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Célébration de la Journée mondiale de l’eau:

L’eau potable, une denrée de plus en plus rare au Togo

23 mars 2010

L'eau potable est une denrée très rare pour de nombreuses personnes vivant en AfriqueSi l'eau est très présente sur la terre, 97 % de cette eau est salée et 2 % est bloquée sous forme de glace. Il ne reste qu’environ 1% d'eau douce sous forme liquide utilisée par les habitants de la terre. Environ 1,5 milliard de personnes ne sont pas raccordées à un réseau d’eau courante sur la planète. Plus de 60% de ces personnes se retrouvent malheureusement sur le continent africain qui, paradoxalement, cumule le pourcentage de réserve en eau douce le plus élevé au monde.

Pour trouver une solution à ce problème, l’Assemblée générale des Nations Unies a déclaré le 22 mars de chaque année «Journée mondiale de l’eau» à travers une résolution prise en décembre 1992 conformément aux recommandations de la Conférence des Nations Unies sur l'Environnement et le Développement (CNUED). Cette résolution invitait chaque Etat-membre de l’ONU à consacrer cette journée du 22 mars aux problèmes que pose à leur pays l’accès à l’eau potable et à rechercher des solutions adéquates afin de permettre à chaque citoyen du monde, un accès à l’eau potable.

Mais en matière d’accès à une eau potable et en quantité suffisante, il existe des disparités très marquées entre les pays du nord et ceux du sud. Dans les pays riches par exemple, les consommations domestiques sont largement supérieures à celles des pays en développement qui peinent à satisfaire les besoins en eau de leurs populations. Un Américain consomme environ deux mille mètres cube (2000 m3) d'eau par an, alors qu'un Africain ne consomme que cent vingt mètres cube (120 m3) en moyenne et un Haïtien sept mètres cube (7 m3) par an.

Le problème de l'accès à l'eau est au cœur de la plupart des problèmes de santé publique que connaissent les pays en développement, en l’occurrence leTogo. Ainsi profitant de cette journée, le ministre d’Etat, ministre de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hydraulique villageoise, le général Zakari Nandja, a adressé hier 22 mars 2010, un message à la nation togolaise au cours d’une cérémonie solennelle organisée à Lomé. «Notre pays le Togo connaît une situation difficile de l’accès à l’eau potable», a-t-il déclaré. Selon le ministre, le Togo bénéficie de plus de soixante-dix milliards de m3 d’eau par an, et peut compter sur dix autres milliards de m3 d’eaux souterraines. Le défi à relever reste donc l’amélioration de «la qualité» de cette eau. «Nous savons tous que l’eau ne répond aux besoins de la survie humaine que si elle est propre à la consommation», a-t-il précisé.

Selon les statistiques, plus de 60 % des populations togolaises vivant en zones urbaines n’ont pas accès à l’eau potable, ce chiffre qui grimpe à 70 % lorsqu’on se trouve en milieu rural ou semi-urbain. Dans l’extrême nord du Togo par exemple - la région des Savanes-, l’accès à l’eau potable est de plus en plus difficile. Les populations pour trouver de l’eau sont obligées de parcourir des kilomètres pour aller chercher de l’eau impropre à la consommation.

«Nous souffrons du manque d’eau dans notre localité», confie un habitant de Nano, un village situé au fin fond de la région des Savanes à 600 km au nord de Lomé. «Nous avons du mal à nous approvisionner en eau de qualité, poursuit-il, les petits enfants sont ainsi contraints de consommer de l’eau des nappes et des rivières qui se trouvent à des kilomètres de notre village».

La partie sud du Togo n’est pas non plus à l’abri de ce problème de manque d’eau. Depuis quelques mois, une grave pénurie d’eau frappe la ville de Tsévié, le chef-lieu de la région maritime. Bassine ou bidon d’eau sur la tête, des femmes et des enfants parcourent plusieurs kilomètres en vue d’aller chercher quelques gouttes d’eau saumâtre. Pénibles journées pour les femmes et les enfants qui doivent s’acquitter de cette corvée à longueur de journée. Quelques hommes conscients de ce drame empilent sur leur bicyclette des bidons pour aller chercher de l’eau dans les roseaux avec tout ce qu’elle peut renfermer commemaladies hydriques. Telle est la triste situation que vivent depuis quelques semaines les populations de Tsévié, localité située à environ 35 km au nord de Lomé. «Nous ne trouvons pas d’eau ni pour le linge ni pour boire, témoigne Atsupé avec son nourrisson sur le dos. Même celle que je viens de puiser n’est pas bonne à boire, mais nous n’avons pas le choix. Alors il ne reste qu’à la filtrer pour boire».

De sources hospitalières, on enregistre déjà quelques cas de maladies hydriques. Les autorités locales n’ont pas pour l’instant diligenté une analyse de ces eaux de substitution. Mais il y a une forte crainte que ces eaux soient infestées et impropres à la consommation, a indiqué un technicien de santé publique car, ajoute-t-il, l’effet des engrais utilisés dans notre localité peut sans nul doute avoir des conséquences sur les consommateurs de ces eaux». Voilà la situation que vivent les populations togolaises.

Récemment, la même situation a été rencontrée dans un village du Rwanda, faisant dire aux experts «qu’en Afrique tous les pays ont les mêmes problèmes d’accès à l’eau potable». Il y a six ans, rapporte-t-on, Eugenia Uwamahoro, une habitante du village de Nyakabingo parcourait chaque jour deux (2) kilomètres jusqu’à une rivière pour se procurer de l’eau pour boire, faire la cuisine et la lessive et abreuver quatre vaches. Il y avait une pompe dans son village au Rwanda, mais elle ne fonctionnait plus. Le Gouvernement, avec le soutien de l’UNICEF, a réparé la pompe et le village a engagé un gérant pour son entretien. «Ça a rendu ma vie plus facile, déclare Mme Uwamahoro. Maintenant nous pouvons nous reposer». La pompe lui épargne du temps et des efforts et lui fournit l’eau nécessaire à un prix plus bas que celui des villageois vendeurs d’eau. Ceux qui ne peuvent pas payer pour l’entretien de la pompe obtiennent gratuitement une quantité d’eau pour leurs besoins journaliers.

De façon générale, depuis le début du 20ème siècle, la consommation d'eau douce a été à peu près multipliée par sept (7) sur la planète, et d'ici à 2025, les besoins en eau de l'agriculture devraient encore augmenter de 20 % avec des surfaces irriguées passant de deux cent soixante (260) millions d'hectares à environ trois cent trente (330) millions.

Olivier Adja

 

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