Après une cinquième élection controversée
au Togo:
Pourquoi gaspiller des milliards dans
des élections frauduleuses?
30 mars 2010
Au lendemain de la boucherie électorale d’avril
2005 au Togo qui avait consacré le massacre d’à peu
près un millier de Togolais, selon un rapport des Nations
Unies, élection dans laquelle la communauté internationale
avait investi des milliards de francs CFA, notre collaborateur
Innocent Sossou avait écrit un texte révélateur à l’époque
sur le mépris des pouvoirs politiques africains et de
la complaisance de la communauté internationale envers
ces autocrates africains. Alors que l’argent du contribuable
européen est mis à contribution dans les processus électoraux
sur le continent noir.
Le 04 mars 2010, l’élection présidentielle
togolaise n’a pas échappé à la manipulation
du scrutin ayant entraîné des fraudes massives au
profit du pouvoir en place, lesquelles fraudes ont été relevées
par la Mission d’observation de l’Union européenne
dépêchée pour se rendre compte de la transparence
de l’élection. Et évidemment, l’argent
du contribuable européen a été d’un
apport utile à raison de 20 millions d’euros pour
les résultats tronqués que l’on connaît.
Nous reproduisons donc cet article pour qu’il serve de
catalyseur dans l’esprit des citoyens européens
et dans celui des parlementaires occidentaux afin qu’ils
interrogent les bureaucrates de la commission européenne
sur le bien fondé du financement des élections
en Afrique.
L’Afrique souffre et ploie sous le poids faramineux de
la dette intérieure et extérieure. Elle est minée
par des conflits internes et externes. Elle est aussi le théâtre
de la propagation du SIDA et de la famine. Certains de ses dignes
fils n’ont d’issue que de s’expatrier dans
des conditions odieuses, horribles, inhumaines et insoutenables.
Elle ne représente que 2% du commerce mondial alors qu’elle
regorge d’immenses richesses naturelles. La situation catastrophique
de l’Afrique ainsi dépeinte est due en partie à l’hostilité de
certains Chefs d’Etat de libéraliser concrètement
la vie politique, économique et sociale dans leurs pays.
Ces hommes appelés Présidents de la république
organisent des élections frauduleuses avec des textes
taillés sur mesure pour pouvoir les remporter avec la
bénédiction de leur mentor éparpillé au
sein de la communauté internationale.
Les élections présidentielles en Afrique constituent
un enjeu de taille majeure. En accédant à la présidence,
les Chefs d’Etat africains sont sûrs de remporter
les autres élections.
Depuis 1993, les élections présidentielles dans
la plupart des pays africains ont donné lieu à de
sérieuses contestations qui sont majoritairement fondées.
Le cas du Cameroun, du Congo, de l’Egypte, de l’Algérie,
de la Guinée Equatoriale, de la Guinée, de la Guinée
Bissau, de la Gambie, de la Côte d’Ivoire, du Tchad,
de la Mauritanie, de la Zambie, de l’Ouganda, du Rwanda,
du Togo, du Burkina Faso et du Gabon sont édifiants à plus
d’un titre. Même les élections présidentielles
de mars 2001 ont été à juste titre contestées
au Bénin.
Le cas du Togo dans cette liste noire est très révélateur
de la farouche opposition énergique des tenants du pouvoir à accepter
l’alternance politique. Les autorités togolaises
n’hésitent point à massacrer une partie de
la population pour se maintenir au pouvoir par la force. Elles
s’appuient sur des conseils de juristes qualifiés,
ces nouveaux mercenaires, pour tripatouiller les textes constitutionnels
et jeter ainsi l’opprobre et la honte sur le Togolais au
sein de la communauté des hommes civilisés.
Le Burkina Faso vit la campagne pour l’élection
présidentielle du mois prochain avec une contestation
sociale liée à la flambée des prix du carburant.
Mais, une chose est sûre, l’actuel président
Blaise Compaoré qui est arrivé au pouvoir dans
le sang en octobre 1987 dont la candidature au regard de la nouvelle
constitution burkinabé soulève des interrogations
quant à sa régularité, remportera facilement
le scrutin présidentiel.
Arrivé au pouvoir après l’assassinat du
père de la révolution burkinabé Thomas Sankara,
il n’est certes pas prêt à organiser des élections
crédibles, transparentes et sincères au risque
de perdre son pouvoir.
De même, les prochaines élections présidentielles
au Gabon du Président Omar Bongo Ondimba ne constitueront
sans doute qu’une ballade de santé pour ce dernier
qui a récemment menacé de confisquer les passeports
de ses opposants qui vont critiquer son régime à l’extérieur.
En effet, le scrutin à un seul tour en face de plusieurs
candidats de l’opposition lui facilite la tâche avec
l’appui de taille qu’il dispose au sein de la communauté internationale
et le ralliement de certains anciens leaders de l’opposition
en quête du partage du gâteau.
Même gravement malade, le Président Lansana Conté de
la Guinée n’hésiterait point à briguer
un nouveau mandat qu’il remportera aisément.
Dans ces conditions et face à l’enfoncement de
l’Afrique dans le sous-développement n’est-il
pas temps que la communauté internationale cesse de jeter
des milliards par la fenêtre en soutenant des processus électoraux
dont les dés sont déjà pipés? Ne
serait-il pas plus sage de consacrer ces milliards à la
lutte contre le SIDA, le paludisme et autres maladies endémiques
ainsi qu’à des projets de développement?
Vu la corruption qui gangrène l’Afrique, ces financements
pourraient être accordés aux partenaires crédibles
non gouvernementaux.
Le récent spectacle désolant, hideux et insupportable
de la répression des candidats africains à l’immigration
clandestine doit interpeller tous les dignes et vrais Fils de
l’Afrique à lutter contre le gaspillage des milliards
dans le financement inutile et inopportun de processus électoraux
dans les Etats hostiles à l’alternance politique
comme le Togo.
Rédaction Etiame.com |