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Togo: Gouvernement Houngbo II pour
les membres AGO:
Décryptage des coquilles vides
attribuées à Gilchrist Olympio
02 juin 2010
La grande nouveauté du gouvernement Houngbo II rendu
public vendredi dernier, c’est la présence de ministres
issus des Amis de Gilchrist Olympio (AGO). Ils sont sept (07)
en tout. Cet évènement est le fruit de discussions
menées entre le «Leader historique» et
Gilbert Houngbo, Faure Gnassingbé et le Rassemblement
du Peuple Togolais (RPT), et surtout à un accord signé par
Gilchrist Olympio et Esso Solitoki. Cet accord est qualifié d’historique
et vanté par le «Leader Charismatique» et
ses sous-fifres comme le consensus du siècle au Togo,
qui viendra emporter les misères des populations. Ce sont
en tout sept (07) portefeuilles qui sont concédées
aux AGO. Sept ministères à problèmes et
des coquilles vides, devrait-on plutôt dire. Décryptage!
Affaires étrangères et Coopération
C’est en ne point douter le portefeuille le plus ronflant.
Selon la hiérarchie établie, c’est le troisième
poste d’importance du gouvernement. En fait sur papier.
Elliot Ohin est en plus ministre d’Etat et vient tout juste
après Esso Solitoki qui débarque à la Fonction
publique et à la Réforme administrative. Mais
dans la pratique, il n’aura aucune prise sur le cours des évènements,
même s’il aura la largesse de constituer personnellement
son propre cabinet. Le grand Professeur Léopold Gnininvi
est passé par là, mais il n’a rien pu faire.
La réussite à ce poste ne tient pas au niveau d’instruction,
au nombre des diplômes. Elliot Ohin n’y sera qu’un
simple faire-valoir, les grandes décisions se prendront
ailleurs. Il n’y est positionné que pour envoyer
un message à la Communauté internationale et faire
redorer le blason à Faure Gnassingbé. En réalité,
c’est le sous-fifre de Faure Gnassingbé, Gilbert
Bawara, qui , d’après les indiscrétions,
le chef du clan s’apprêterait à bombarder à la
tête de son cabinet comme Directeur qui s’occupera
de l’essentiel de tout ce qui a trait aux Affaires étrangères
et à la coopération.
Urbanisme et Habitat
Ministre l’Urbanisme et de l’Habitat. Sur le papier
cela doit être quelque chose d’énorme, il
ne représente pas grand-chose dans le contexte togolais.
Pire, c’est un nid à problèmes. Le chantier
qui y attend Komlan Nunyabu est gargantuesque. C’est à lui
qu’il revient d’entreprendre des initiatives pour
enjoliver l’image des villes togolaises qui n’existent
que de nom. Rien qu’à voir l’aspect chaotique
de la Capitale, avec ses boulevards et avenues colonisés
de nids-de-poules et replâtrés au mieux, le manque
d’infrastructures de canalisation des eaux de pluies, les
inondations qui se produisent à la moindre précipitation,
les dépotoirs un peu partout, il faudra un courage herculéen
au tout nouveau préposé pour réussir. C’est
encore à lui de résorber le sempiternel problème
de bradage des réserves administratives. M. Nunyabu risque
donc de s’en sortir complètement défiguré.
Enseignements
Amadou Brim Bouraïma Diabaté et son collègue
François Agbéviadé Galley devront très
vite redescendre sur terre, après l’euphorie consécutive à leur
nomination. Avec ces deux ministères de l’Enseignement,
ils sont loin d’être largués dans un magasin
de friandises. Ils n’auront qu’à gérer
des problèmes, surtout le préposé à l’Enseignement
Supérieur. Si la situation de son collègue de l’Enseignement
technique et de la Formation professionnelle est un peu moins
grave- c’est presque un strapontin, le titulaire n’aura
qu’à s’occuper de la question des écoles
de BTS et autres problèmes mineurs-, ce n’est pas
un cadeau fait à François Galley. Il aura fort à faire à ces «rebelles» et «opposants» d’étudiants
qui sont prêts à tout quand il s’agit de leurs
aides et bourses-il n’y en a même plus. Déjà depuis
quelques temps ils menacent d’engager des actions énergiques.
Et comme prémices, les étudiants de l’Institut
des Sciences de l’Information, de la Communication et des
Arts (ISICA) ont observé hier sur le campus de Lomé un
mouvement d’humeur pour dénoncer leurs conditions
d’études. C’est donc dans une poudrière
qu’il est parachuté, et il doit faire tout pour
contenir la colère de l’élite de demain «affamée».
Droits de l’Homme
Ministère des Droits de l’Homme, de la Consolidation
de la Démocratie et de la Formation civique, voilà l’autre «patate
chaude» filée à l’UFC. Yacoubou
Hamadou doit être très heureux d’avoir été débarqué de
ce ministère. Bon débarras, devrait-il crier à l’officialisation
de la nouvelle équipe. C’est à lui qu’il
revenait de gérer le gros dossier Kpatcha Gnassingbé,
le député incarcéré dans une affaire
d’atteinte à la sûreté de l’Etat
truffé de vices de procédure et violations des
droits des détenus. Cette affaire qui l’a même
amené plusieurs fois à jouer le mauvais rôle,
lui, le défenseur des droits de l’Homme, au nom
de la cohésion gouvernementale. Il y a par ailleurs le
dossier Atsustè Agbobli, retrouvé mort le 15 août
2008 à la plage qui reste non élucidé.
La grande question de la lutte contre l’impunité est
l’autre paire de manche, avec le fumant dossier des violences électorales
d’avril 2005. A tout cela devrait s’ajouter la question
des brutalités policières et des violations délibérées
des droits de l’Homme qui caractérisent l’après-scrutin
du 4 mars 2010. Du cran, Mme Léornadina Rita Doris Wilson
de Souza, devrait-on lui souhaiter.
Industrie, Zone franche et Innovations techniques
Voilà l’autre coquille vide. Qu’y a-t-il d’industrie
et d’innovation technologique au Togo ? La réponse à cette
question devrait aider à évaluer l’importance,
ou plutôt le peu d’utilité de ce portefeuille.
S’il existe bien une zone franche, ce n’est qu’une
somme de problèmes à régler, des contentieux
souvent liés à l’exploitation abusive des
employés togolais par ces expatriés indo-pakistanais
ou libanais patrons d’usines de fabrication de mèches,
savon ou autres. Le grand Professeur Léopold Gnininvi
est passé par là, comme on passe sur un chantier,
sans laisser d’empreinte. Ce ministère n’est
qu’un complément, un poste créé juste
pour abriter un prétendant au gouvernement. Et le nouveau
ministre Bakalawa Fofana doit se rendre à l’évidence.
Ministère de la Communication
C’est un département dont on pouvait même
se passer. Toute l’importance de son titulaire se résume à la
lecture sur la Télévision nationale des procès-verbaux
des conseils des ministres. Me Gahoun Hegbor doit en savoir quelque
chose. Quand il n’y a pas conseil des ministres, le ministre
de la Communication est donc au chômage et se ronge les
doigts.
C’est là un bref aperçu des portefeuilles
accordés aux Amis de Gilchrist Olympio (AGO) et dont ils
s’«enjaillent». Point n’est
besoin de les comparer aux ministères de souveraineté,
dont l’Administration territoriale, la Sécurité,
l’Economie et les Finances etc. Et pourtant on crie victoire
dans l’entourage de l’«opposant historique».
Tout le souhait est que les moyens et la liberté leur
soient donnés pour qu’ils réussissent et
nous donnent ainsi tort.
Tino Kossi, collaborateur etiame.com |
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