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TOGO:

L’UFC, porte-voix de Faure II

07 Juin 2010

Gilchrist Olympio est-il devenu le fossoyeur de la lutte des Togolais pour l'alternance? Ses comportements le font croireEyadema Gnassingbé père avait toujours la dynastie Olympio en ligne de mire. Faure Gnassingbé fils l'a assise à côté de lui, pour mieux instrumentaliser l'opposition.
 
La stratégie de la double lame de Faure Gnassingbé a été payante. En faisant entrer pour la première fois l’Union des forces de changement (UFC) dans un gouvernement, le président togolais a non seulement réussi à faire imploser la principale force de l’opposition, mais il ne pouvait aussi rêver d'une meilleure caution. Mal réélu le 4 mars, Faure Gnassingbé a placé sept membres de ce parti toujours dirigé par Gilchrist Olympio dans l’équipe du premier ministre Gilbert Houngbo. Trois d’entre eux serviront sa quête de légitimité internationale.

Nommé à la tête d’un super ministère des affaires étrangères englobant la coopération, l’ancien secrétaire général de l’UFC, Elliott Ohin, est le nouveau porte-étendard du régime. Le ministre de la communication, Djimon Oré, délivrera la bonne parole, tandis que Leonardina Rita Wilson de Souza expliquera l’approche du palais de Lomé II en matière de droit de l’homme. Cerise sur le gâteau, si les étudiants revendiquent trop bruyamment, leur interlocuteur sera également un ministre UFC: François Agbéviadé Galley, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Mais l’ouverture a ses limites… Faure garde la main sur le coffre-fort et la sécurité. Les finances restent sous le contrôle du très fidèle Adji Otéth Ayassor, ancien haut cadre du ministère de l’éducation nationale. De son côté, Dammipi Noupokou est reconduit au ministère - stratégique - des mines et de l’énergie. Il est récompensé pour avoir mené à terme le projet de la centrale électrique de Lomé avec les Américains de ContourGlobal. La sécurité demeure sous l'emprise du colonel Atcha Titikpina, tandis que Biossey Kokou Tozoun gère à nouveau la justice.

Cette politique de la main tendue n'empêche pas une surveillance étroite des sept ministres "olympistes", qui seront entourés par le secrétaire général sortant du RPT (Rassemblement du peuple togolais, parti au pouvoir), Solitoki Esso, qui hérite du second ministère d’Etat (fonction publique et réforme administrative). Le grand perdant est incontestablement Gilbert Bawara, qui quitte le ministère de la coopération. Il pourrait rejoindre le cabinet présidentiel ou être nommé à la tête d'une ambassade stratégique. Il a été sacrifié au profit de Pascal Bodjona. Baron du régime et pièce maîtresse du rapprochement avec Olympio, ce dernier est le gardien de la très stratégique administration territoriale.

Début mai, Elliott Ohin a fait le go-between entre la primature et Gilchrist Olympio avant que le vieil opposant ne prenne le relais et négocie les portefeuilles. Selon nos informations, l’avocat Jean-Claude Homawoo, ancien membre de la CENI, et Isaac Tchiakpe, chargé de la communication d’Olympio en France, ont été proposés mais non retenus. Tout comme Djovi Gally, qui a vu ce portefeuille lui échapper car il est l’actuel défenseur du demi-frère du chef de l’Etat, Kpatcha Gnassingbé. La nomination du nouveau chef de la diplomatie a justifié le rappel en urgence à Lomé, le 25 mai, du ministre sortant des affaires étrangères, Koffi Esaw. Il se trouvait à Paris pour la préparation du Sommet Afrique-France de Nice. Tous les ambassadeurs sont aussi rentrés au pays!

Lettre du Continent du N° 589 03/06/2010

 

 

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