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Togo: Infrastructures inexistantes, cause des inondations récurrentes:

Manque de volonté politique, fuite en avant, détresse des populations

18 juin 2010

Faure Gnassingbé, responsable de tous les problèmes des TogolaisC’est un secret de polichinelle, avec la saison pluvieuse à Lomé, la capitale offre un décor pas du tout enviable. Cette année non plus ne déroge à la règle. Avec les pluies qui tombent sans interruption depuis quelques temps, le spectacle est désolant, avilissant davantage l’image de la ville qui n’était pas trop reluisante.

Certains quartiers étaient réputés inondables à la moindre précipitation. Il s’agit d’Adapkamé, Zorro Bar et environs. Mais c’est presque tous les quartiers de Lomé qui sont aujourd’hui touchés, déjà avec cette saison pluvieuse qui n’a même pas encore atteint son pic. Baguida, Tokoin Gbadago, Nukafu, Nyékonakpoè, Agoényivé, tous les quartiers sont inondés. Les maisons d’habitation ne sont pas épargnées. Certaines sont envahies, et les eaux délogent leurs occupants. Des constructions se sont écroulées sous la pression de l’eau. C’est le cas à Nukafu où on a enregistré trois (03) décès d’enfants des suites de la pluie du 09 juin dernier.

La circulation à Lomé est devenue un chemin de croix pour tous les habitants. En véhicule, à moto ou à pied, on est obligé de faire des gymnastiques pour se frayer un passage. C’est un chemin de croix pour les habitants d’Adakpamé et environs. Par endroits, c’est des bourbiers géants qu’ils sont obligés de traverser. Les difficultés sont telles que les chauffeurs et autres conducteurs de taxi-moto ont décrété un embargo sur ce quartier et tous les passagers qui sont obligés de s’y rendre sont surtaxés.

Le bon sens aurait voulu qu’on planche sérieusement sur les causes réelles des inondations récurrentes à Lomé à la moindre précipitation. Cela permettrait de circonscrire le phénomène. Mais au lieu de cela, c’est du folklore qu’offrent les gouvernants.

C’est un rituel, à chaque saison des pluies et des inondations, c’est le spectacle qu’offrent les ministres. Du riz, du maïs, du savon, du détergent et des morceaux de sucre sont offerts aux sinistrés, avec plein de discours de compassion factice devant les cameras et micros des médias d’Etat pour rapporter le spectacle dans ses moindres détails. Et déjà les populations se gaussent et réclament ces visiteurs inopinés. Un de ces quatre, Méimounétou Ibrahima et Atcha Titikpina, les deux spécialistes en la matière devraient reprendre leur bâton de pèlerin. Certainement qu’ils n’ont pas encore les fameuses «instructions fermes»  de qui de droit, ou on attend que les inondations arrivent au niveau fatidique pour ce faire. S’agissant des causes de ces inondations, l’argument-massue évoqué souvent par les gouvernants pour se disculper est que les gens ont construit dans des zones inondables. Déjà ce sempiternel refrain est servi dans les reportages sur des médias d’Etat. Parlons-en justement.

Un tel morceau, voilà depuis cinq (05) ans, pour ne pas dire quarante-trois (43) ans de gestion du RPT qu’il est servi. Il faut avouer que c’est assez ahurissant et avilissant pour un homme qui se veut un «Leader nouveau» incarnant un «Esprit nouveau» et un régime qui se pose comme le seul capable de diriger le pays. Une telle argumentation est une fuite de responsabilité de la part des gouvernants et montre leur incompétence criarde. Un régime qui est au pouvoir est censé trouver des remèdes aux problèmes existentiels qui se posent à ses gouvernés. C’est là même sa raison d’être. Et justement même si Adakpamé et ses environs sont situés dans des zones inondables, des bas fonds, ce n’est pas la première fois que Faure Gnassingbé et les siens le savent. C’est de leur devoir de rechercher des voies et moyens pour régler ce problème ou minimiser le phénomène d’inondation. Il suffirait que Faure Gnassingbé et les siens dotent les quartiers d’infrastructures de canalisation des eaux et le tour serait joué. Il y a besoin de construire des égouts et des points de rétention des eaux. Les ressources humaines et financières ne devraient pas manquer. La situation de ces quartiers n’est pas pire que celle des Pays Bas. Tout le territoire néerlandais est en-dessous du niveau de la mer et les risques d’inondation étaient immenses. Mais les Hollandais se sont investis et ont dompté la mer pour ainsi dégager des terres sèches vivables. Cette réussite a fait d’eux les meilleurs techniciens au monde en assainissement, en maîtrise des eaux et en aménagement du territoire. Les Hollandais y sont arrivés à force de volonté.

Les gouvernants actuels du Togo pouvaient minimiser les inondations à Adakpamé et autres «zones inondables» s’ils le voulaient. Ce n’est juste qu’une question de volonté. Charger à tous les coups les habitants d’avoir construit dans des zones inondables pour se disculper n’est rien d’autre qu’une fuite de responsabilité.

Tino Kossi, collaborateur Etiame.com

 

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