Togo: Contestation des résultats de la présidentielle
du 4 mars 2010:
Demander à Jean-Pierre Fabre d’apporter
la preuve de sa victoire, c’est promouvoir la victoire
du «prince de Pya», bailleurs de fonds
d’une certaine presse
09 avril 2010
Ceux qui dans la presse, argue actuellement que Jean-Pierre
Fabre devrait apporter «la preuve de sa victoire» au
scrutin présidentiel du 4 mars, recopiant ainsi mot pour
mot les âneries de Pascal Bodjona et de Gilbert Bawara,
font le jeu du pouvoir en place, le jeu du RPT et de son candidat,
le «prince» de Pya Faure Gnassingbé,
qui sûrement les a rétribués pour cette propagande
honteuse et déplacée.
La presse a été le fer de lance du processus démocratique
au Togo. Ceux qui se sont assigné cette noble tâche
avaient été d’honnêtes gens qui ont
révélé à la face du monde les bassesses
du régime Rpt et de son fondateur notamment les assassinats
politiques, les violations à répétition
des droits humains, les crimes économiques etc. Et les
journalistes conscients de la misère ambiante dans laquelle
végètent les Togolais les ont de tout le temps
accompagné dans sa quête de bien-être. Et
il en existe heureusement encore de ces faiseurs d’opinion
qui contre vents et marées, accomplissent leur devoir
d’information, de divertissement et d’éducation
de la masse au péril de leur vie.
Malheureusement de nos jours, la presse togolaise est truffée
de loups aux dents longues qui ne demandent pas mieux qu’à prêter
le flanc au pouvoir qui pis, les couvre de présents afin
de les amener à tronquer les réalités et à n’épiloguer
dans leurs colonnes que sur les bienfaits du RPT. Et sans réfléchir,
ils remplissent leur canard de bêtises qui vont à l’encontre
même de la raison et de la logique. Au risque même
de se ridiculiser auprès des lecteurs et de l’opinion.
Lors de son speech à la fin de la marche du 03 avril
dernier, le patron du FRAC (Front républicain pour l’alternance),
Jean-Pierre Fabre, celui-là évidemment qui était
sorti vainqueur des urnes au soir du 04 mars 2010, s’en
prenait ouvertement aux médias qui lui demandaient d’apporter
les preuves de sa victoire. Cette sortie a soulevé un
tollé au sein justement de ces journalistes «alimentaires» qui
roulent pour Faure Gnassingbé et accusent Fabre de proférer
des menaces à leur encontre bafouant ainsi la liberté de
la presse. Ces fameux confrères oublient en passant que
la liberté de la presse a été chèrement
acquise au Togo et qu’un certain Fabre Jean-Pierre a été le
fer de lance de cette liberté conquise au prix de moult
sacrifices. Ils oublient également au passage que le leader
du FRAC a été lui-même journaliste au temps
fort de la dictature de feu Eyadèma, Directeur de publication
de La Tribune des démocrates dans les
années 90, un canard qui se vendait à l’époque
comme du petit pain au regard du professionnalisme de sa rédaction
et du caractère trempé de son patron qui ne faisait
pas de cadeau lorsqu’il s’agit de l’Etat de
droit.
Certains confrères peuvent se targuer aujourd’hui
d’avoir appris de lui et sur le tas, le métier de
journaliste. Et lorsque La Tribune du Peuple avait
pris la relève du journal de Fabre, cet autre canard très «emmerdeur» vis-à-vis
du pouvoir, avait su tenir haut le pavé avec les remarques
et les suggestions d’un certain Jean-Pierre Fabre.
L’intégrité journalistique se retrouve au
bout de la plume. Que nombres de journalistes togolais souffrent
qu’on leur dise qu’ils ne détiennent pas le
monopole de la vérité et encore moins qu’ils
sont «plus intelligents que d’autres».
Qu’ils ne pensent tout de même pas faire leur métier
lorsqu’ils s’éloignent de la vérité qui
est la Bible d’un bon journaliste.
Cette parenthèse paraît essentielle pour comprendre
la portée des propos tenus par Fabre lors du meeting du
03 avril. Car lorsqu’on est témoin du vol des procès-verbaux
et du matériel informatique qui compilaient «les
preuves de la victoire» de Fabre par des gendarmes
sur ordre de Bodjona, on ne demande plus à l’intéressé de
fournir des «preuves de sa victoire». Les
observateurs de l’Union européenne et les médias
togolais et internationaux sérieux ont relayé cette
information que d’ailleurs le Premier ministre du RPT Gilbert
Houngbo a confirmée au micro de notre consœur Sabine
Cessou du journal Libération. Pourquoi
alors se faire dans certaines presses l’avocat du diable?
Si ce n’est pour «promouvoir» la victoire
d’un bailleur de fonds afin de faire consommer à l’opinion
le verdict de la Cour Constitutionnelle.
Le débat qui fait couler aujourd’hui autant d’encre
dans la presse est déphasé et ringard. Il ne correspond
en rien à une analyse minutieuse et sérieuse de
la part de nos confrères. Le seul débat qui tient
la route est de s’interroger sur la finalité des
commanditaires du vol des PV et du matériel informatique
de Fabre au sein d’une Eglise en l’occurrence Tokoin-Cesal.
La compilation des résultats par un parti politique ayant
présenté un candidat à un scrutin présidentiel
est-elle anticonstitutionnelle ou est-elle prohibée par
le code électoral togolais? Pourquoi ne pas laisser confronter
les PV du RPT à ceux de l’UFC pour voir qui a truqué et
qui cherche à truquer? La compilation de PV et leur informatisation
sont-elles sous le coup du code pénal pour que le Procureur
parle de «faux et usage de faux» à l’encontre
des membres du FRAC qui travaillaient sur les PV et qu’on
n’a pas hésité sans aucune procédure à embastiller?
N’est-ce pas justement pour dépourvoir Fabre de
ses preuves et procéder à un hold-up électoral?
Voilà autant de sujets et d’autres encore sur lesquels
les confrères doivent plancher au lieu de s’accrocher
et de se perdre dans des débats puériles et stériles
qui ne font que le jeu de l’adversaire RPT qui a mis en
place un système qui paupérise les Togolais.
Que ces confrères répondent sérieusement à cette
interrogation d’un inculte journaliste togolais: depuis
43 ans, qui est responsable de l’état désastreux
du pays? De cette misère ambiante? Pourquoi le Togo est
sur la touche dans tous les domaines dans la sous région
ouest-africaine? Est-ce de la responsabilité de l’opposition
togolaise qu’on prend un malin plaisir à vilipender
et qui n’a été réellement aux affaires
que durant une année (lors de la première transition
de Koffigoh) ou du RPT et des Gnassingbé qui détienne
les rennes du pouvoir et de l’économie depuis 1967?
A vos plumes chers confrères et que le débat sérieux
commence.
Jules Symféïtchéou,
Etiame.com |