Cinquantenaire
de l’indépendance du Togo:
GRAD: TOGO: 50 ANS DEJA!
23 avril 2010
Sur le continent africain, les politiciens, les penseurs, les
populations et les médias se préoccupent de la
célébration de cinquante (50) ans d’indépendance
de dix sept (17) pays. Certains Etats comme la Guinée
et le Ghana avaient déjà fêté l’événement.
Il faut rappeler qu’à l’époque, il
y avait des Etats qui voulaient demeurer dans l’union française
alors que d’autres à l’instar de la Guinée
de Sékou TOURE réclamaient l’indépendance
immédiate. C’est ainsi que parmi les dix sept
pays, il y a ceux qui se sont vu octroyer l’indépendance
et ceux qui l’ont acquise au terme d’une véritable
lutte. Notre pays fait partie de la deuxième catégorie.
Au Togo, «ABLODE» fut proclamée
le 27 avril 1960 date où fut chanté pour la circonstance
et dans l’allégresse l’hymne national «Terre
de nos aïeux».
Il est utile de préciser qu’Ablodé signifie
indépendance, lequel mot veut tout simplement dire liberté,
ou émancipation. Le TOGO, indépendant de la puissance
coloniale, a choisi pour devise: «Travail -Liberté –Patrie».
Mais les aspirations légitimes des nationalistes par rapport à la
nouvelle donne ne semblent pas être perçues
de la même manière que les colons qui avaient déjà en
sous main une recette de récupération, le néocolonialisme.
Il est opportun aujourd’hui que nous saisissions cette
célébration des cinquante ans pour restituer à nos
mémoires parfois assoupies ce qui a été fait à ce
jour, évaluer la part de responsabilité qui échoit
aux dirigeants qui se sont succédés dans l’avènement
du cortège de malheurs qui affligent aujourd’hui
les citoyens togolais. Les leçons tirées de notre
histoire nous permettraient de mieux apprécier les enjeux
qui se profilent à l’horizon afin d’envisager
les mesures idoines pour les affronter.
I- LE TOGO DANS LE RETROVISEUR DE L’HISTOIRE
Après leur victoire de 1958, les nationalistes n’ont
pas jugé opportun de proclamer l’indépendance
du Togo. Il fallait rapidement prendre un certain nombre d’initiatives
pour préparer la naissance du Togo. Parmi les urgences,
il y a lieu de retenir le problème juridique du mandat
des Nations Unies qu’il fallait lever, le remboursement à la
France de la dette, l’hymne national, le drapeau, la devise,
le monument et l’hôtel le Bénin. Ainsi donc,
après diverses péripéties, le Togo fit son
entrée sur la scène internationale le 27 Avril
1960.
En cette année 2010, il fêtera cinquante
ans. Un demi-siècle dans la vie d’une nation est
un événement important. Des questions méritent
d’être posées. D’où venons-nous
? Où allons-nous? Qu’avons-nous fait depuis 1960
jusqu’à 2010 ? Ce sont des interrogations légitimes.
Quatre périodes peuvent donc être retenues.
1960-1962
C’est la période des grands défis auxquels
doivent faire face les autorités de l’époque
qui avaient inscrit au premier plan de leurs préoccupations
la formation des cadres nationaux. S’il était facile
de remplacer certains fonctionnaires métropolitains par
des nationaux, il faut reconnaître que le remplacement
des administrateurs coloniaux posait problème. Pour y
faire face, le décret n° 58-113 du 29 décembre
1958 créa l’Ecole Togolaise d’administration.
La politique d’austérité imposée
par le gouvernement et les sacrifices consentis par le peuple
imposaient aux dirigeants la transparence dans la gestion des
affaires de la cité. L’obligation de rendre compte était à l’ordre
du jour, ce qui permettait à la population de suivre sur
les ondes de la radio nationale le compte rendu mensuel des activités
du gouvernement.
L’école étant le cadre le mieux adapté pour
l’évolution humaine, des établissements primaires
et secondaires ont été crées. L’initiative
privée avait apporté sa contribution en la matière,
sans oublier bien entendu le rôle joué par les missions
chrétiennes catholiques et protestantes.
Le TOGO étant essentiellement un pays agricole, des coopératives
et mutuelles rurales ont vu le jour. La loi 59-45 du 5 juin 1959
organisa les Société Publiques d’Action Rurale
(SPAR). Il y avait une SPAR dans chaque circonscription administrative.
Le mouvement de la Jeunesse Pionnière Agricole (JPA)
est un organisme social dont le but est le développement économique
du pays et l’élévation du niveau de vie de
la masse paysanne. Ce projet qui avait bénéficié de
l’assistance technique de l’Etat d’Israël était
opérationnel et des moniteurs Togolais formés s’occupaient
de l’encadrement des jeunes
Sur le plan de la santé publique, les malades bénéficiaient
des soins prodigués par le personnel de l’assistance
médicale de la République Togolaise, lequel comprend
des médecins togolais, africains et européens,
des sages-femmes et infirmières diplômées
de France ou de Dakar, des infirmiers ainsi que des auxiliaires.
La médecine préventive occupe une place importante
parmi les services de Santé Publique. Les organismes d’hygiène
et de la voirie étaient très actifs en la matière.
Ils veillaient à la propreté des lieux publics,
des latrines publiques ainsi que des habitations et luttaient
contre la divagation des animaux. Ils assuraient également
le ramassage quotidien des ordures ménagères. La
population éduquée, apportait sa contribution pour
maintenir sain l’environnement.
Il faut signaler que le gouvernement togolais n’a pas
participé aux pourparlers qui ont abouti à la création
de l’Union Monétaire Ouest Africaine parce qu’il
avait pris la décision d’avoir sa propre banque
centrale qui aura en charge l’émission de la monnaie
togolaise.
Pour promouvoir l’unité nationale, dans le sens
de la culture locale, le gouvernement a demandé aux services
du ministère de l’éducation nationale de
faire prendre le départ à l’enseignement
bilingue dès l’école primaire. C’est
ainsi que deux dialectes, l’éwé et le haoussa
ont été choisis et les informations en langues
locales sont données sur les ondes de la radio nationale
dans ces deux dialectes.
Malheureusement, les aspirations des nationalistes pour la jeune
nation ont été compromises le 13 janvier 1963 par
l’assassinat du Président de la République
Il s’agit d’une symphonie inachevée.
1963-1966
D’entée de jeu, le président GRUNITZKY annonça
le 26 janvier 1963 que sa politique ne variera pas. Les divers
chantiers ouverts avant 1963 font partie des préoccupations
de l’équipe dirigeante de la période sus
rappelée. La tâche du gouvernement ne sera pas facile.
Il lui fallait tout d’abord panser les blessures causées
par le drame du 13 janvier 1963.
Conscient du fait que le développement du pays concerne
tout le peuple, le gouvernement soucieux du climat qui prévalait à l’époque,
avait estimé qu’il était nécessaire
de réunir les forces vives de la nation. C’était
l’objectif de la table ronde ouverte le 27 février
1963. Indépendamment de cela, les autorités se
sont mises sérieusement au travail. C’est au cours
de cette période que les grands chantiers ont été réalisés
notamment:
le port autonome de Lomé, la brasserie d’Agoenyivé et
l’usine textile de Datcha dont les premières pierres ont été respectivement
posées au cours de la dernière semaine de novembre
1962 par le président OLYMPIO et M. Von HASSEL, par Fio
AGBANON II en présence de Messieurs STEINWALLER et HAASSE
et par le vice président de l’Assemblée nationale
du TOGO, M Youma MOGORE en présence de M. FRAUENTOLE.
Voilà posées les bases du bien-être économique
du TOGO.
Le lycée de Tokoin ainsi que l’aéroport du
même nom ont renforcé les infrastructures scolaire
et aéroportuaire.
L’élan imprimé par les autorités
d’alors au processus de développement n’est
pas allé loin. Il a été déstabilisé par
des dissensions à la tête de l’exécutif
et au sein de l’assemblée nationale. Ces crises
ont commencé à sonner, progressivement, la fin
de cette période.
1967- 1990
C’est la période la plus longue. Il est opportun
de rappeler cet intermède de janvier à Avril 1967,
lequel a permis au général EYADEMA de se hisser
au pouvoir et de le conserver malgré l’engagement
pris par les militaires. En effet, il a été annoncé à la
population la mise sur pied d’un conseil de réconciliation
chargé, dans un délai de trois mois, de préparer
les institutions devant permettre des élections libres
et démocratiques à l’issue desquelles, l’armée
s’engage à quitter la scène politique. Contre
toute attente, aucune élection n’a été organisée.
Monsieur Etienne EYADEMA évinça Monsieur Kléber
DADJO, alors président du conseil de réconciliation
pour s’emparer du pouvoir.
Le nouvel entrant sur la scène politique nationale a
bénéficié d’une période de
grâce et qui a suscité beaucoup d’enthousiasme.
Elle a été marquée par la réalisation
d’un certain nombre d’infrastructures notamment
• Hôtelières (Tropicana, La Paix, 2Février,
Sarakawa etc...)
• Scolaires et universitaires (Collèges d’enseignement général,
Ecole Normale Supérieure, Université du
Bénin etc...)
• Routièrs (bitumage routes Lomé-cinkassé, Lomé-Kpalimé etc...)
La création du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT)
en 1969 avait suscité beaucoup d’espoir. Ce parti
conformément à ses idéaux, devrait assurer
le bonheur au peuple en lui donnant l’occasion de se réconcilier
avec lui-même. La maison du RPT était le symbole
national dudit parti.
Il faut inscrire à l’actif du nouveau régime
les grands projets de développement économique.
Beaucoup d’entreprises ont été créées
dont la plupart sans une réelle maîtrise de l’environnement économique
national et international. Comme la bonne gouvernance n’était
pas à l’ordre du jour, il est aisé de comprendre
que la gestion de ces unités de production n’a pas été faite
selon les règles de l’art, ce qui les a complètement
ruinées.
L’attentat de Sarakawa a été un tournoi
décisif dans la vie de la nation. Il avait, certes provoqué des émotions
et de douleur. Mais il avait aussi suscité des doutes quand
aux causes de la catastrophe. Dans cette atmosphère, certains
Togolais imbus de leur personnalité et aveuglés
par leurs ambitions ont commencé par rivaliser de zèle
et de flagornerie autour du chef de l’Etat, qui exploitera
cet événement pour renforcer son image d’homme
choisi et protégé par les dieux. Ainsi, a été donné le
coup d’envoi d’un processus irréversible du
culte de la personnalité qui allait régenter désormais
la vie quotidienne de tout un peuple.
De 1975 à 1990 le Togo s’est investi, sans réserve,
dans une diplomatie très active qui lui a valu d’accueillir à quatre
reprises dans sa capitale, la signature de la convention ACP/CEE
dénommée «La convention de Lomé».
De nombreuses médiations avaient également été menées
pour la paix dans des pays africains ont été à son
actif. Ce fut les moments de gloire mais aussi l’époque
où l’embrigadement politique de la population et
le culte de la personnalité à la nord-coréenne
importés du Zaïre ont pris leur essor. L’animation,
cette corruption des mœurs était à son comble,
favorisée par la délinquance politique. Elle a
gangréné et dépravé toute la société togolaise
par sa crasse morale. La jeunesse qui devrait être mobilisée
pour les travaux de développement tel que prévus
pour la Jeunesse Pionnière Agricole, a été canalisée
et orientée vers l’oisiveté pour louer le
Président fondateur.
Le pouvoir, dans sa dérive, a décidé de
supprimer le 27 avril et sa célébration, la devise
et l’hymne national. Cette décision dont l’incohérence
se dispute l’incompréhension des faits validés
par l’histoire nationale est absurde et consacre de façon
arbitraire la division du peuple.
La révolution verte bien inspirée a été malheureusement
plus chantée à la gloire du guide que concrétisée
dans les sillons des champs. Le parc de matériels
agricoles géré par la Société Togolaise
d’Exploitation du Matériel Agricole (SOTEXMA) a été abandonné après
avoir servi des intérêts inavoués.
A la lecture de ce qui précède, il est permis,
avec du recul, de comprendre la stratégie du système
politique, laquelle consiste à faire le contraire de
ce qui est dit
Le livre vert du RPT, un document bien élaboré,
qui aurait pu dans une mise en œuvre efficiente, faire
avancer le pays n’a malheureusement pas comblé les
attentes. Le bonheur et la réconciliation promis au peuple
par le RPT sont restés de vains mots.
Les programmes d’ajustement structurel ont rendu plus
difficile la vie des Togolais. Les privatisations imposées
par les bailleurs de fonds, ont été réalisées,
sans tenir compte des textes nationaux en vigueur en la matière.
Tout comme les ressources humaines n’ont pas fait l’objet
d’une utilisation à bon escient, les ressources
financières sur lesquelles sont arrimées le gaspillage,
les détournements et la corruption sous toutes ses formes,
ont connu le même sort.
Les conséquences sont désastreuses pour le pays
et mettent à nu la gestion improvisée et opaque
des affaires. Le Togo arbore un paysage économique garni
d’éléphants blancs et s’essouffle sous
un fardeau de dettes intérieure et extérieure incroyable.
1990 – 2010
Les décennies de tous les dangers
Les actes posés étant souvent en contradiction
flagrante avec les objectifs poursuivis, le peuple n’a
jamais été réconcilié face à cette
volonté manifeste de "diviser pour mieux régner".
La liberté est sans cesse menacée et trop souvent
violée.
Une fausse conception de la paix faite de mots utilisés
pour mentir, pour tromper et pour assujettir la population avec
un cynisme tranquille, a conduit au mouvement du 05 octobre 1990
où les jeunes outrés, se sont révoltés
pour mettre fin à l’arbitraire et à la
violence faite à leur corps et à leur intelligence.
Les dirigeants n’ayant pas suffisamment tiré les
leçons des évènements ont continué à gouverner
comme par le passé.
Le train du 05 octobre 1990 qui a ramené le 27 avril,
l’hymne national et la devise n’est pas encore entré en
gare de la démocratie.
La constitution de 1992 adoptée par le peuple togolais
est claire. Elle gêne les dirigeants qui rêvent d’en
modeler une autre taillée à leur mesure. Le toilettage
de la loi fondamentale a ainsi altéré cette dernière
et l’a dépouillée de sa pureté originelle.
Le souci des dirigeants est de se maintenir au pouvoir contre
vents et marées.
Des responsables de l’opposition se sentant usés
ont vu leurs idéaux s’effriter. Ils ont été victimes
de débauchage.
L’appât du gain facile et la course à l’argent
et aux privilèges ont vite eu raison des convictions
des uns et des autres. Chacun est prêt à occuper
un strapontin, à se voir confier un porte feuille même
s’il n’en a pas la compétence.
II - LE TOGO FACE A SON AVENIR
En prenant en compte le chemin parcouru avec toutes les fortunes
diverses, il faut se mettre à l’évidence
pour reconnaître que le TOGO est aujourd’hui au
bord du gouffre alors qu’il aurait pu mieux se porter
au regard des atouts dont il dispose.
La constitution est constamment violée et les accords
politiques, dans leur mise en œuvre, sont souvent
vidés de leurs substances. La loi fondamentale mérite
d’être revue.
Le niveau de l’endettement du pays qui était quasi
nul en 1960 se situe aujourd’hui à plus de deux
(02) milliards de dollars. Une meilleure gouvernance économique
s’impose.
Les infrastructures sont dans un état déplorable.
L’hôtel Tropicana est livré à la mer
mais que sont devenus «l’hôtel 2 février» et
l’hôtel de la paix généralement
mal entretenu? Nos villes livrées à elles-mêmes,
regorgent d’immondices et ne disposent ni de jardins entretenus
ni de place de loisir. Dans ce domaine Lomé ne peut citer
que Fréau jardin datant de l’époque coloniale,
longtemps délaissé et aujourd’hui en phase
de réfection. Les routes crevassées sont dans un état
piteux source de nombreux accidents mortels surtout que Les soins
de santé non garantis deviennent de moins en moins accessibles
aux citoyens sans moyens. Le chemin de fer est totalement abandonné.
La féculerie de Ganavé est fermée. L’industrie
des phosphates est devenue une charge pour le contribuable. Les
producteurs de coton sont découragés et en produisent
de moins en moins.
Aussi, l’équipe dirigeante du RPT qui passe quarante
trois (43) ans aux affaires sans autoriser une quelconque alternance,
porte-elle la lourde responsabilité par rapport à la
misère rampante dans laquelle transpirent la plupart des
Togolais. C’est un échec et il faut le reconnaître.
La crise perdure.
Cette équipe n’a aucune excuse et ne peut se prévaloir
de circonstances atténuantes puisque les gouvernements
précédents, avaient, dans l’adversité de
leur époque, déblayé, bon an mal
an, le terrain.
Où va le TOGO? Une question pertinente qui interpelle
les uns et les autres. La réponse dépendra
de ce que les Togolaises et les Togolais, conscients et responsables
vont décider ensemble de faire. Devant cette situation
inouïe de détresse et de frustrations de tous ordres,
les jeunes semblent avoir déjà repris le combat.
Ils multiplient les manifestations de rue pour se faire entendre
et ne croient plus à l’avènement d’hommes
providentiels. Le Togo non encore réconcilié doit
se passer de cet épisode regrettable. Pour ce faire les
dirigeants doivent rester attentifs aux aspirations et aux attentes
des citoyens. L’heure est donc venue de se ressaisir pour
ne plus tomber dans les errements du passé mais d’avancer
avec confiance sur le chemin de la concorde et du développement.
QUE FAIRE?
Le GRAD pense qu’il faut d’abord accepter de mettre
l’Homme au centre des préoccupations nationales
pour ensuite concentrer toutes les énergies sur le travail
inlassable.
Le GRAD ne cessera jamais de prôner le dialogue et d’inviter
tous les togolais à travailler à l’amélioration
constante de la condition du citoyen togolais, tant sur le plan
moral que sur celui du bien-être matériel.
La démocratie vraie doit reposer sur le respect inconditionnel
de chacun : de sa vie, de son intégrité, de ses
droits en un mot de sa dignité. Elle doit être fondée
sur le dialogue, le consensus et la collaboration pour instaurer
plus de justice dans les rapports entre les citoyens. Dans cette
perspective, le souci du bien commun doit l’emporter sur
le souci du bien particulier.
Le Togo, riche de plus de quarante ethnies doit compter sur
tous ses fils unis, chacun apportant sa pierre à l’édification
de la nation. Ni l’abus autoritaire de la force, ni la
seule aspiration ne suffisent plus. C’est au niveau des
actions concertées que s’affirmera la détermination
des dirigeants à œuvrer pour rétablir, dans
la communauté, les rapports idoines sur la base
de la vérité, de la justice, de la liberté et
de la fraternité. Le développement du pays et la
paix en dépendent.
Le GRAD estime que la leçon de la fable de la Fontaine "La
cigale et la fourmi" doit pouvoir permettre aux uns
et aux autres de se remettre en cause. Chacun doit comprendre
que c’est par la force du travail, dans l’ordre
et dans la discipline, que la plupart des Etats se sont développés.
Il en est de même, aujourd’hui, des pays dits émergents.
"Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front".
Il n’y a pas une autre manière de comprendre cet
enseignement biblique. Le pain ne tombe jamais du ciel. Il y
a d’abord l’effort puis la récompense. Ainsi
donc celui qui mange et ne produit rien est un destructeur. Il
constitue un poids inutile pour la communauté.
Le GRAD considère que l’année 2010 doit être
l’occasion pour le TOGO d’observer un arrêt.
Il faut permettre au peuple et à la classe politique d’accepter, à partir
du présent, d’exorciser le passé pour mieux
se projeter dans le futur. C’est un défi national
qui doit être relevé si tant est que les Togolais
portent vraiment le TOGO dans leur cœur. Il n’y a
qu’une seule patrie et les patriotes doivent assumer leur
responsabilité.
Le GRAD note avec amertume que la démocratie n’a
pas encore droit de cité dans le pays. Il faut tout faire
pour sortir définitivement le TOGO de la crise. C’est
sûr qu’on peut y arriver. Cela ne sera pas une promenade
de santé. Beaucoup d’efforts seront consentis. Il
y aura des émotions, des hésitations et même
des grincements de dents. L’exercice commandera parfois,
de faire hara-kiri pour faire œuvre utile. Il faut nettoyer
les écuries d’Augias pour porter la propreté et
l’ordre dans la cité.
Le TOGO ne saurait vivre isolé du reste du monde. La
situation dans laquelle on l’a plongé n’est
pas à son honneur. Il n’est pas le seul pays à avoir
fait l’expérience du parti unique. Si par rapport
aux résultats, le minimum vital n’a pu être
assuré à la population malgré les divers
atouts très importants dont dispose le pays, il y a lieu
de changer de méthode.
Il importe absolument de mettre fin au statu quo dans lequel
une minorité capricieuse et oisive nageant dans une débauche
de moyens fait bombance et se réjouit sur le dos de la
majorité en distribuant des faire-part dans tous les domaines
notamment dans ceux de la politique, de l’éducation
nationale, de la santé, du sport, des traditions et coutumes.
Aujourd’hui, la majorité de la population n’acceptera
plus d’être gouvernée par la force et l’arbitraire.
Aucun investisseur sérieux ne débarquera avec son
argent pour faire des affaires dans un pays où:
- la compétence et les valeurs sont assassinées,
- l’effort et la bravoure intellectuelle ne sont ni encouragés ni
reconnus
- le mensonge est un sport national,
- la justice aux bottes piétine le droit,
- la corruption, le tribalisme et le favoritisme sont des clés
qui ouvrent les portes des différents services du secteur
public et du secteur privé,
- le bon sens le plus élémentaire quitte son champ
spécifique, pour aller chercher des justifications dans
la mentalité de certains indigents de la pensée
universelle.
Le GRAD propose d’ouvrir un débat national pour
mener des réflexions sur des sujets pertinents couvrant
les différents domaines de la vie du pays. Des recommandations
assorties de feuilles de route avec des chronogrammes clairs
et précis doivent sanctionner le débat. Il y va
de l’intérêt du TOGO et de celui de sa population
toute entière.
Le GRAD ne saurait clore la présente réflexion
sans rendre hommage à toutes celles et à tous ceux
qui se sont battus et ont sacrifié leur vie pour l’émancipation
du TOGO.
Il salue également le courage et la détermination
de la jeunesse togolaise qui de tout temps, a répondu
aux différents rendez-vous de l’histoire nationale.
Le GRAD pense que la célébration des 50 ans ne
sera qu’un fait divers dans le décor de misère
sociale, politique, économique et environnementale imposée à la
population.
Lomé le 22 avril 2010
Victor Alipui
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