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Togo: Montage pour une dissolution programmée de l’UFC:

Gilchrist Olympio mis en scène par ses «amis» pour mieux le ridiculiser

09 juin 2010

Gilchrist Olympio, au milieu de ses lieutenants au beau temps d'une entente parfaite au sein de l'UFCA première vue, on ne peut pas refuser au nouveau transfuge de l’opposition, que dis-je, celui qui l’incarne le mieux depuis 1963, Gilchrist Olympio, de laver «l’affront» à lui porter par son «fils spirituel» Jean-Pierre Fabre et de réagir par rapport à son «exclusion temporaire» des commandes de l’UFC (Union des forces de changement).  

Mais les circonstances, d’abord de la «réélection» contestée du monarque togolais Faure Gnassingbé le 04 mars dernier que le rapport de la mission d’observation de l’élection commise par l’Union européenne au Togo a eu à épingler, ensuite le soulèvement populaire qui a lieu depuis la proclamation des résultats controversés qui a pour conséquences de déverser des dizaines de milliers de Togolais dans les rues les mercredis soirs et les samedis pour exiger «la vérité des urnes» et enfin le macabre spectacle de la justice togolaise qui a dissous le parti politique OBUTS sous de fallacieux prétextes, poussent le commun des Togolais à s’interroger sur le bien fondé de Gilchrist Olympio de traduire le bureau national de l’UFC devant les tribunaux aux ordres de son nouvel ami et partenaire le RPT.

La lettre sortie des cartons du «cabinet du président national de l’UFC» (sic) en dit long sur l’intention de l’ex leader charismatique de l’opposition de saboter la lutte populaire menée et incarnée au sein du FRAC par ses anciens lieutenants qui entendent arriver à bon port pour le changement et l’alternance au Togo, pays régi depuis 43 ans par une dictature et par une monarchie qui réduisent considérablement les libertés individuelles et publiques et conduisent les populations dans une paupérisation sans précédent, populations au sein desquelles, posséder un dollar par jour relève d’un miracle.

L’objectif avéré de Gilchrist est donc d’écraser la contestation du pouvoir par le FRAC au moment où il a réussi un tour de farce en faisant intégrer ses amis dans un gouvernement dans lequel il est clair qu’il fait de la figuration pour tenter de légitimer un régime en mal de reconnaissance au niveau de l’opinion publique nationale et internationale.

Il faut l’avouer, la tentative du fils du père de l’indépendance poussée par Elliot Ohin, Isaac Tchiakpé et Djovi Gally de porter un coup fatal à l’existence même du parti le plus structuré et le mieux implanté au Togo, résulte d’une machination dont seul le RPT tire les ficelles. Mais c’est comme donner un coup de bâton dans le vide. Car, à considérer même que la justice togolaise tout comme elle a dissous OBUTS, tente de faire de même de l’UFC, ne fera que renforcer les Togolais dans la juste cause qu’ils défendent pour le changement et l’alternance politique.

Leur soutien au bureau national de l’UFC fidèle aux objectifs de départ du parti n’en sortira que plus massif. Ceci permettra évidemment de se départir des mauvaises graines qui se tassent encore dans l’opposition afin de permettre à celle-ci de se constituer en une nouvelle alternative plus crédible capable d’insuffler une nouvelle dynamique vers des lendemains plus victorieux avec pour conséquences de fléchir les positions des obscurantistes du pouvoir en place et de voir enfin éclore sur la terre togolaise une ère nouvelle de démocratie, la vraie cette fois-ci.

Et les têtes ne manquent pas pour incarner cette nouvelle opposition autour de Jean-Pierre Fabre.

S’il est incontesté que François Boko, l’ancien ministre de l’intérieur de Gnassingbé père a été déterminant dans la constitution du FRAC (Front républicain pour l’alternance et le changement), ses expériences nationales et internationales, sa capacité d’organisation et de mobilisation seront autant d’atouts qui pourront servir à réformer ce qui restera de l’UFC, si d’aventure celle-ci disparaissait.

Kofi Yamgnane, avec ses qualités d’ancien homme d’Etat français et sa volonté de voir le Togo partir sur un nouveau départ sans le clan Gnassingbé est un autre atout pour la lutte populaire. La ramification de ses réseaux en Europe et dans la diaspora togolaise est source de mobilisation de moyens pour venir à bout d’une dictature cinquantenaire et d’une meilleure implémentation d’un parti sans Gilchrist et les AGO.

Et d’autres personnalités comme Aimé Guogué, Patrick Lawson, Isabelle Améganvi, Abi Tchéssa, serviront de socle pour renforcer une opposition nouvelle qu’incarnera incontestablement le véritable vainqueur de la dernière élection présidentielle du 04 mars 2010 Jean-Pierre Fabre.

Cette argumentation justement avancée par notre confrère La Lettre du Continent dans son N° 589 du 03 juin 2010 (voir www.etiame.com/etiame1187.htm ) sera plus payante au regard du comportement de félonie de Gilchrist Olympio dont les amis n’ont pas su assumer la responsabilité d’une lettre rendue publique en son nom dont aucun n’a voulu y mettre le sceau.       

Car si le prétendu cabinet va jusqu’à donner un ultimatum au «Bureau National de l’UFC de rendre publique avant le 14 juin 2010 une déclaration signée de la personne compétente, reconnaissant explicitement l’illégalité et l’illégitimité» de l’exclusion de Gilchrist et des AGO de l’UFC, cette lettre en date du 06 juin 2010 qui exige des excuses publiques au Président de l’UFC (sic), en guise de préparation du Congrès Extraordinaire de «la clarification, la réconciliation et la rénovation» n’en demeure pas moins une déclaration de guerre à ceux qui résistent aux strapontins exhibés par Faure Gnassingbé et Gilchrist Olympio pour mettre l’ensemble des combattants de la liberté dans un même sac, celui de l’imposture, de la gabegie et de la prédation.

Se sachant désormais protégés par des lois scélérates de la justice togolaise, on comprend mieux dès lors, pourquoi ce cabinet menace de porter devant des tribunaux RPT, un problème de dysfonctionnement interne à un parti, lesquels tribunaux ces mêmes personnes aujourd’hui entrées avec armes et bagages au RPT dénonçaient l’assujettissement à l’exécutif togolais.

Voilà d’ailleurs pourquoi le cabinet Olympio précise: «… nous saisirons la justice, dont la décision d’annulation ne sera pas sans conséquences judiciaires contraignantes, en plus des suites disciplinaires internes au Parti lors de son prochain Congrès Extraordinaire {…} Ces conséquences judiciaires comporteraient entre autres l’interdiction judiciaire de tout acte illégal futur au nom de l’UFC de la part de toute personne non juridiquement compétente et concernant entre autres la convocation de réunion de Bureau National du Parti ou de Congrès Extraordinaire du Parti, et la signature d’un document ou d’une décision émanant d’un organe compétent quelconque du Parti en l’absence ou en la présence du Président National du Parti». On ne peut plus être clair.

Sachant la justice togolaise aux ordres du prince, les menaces de Gilchrist Olympio ne font l’ombre d’aucun doute qu’il cherche à faire taire Jean-Pierre Fabre afin que celui-ci ne parle plus au nom de l’UFC, formation populaire dont l’évocation du seul nom fait des émules.

C’est ce que constate un responsable d’une organisation de la société civile très connue qui dévoile que selon certaines indiscrétions, le cerveau de cette manœuvre est un avocat qui, du fait des prébendes, a décidé de rejoindre Gilchrist Olympio (Ndlr: Djovi Gally en l’occurrence). Notre interlocuteur affirme que: «… Après être entrés au gouvernement, ces amis de Gilchrist Olympio veulent aider le pouvoir à étouffer les manifestations du FRAC. C’est un plan bien fignolé. Ils vont porter l’affaire devant le tribunal qui va tenter de leur donner raison. Les termes de leur déclaration disent tout». Et il fait un lien avec ce qui s’est  passé avec OBUTS: «… Ils savent que la justice togolaise est aux ordres et qu’elle ne se mettra qu’au service de ceux qui ont le pouvoir. L’affaire de dissolution d’OBUTS n’est que le premier test. N’ayant aucun argument pour interdire les manifestations de rue qui gênent énormément, ils veulent passer par la justice en complicité avec M. Olympio et ses amis».

Mais ce scénario catastrophe sera sans conséquences sur les aspirations profondes du peuple. Car aucune machination, aucun étouffement aussi machiavélique qu’il soit, ne peut émousser l’ardent désir des Togolais au changement. Et dans l’actuelle situation de détérioration politique et de crise aigue, Gilchrist Olympio et ses amis en portent une lourde responsabilité devant l’histoire.

Jules Symféïtchéou, Etiame.com

 

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