Togo: Que penser de la nouvelle équipe gouvernementale:
Dévaluation
du portefeuille ministériel au Togo
31 mai 2010
«Celui qui n’a pas bâti de maison croit
que les murs sortent de terre» (Proverbe estonien)
Depuis le vendredi 7 mai 2010, le Premier Ministre Gilbert Fossoun
Houngbo a été reconduit à son poste. Dès
le lundi 10, soit 72 heures après, il entama de laborieuses
consultations en vue de former son nouveau gouvernement. Elles
ne lui ont pas été de tout repos et le nombre de
jours qu’il lui aura fallu pour accoucher d’une nouvelle équipe
gouvernementale et en rendre publique la composition en est révélateur
: presque trois semaines contre une dizaine jours pour la première
fois en 2008. C’est la preuve que les données ont
totalement changé après la présidentielle
du 4 mars 2010 où la cuisante défaite de Faure
Gnassingbé n’a jamais fait l’objet d’un
doute jusqu’ici ni au plan national, ni au plan international,
en dépit de toutes les fioritures et explique d’ailleurs
fort bien la contestation qui se poursuit activement.
Pour corroborer l’assertion selon laquelle des retards
sont accusés à plusieurs niveaux en 2010 par rapport à 2005,
il n’y a qu’à se référer au
temps fou pris par le prétendu vainqueur pour se faire
investir par une Cour constitutionnelle aux ordres. Presque deux
mois contrairement au texte fondamental qui gouverne la République.
Cela n’est pas dû uniquement à l’habitude
que le régime RPT s’est donnée de transgresser
systématiquement les lois que le pays s’est données
ainsi que les règles de jeu adoptées par consensus.
Cela est dû aussi, il faut le reconnaître, au casse-tête
que constitue la reconnaissance tacite de sa défaite par
Faure lui-même, ainsi qu’à son impopularité que
la profusion de T-shirts à l’effigie du président
mal élu ne saurait annihiler. N’oublions pas que
Faure a manqué de remercier ceux qui l’ont «élu».
Du coup, il aura fallu au PM, d’après certaines
indiscrétions, presque faire la cour à certains
partis lors des consultations pour les amener à accepter
l’entrée dans la nouvelle équipe en vue de
donner plus de poids au gouvernement à former. Au dernier
moment, on a même essayé de débaucher des
gens très proches de Jean-Pierre Fabre, pour casser le
FRAC, mais en vain. Tous les Togolais connaissent les partis
dont l’entrée au gouvernement Houngbo bis amènerait
le Pouvoir à pousser un ouf de soulagement. Depuis vendredi,
la nouvelle équipe est connue et se compose de 31 personnalités,
disons tout court, de 31 Togolais qui ont réussi à l’un
des examens les plus difficiles au monde, mais très facile
au Togo.
Dans la recherche d’hommes et des femmes pour boucher
les trous, il avait même fallu que Gilchrist lance des
appels jusqu’en Europe pour chercher des ministrables.
C’est ainsi qu’il serait tombé sur l’une
de ses connaissances qui aurait répondu qu’il était
malade et aurait proposé son épouse en lieu et
place. Ainsi il y a dans le nouveau gouvernement des gens inconnus
des membres du Bureau national de l’UFC. Si la formation
du gouvernement a nécessité ce temps fou, c’est
justement parce qu’il fallait que Gilchrist cherche des
candidats pour pourvoir les sept (7) postes ministériels
qui lui sont concédés.
Alors qu’ailleurs, devenir ministres est une affaire éminemment
précieuse et source de consécration et de fierté non
seulement pour des personnalités mais aussi pour des familles
entières, au Togo, ce poste est fui parfois par des honnêtes
gens. C’est à peine si la compétence est
recherchée. N’a-t-on pas eu dernièrement
sous Faure Gnassingbé un Togolais qui n’avait que
le niveau baccalauréat avec quelques titres de karaté?
Au bout du compte, que sont devenus les manipulés de OBUTS,
notamment les Vidada, les Codjie et consorts qui déclaraient
vouloir entrer au gouvernement au nom de OBUTS?
Tous les Togolais doivent être aujourd’hui surpris
qu’aucun d’entre eux n’ait eu le moindre strapontin,
malgré la dévaluation du poste ministériel
au Togo. Et dire que tout ce tohu-bohu inutile de ces derniers
jours, juste pour semer la zizanie au sein d’un parti!
Alain SIMOUBA |