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Togo: Revue de presse Hebdomadaire:
Les revendications de la victoire du
FRAC à la Une
21 avril 2010
La présidentielle du 4 mars 2010 est le principal sujet
abordé cette semaine par les journaux togolais.
La victoire du président sortant, Faure Gnassingbé, à l’issue
de la présidentielle du 4 mars 2010, continue de faire
objet de contestation par Jean-Pierre Fabre, candidat du Front
républicain pour l’alternance et le changement (Frac).
D’où des manifestations de rue hebdomadaires pour «arracher
cette victoire».
«Revendication de la victoire du FRAC: Nouvelle démonstration
de force de l’opposition» titre le quotidien
privé, «Liberté, n° 700 du
12 avril 2010». «Les samedis se succèdent
mais ne se ressemblent pas pour le FRAC et le nombre de ses
militants de manifestation en manifestation va croissant. Estimés à moins
de vingt mille (20.000) personnes aux premières marches,
la dernière sortie du Front Républicain pour
l’Alternance et le Changement a mobilisé, dans
les rues de Lomé près de trois cent mille (300.000)
personnes… Cette démonstration de force fait
dire à beaucoup d’analystes de la vie politique
togolaise que le FRAC pourrait facilement tenir sa promesse
de mettre dans les rues du Togo plus de deux millions de manifestants», écrit
le confrère.
Dans la même parution, le journal de Zeus Aziadouvo parle
d’«Une manifestation du FRAC à Aného
empêchée [qui] paralyse pendant quatre heures la
circulation». Une contestation de l’opposition
sur laquelle revient «Le Regard, n° 690 du
13 Avril 2010» en citant Jean-Pierre Fabre: «Nous
serons nombreux les samedis jusqu’à l’obtention
de ce que nous voulons». Ce dernier s’insurge
une fois de plus contre l’interdiction de manifester dans
les villes de l’intérieur du pays. «Je
voudrais poursuivre par les manifestations à l’intérieur
du pays. Il n’y a pas deux Togo. Il n’y a pas deux
Constitutions, il n’y a pas également deux catégories
de Togolais, il n’y a pas les Togolais de première
catégorie à Lomé qui ont le droit de manifester
et les Togolais de seconde catégorie, de seconde zone à l’intérieur
du pays qui n’ont pas le droit de manifester. Ça
ne peut pas continuer ainsi dans le même pays. C’est
pour ça que nous prenions des dispositions. Nous avons
adressé des messages aux autorités pour le leur
faire comprendre qu’il ne saurait y avoir dans notre pays
deux catégories de citoyens», affirme M. Fabre
dans les colonnes de «Le Regard».
«L’Alternative, n° 24 du 13 Avril 2010» met
aussi l’accent sur la: «Mobilisation record du
FRAC ce samedi à Lomé: Des marches annoncées
pour le 17 avril prochain à l’intérieur du
pays» et précise: «Malgré la
grande pluie matinale qui a inondé plusieurs quartiers
de Lomé, rendant l’itinéraire de la marche
difficilement praticable «les chemises jaunes» ont
pris d’assaut la plage de Lomé en face de la résidence
de l’Ambassadeur de France pour exprimer une fois encore
leur raz le bol face à cet énième hold up électoral… Dans
cette logique, le Secrétaire Général de
l’Union des Forces de Changement (UFC), Jean-Pierre Fabre,
annonce pour samedi prochain une marche simultanée dans
les autres villes du pays. Par ailleurs, le FRAC reconduit pour
le mercredi 14 avril 2010 la veillée de prière à la
bougie au siège de l’UFC à partir de 17 heures».
«Liberté, n° 701 du 13 avril 2010» s’est
quant à lui intéressé aux manifestations
de la diaspora. «Dénonciation du hold up électoral
du 04 mars: Des Togolais de la diaspora ont marché au
Canada et en Suisse», titre-t-il tout en notant que: «Jamais élection
n’aura fait couler autant d’encre et de salive sur
la terre de nos aïeux. En effet, l’élection
présidentielle du 04 mars dernier que Faure Gnassingbé avait
promis organiser «à la ghanéenne» est
en train de rentrer dans le livre Guinness des records comme étant
l’élection la plus contestée au Togo, car
depuis la proclamation des résultats provisoires par la
Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI)
donnant le candidat du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT)
gagnant et la validation de ces résultats par la Cour
Constitutionnelle, le peuple togolais ne décolère
pas. Ceci explique les manifestations quasi hebdomadaires qui
ont lieu dans les rues de Lomé drainant des centaines
de milliers de personnes. Mais ces manifestations de protestation,
loin de se limiter à l’intérieur des frontières
togolaises, s’exportent et font tache d’huile dans
la plupart des pays où vit la diaspora togolaise. Le samedi
10 avril dernier, pendant que le Front Républicain pour
l’Alternance et le Changement (FRAC) battait le pavé avec
ses militants à Lomé, les Togolais vivant en Suisse
et au Canada étaient eux aussi, sortis dire leur «ras-le-bol» au
régime quarantenaire qui s’accroche mordicus au
pouvoir et refuse toute forme de démocratie qui ne leur
permettrait pas de demeurer aux affaires et de s’y éterniser».
Cette élection n’ayant pas été à la «Ghanéenne»,
comme l’a écrit «Liberté»,
il ressort que Faure Gnassingbé n’a pas tenu sa
promesse. De ce fait, «Le Correcteur, n° 141
du 12 avril 2010» titre en manchette: «Réalités
et vérités de l’homme nouveau, Faure Gnassingbé :
La fourberie, l’hypocrisie et la méchanceté politique,
les soupapes de sûreté d’une présidence à vie» et
souligne: «Face au tollé général,
aux réprobations sans commune mesure et aux comparaisons
désobligeantes qui ont suivi sa prise de pouvoir rocambolesque
en février 2005, Faure Gnassingbé a cru bon d’administrer
du Valium aux Togolais et à la Communauté Internationale
en se faisant passer pour autre chose que son feu père
Etienne Eyadèma Gnassingbé, dictateur cruel et
sanguinaire. Il se hâta donc de se définir comme
un homme nouveau avec un esprit nouveau. En ce mois d’avril
2010, on n’a pas de raison de dire qu’on a vu l’homme
nouveau, ni l’esprit nouveau. Faure Gnassingbé est
en vérité une copie masteurisée d’Eyadèma
Gnassingbé. A la différence près que, contrairement à son
ascendant qui n’arrivait pas à cacher ses défauts,
l’esprit nouveau excelle dans le double jeu qui se déchire
en fourberie, en hypocrisie et en méchanceté politique.
C’est la méthode Faure Gnassingbé».
Vu que les marches de protestation du FRAC contre la réélection
de Faure Gnassingbé prennent de l’ampleur, «Forum
de la Semaine, n° 677 du 12 Avril 2010» s’interroge
en titrant en manchette: «Entre réalisme politique
et prise du pouvoir par la rue: Quelle marge de manœuvre
utile pour l’opposition togolaise?» et écrit: «Pour
le deuxième week-end consécutif depuis les événements
du mercredi 4 mars 2010 et l’interdiction, par les autorités
politiques, de la marche du samedi 27 mars, le FRAC a appelé samedi
dernier 10 avril 2010, ses partisans à une nouvelle marche
dans les rues de Lomé pour protester contre la réélection
de Faure Gnassingbé à la Présidence de la
République au terme de la consultation électorale
du 4 mars 2010. Visiblement, la motivation et la mobilisation
restent encore relativement fortes auprès des militants
de l’UFC. Mais entre réalisme politique et la détermination
utopique de prise du pouvoir par la rue, quelle marge de manœuvre
pour l’opposition togolaise? Quel sera le pari gagnant
pour le peuple togolais? En effet, les analystes sont de plus
en plus unanimes pour reconnaître que l’exercice
de contestation de la dernière élection présidentielle
sur la base des chiffres est tout simplement difficile et ne
peut que conduire à l’impasse. Plus que les chiffres,
ce qui est véritablement contestable et que, d’ailleurs
la plupart des observateurs ont du mal à réfuter,
c’est la non équité et non transparence de
l’élection. Au lieu de s’égosiller à revendiquer
une victoire qu’elle ne peut prouver, l’UFC serait
plus crédible à accentuer son action sur le manque évident
d’équité dans l’organisation de l’élection
présidentielle. Il serait plus facile pour l’UFC
de démontrer que Faure Gnassingbé n’aurait
jamais obtenu plus de 15 % des suffrages si les élections
avaient été équitables et totalement transparentes».
Il y a un an une rocambolesque affaire d’atteinte à la
sûreté de l’Etat a fait couler beaucoup d’encre
et de salive au Togo. Parlant de cette affaire, «Liberté,
n° 701 du 3 Avril 2010» titre à la
Une: «Affaire d’atteinte à la sûreté de
l’Etat : Kpatcha Gnassingbé, déjà un
an en prison, mais le procès toujours attendu» et
note: «12 avril 2009–12 avril 2010, cela fait
un an jour pour jour que l’affaire d’atteinte à la
sûreté de l’Etat a éclaté par
l’assaut à l’artillerie lourde sur le domicile
du député Kpatcha Gnassingbé. Et jeudi 15
avril prochain, cela fera un an que le demi-frère de Faure
Gnassingbé est privé de liberté et sans
procès… Dieu sait si le dossier sera ouvert un
jour et le procès organisé. Faure Gnassingbé surprendra-t-il
l’opinion en relâchant Kpatcha à l’occasion
du cinquantenaire de l’indépendance du Togo? En
attendant, le député égrène un an
en prison». |
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