnaître qu’aucun des intervenants n’avait eu à appeler la population à la violence et aux actes de vandalisme. Le Ministre était-il venu personnellement mais caché quelque part pour ne pas être vu? Dans ce cas, s’il a personnellement suivi les interventions, alors, soit il n’a pas bien entendu, parce qu’il était un peu trop loin, ou alors il n’a pas bien compris ce qui a été dit.

Le Colonel aurait-il eu le rapport d’une tierce personne, alors cette personne ne lui a pas fait du bien en lui rapportant des faussetés. Et voilà que c’est sur la base de ce mauvais rapport, qu’il sort un communiqué dans lequel personne au niveau du FRAC ne se reconnaît et que les leaders seraient bien inspirés de qualifier de tissu de mensonge de la part d’une autorité de l’Etat. C’est bien dommage! Après avoir interrogé quelques collègues et connaissances qui tout comme nous, s’étaient rendus à la manifestation, nous pouvons dire que c’est Patrick Lawson dont les propos se sont rapportés à la violence mais, tenez-vous bien, jamais dans le sens où le voulait le tout-puissant Titikpina.

M. Patrick Lawson, premier Vice-Président de l’UFC, prenant la parole après avoir demandé d’observer une minute de silence en l’honneur du plus jeune Député de l’Assemblée nationale, membre de l’UFC que l’on enterrait le même jour dans son village natal, avait essayé de faire décolérer la foule qui avait mal pris les propos du précédent intervenant. Ce malentendu levé et acclamé, Patrick Lawson s’est adressé à la foule en liesse en ces termes: «Avons-nous, depuis le début des manifestations, déterré un poteau électrique? Avons-nous brûlé quelque chose? Avons-nous tapé quelqu’un?» A chacune de ces questions, la foule massivement répondait par un vivant «non!» à chaque fois. Alors l’intervenant répliqua à la foule: «Les fils d’Ablodé ne font pas de violence».

Ce sont ces propos curieusement non violents que notre ministre de la sécurité qualifie d’appel de la population à la violence et au vandalisme. Sacré Togo! Quand une autorité administrative ou politique qui a la mission de conduire ses administrés dans la bonne voie, pour en faire de bons citoyens, se permet elle-même de travestir les faits, reconnaissons que c’est très dangereux et que la Nation est en péril. Il suffit qu’une telle autorité donne l’ordre à ces policiers et gendarmes qu’elle a sous ses ordres et auxquels elle est censée indiquer la meilleure conduite à tenir vis-à-vis de leurs concitoyens, que les victimes sont foutues. Tous les mensonges jamais sortis de la bouche d’une tierce personne, on n’hésitera pas à l’en charger. Eh oui, leur patron le leur aura ainsi appris. Ainsi des innocents seront jetés arbitrairement derrière les grilles d’un commissariat ou d’une gendarmerie.

Pour tout dire, après le vol des suffrages offerts massivement par les populations au profit du FRAC, après deux gigantesques marches de protestation autour des leaders Fabre, Péré, Guogué, Kodjo, Abi, Yamgnane, Djobo et autres, et vu l’immense foule qui se mobilise au fil des semaines, ce qui est susceptible de démontrer au monde que réellement, le vrai vainqueur se trouve du côté de l’opposition et non du pouvoir, Faure et les siens prennent peur. Par ce communiqué qui n’est rien d’autre qu’une contre-vérité et loin, bien loin de la vérité, communiqué qui ne fait que prêter des intentions au FRAC, le ministre Atcha Titikpina chercherait sans nul doute, le moyen par lequel faire une bonne «sécurisation de la sécurité» de la «victoire» de Faure.

Alain SIMOUBA

Déclaration du FRAC suite au communiqué de Atcha Titikpina

Front Républicain pour l’Alternance et le Changement (FRAC)

Déclaration

Le samedi 20 Mars 2010, dans un communiqué relatif à la marche organisée ce même samedi par le Front Républicain pour l’Alternance et le Changement (FRAC) et lu dans le journal de 20h de TVT, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le Colonel Atcha Titikpina a déclaré que les responsables du FRAC incitent «la population à la violence et aux actes de vandalisme» et qu’ «il met en garde les auteurs de cette incitation qui dorénavant s’exposent à la rigueur de la loi.»

Ces propos appellent de la part du FRAC les observations suivantes :Tout en appelant les populations à la résistance à travers des manifestations pacifiques sur toute l’étendue du territoire national, les leaders du FRAC font toujours montre de responsabilité, de courage, d’abnégation et de détermination. Leurs interventions exhortent constamment à la non-violence, à la dignité et au respect du bien public. En témoigne cette déclaration de Patrick Lawson au meeting du 20 Mars 2010: «dites à nos jeunes, dites à nos femmes, qu’aucun pavé ne sera lancé, qu’aucun feu ne sera allumé»

Le ministre de la Sécurité et de la Protection civile est pris ici en flagrant délit de mensonge grotesque et de manipulation piteuse de l’opinion nationale et internationale. Il doit remettre immédiatement sa démission.

Le régime RPT, aux abois face à la mobilisation générale des Togolais contre ce énième hold-up électoral, veut, comme à l’accoutumée, mettre en œuvre sa stratégie de la terreur en infiltrant les manifestations du FRAC par des casseurs et justifier ainsi les arrestations arbitraires et les exactions contre les populations aux mains nues.
Le FRAC dénonce et condamne fermement ces menaces ainsi que ces manœuvres d’intimidation et de harcèlement dont le seul objectif est de casser la dynamique du mouvement national de protestation afin de maintenir les populations togolaises dans la peur. Le FRAC met au défi le ministre de la Sécurité d’apporter les preuves de ses allégations.

Le FRAC et le Président élu Jean-Pierre Fabre appellent les populations togolaises à redoubler de vigilance et à rester massivement mobilisées jusqu’à la victoire finale.

Fait à Lomé, le 22 Mars 2010
Pour le FRAC,
Le Vice Président de l’UFC
Patrick LAWSON

 

 

 

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