Togo: Dissolution du parti d’opposition OBUTS:
Faure réduit le Togo au rang d’une
dictature!
26 juin 2010
En une semaine Faure GNASSINGBE, Président illégitime
de la République du Togo, vient de signifier au peuple
togolais et à la Communauté internationale, sous
quels auspices il entend gouverner notre pays. Celui d’une
dictature qui n’ose pas dire son nom et qui pourtant vient
de reprendre tous ses droits au Togo.
Le bilan de la semaine qui s’achève est en effet
très lourd contre les libertés publiques et les
droits humains!
Aux 3 morts, aux innombrables blessés, et l’on
ne sait combien d’arrestations, parmi les manifestants
qui voulaient le 22 juin signifier leur refus d’une augmentation
du prix des carburants qu’ils n’ont plus les moyens
de supporter, vient s’ajouter ce 25 juin à midi
l’interdiction et la dissolution du parti politique OBUTS,
pourtant légalement constitué.
C’est bien une triste journée de plus pour la démocratie,
l’état de droit et l’indépendance de
la justice au Togo!
Au mépris des règles de procédure et de
la réfutation des preuves pourtant fournies par la défense,
le Président du Tribunal de Première Instance de
Lomé, aux ordres, a passé outre à une décision
de la Cour Constitutionnelle, reconnaissant la légalité du
parti OBUTS, et a ainsi apporté l’éclatante
démonstration de l’absence de séparation
des pouvoirs exécutif et judiciaire au Togo.
Alors que la légalité de OBUTS a été définitivement
confirmée par décision N°E-003/10 du 1er Février
2010 de la Cour Constitutionnelle, le Tribunal de Première
Instance de Lomé, contre tout bon sens et sous le regard
inquisiteur de son premier magistrat, a prononcé au mépris
du droit la dissolution de la formation politique OBUTS légalement
constituée.
Le CVU observe que cette décision, éminemment
politique, découlant de l’acharnement contre OBUTS
et son Président, est le prix fort que vient de payer
cette formation politique, en raison de son refus d’entrer
au Gouvernement de Large Ouverture que voulait concocter Faure
GNASSINGBE, pour faire taire la contestation née du deuxième
holdup électoral qu’il a commis lors de l’élection
présidentielle du 4 mars 2010.
Par cette grossière manœuvre, Faure GNASSINGBE
voulait faire taire la voix de l’un des deux partis politiques
les plus actifs pour mener cette contestation, et surtout faire
avaliser une action politique qui conduit à la régression
sociale, et au déni de droit au Togo.
Le CVU conteste avec la plus grande énergie le jugement
de dissolution d’OBUTS rendu ce jour et a demandé qu’un
appel soit interjeté.
En saluant déjà les médias pour leur précieuse
contribution à la lutte citoyenne du peuple togolais,
de même que les nombreuses voix de leaders politiques togolais
et de la société civile qui dès cet après
midi se sont élevées devant l’iniquité d’une
telle décision, et devant la gravité de cette situation
pour l’avenir des libertés politiques au Togo, le
CVU demande à tous les responsables de l’ensemble
des partis politiques du Togo de se déterminer avec la
plus grande clarté devant une décision qui ramène
notre pays plus de quarante ans en arrière.
Le CVU leur demande d’apporter leur soutien à l’ensemble
des forces démocratiques, parmi lesquelles OBUTS, qui
ont une opinion différente de celle de Faure GNASSINGBE,
sur la politique à mettre en œuvre pour sortir le
Togo de la crise profonde dans laquelle il se trouve aujourd’hui.
Le peuple togolais a plus que jamais besoin de savoir sur qui
il peut compter véritablement pour relever les défis
immenses qu’appelle la Vérité des Urnes et
des Comptes publics, afin de bâtir au Togo une société de
confiance basée sur un véritable état de
droit et la prospérité partagée.
Le nouveau mandat usurpé de Faure GNASSINGBE commence
sous les plus mauvais auspices. Cette décision annonce
un musèlement encore plus intense de tous les espaces
de liberté et une instrumentalisation à outrance
de la justice à des fins politiques, avec ses corollaires
de violation massive des droits humains.
Le CVU lance un appel pressant à toutes les filles et à tous
les fils du Togo tout entier à rester résolument
mobilisés où qu’ils se trouvent, pour faire
barrage à ce déni de droit qui avilit l’image
de notre pays dans le concert des nations civilisées.
La Résistance citoyenne doit redoubler d’intensité pour
en finir avec un régime qui piétine la liberté et
les droits humains les plus élémentaires. Que
Dieu nous donne le regain d’énergie nécessaire
pour faire triompher cette année 2010 nos légitimes
aspirations de Liberté et de Dignité!
Togo debout, luttons sans défaillance, et vive la République!
Le 25 juin 2010
Dr Yves Ekoué Amaïzo
Coordinateur International Provisoire Collectif
pour la Vérité des Urnes (CVU). |