Déclaration:
Sur la sanglante répression du
soulèvement populaire spontané contre l’augmentation
scélérate du prix des produits pétroliers
au Togo
26 juin 2010
Le vendredi 18 juin 2010, dans un contexte pourtant marqué par
une paupérisation générale des populations
laborieuses du Togo, le gouvernement de collaboration Faure GNASSINGBE
- Gilchrist OLYMPIO décrétait une augmentation
scélérate du prix des produits pétroliers
qui a fait passer:
- l’essence de 505 F CFA/litre à 580F/litre
soit une augmentation de 75 F (14,85 %);
- le gas-oil de 500F CFA/litre à 575F/litre soit
une augmentation de 75 F (15 %);
- le pétrole lampant de 390 F CFA/litre à 475 F/litre
soit une augmentation de 85 F (21,79%).
Il faut constater en premier lieu que la plus forte hausse,
celle du pétrole lampant (21,79 %), pénalise tout
particulièrement les plus démunis surtout les pauvres
paysans des campagnes dont il est la principale source d’énergie
pour l’éclairage nocturne. Par ailleurs, chacun
sait que, comme cela a toujours été le cas par
le passé, la conséquence immédiate de ce
train de hausses est une inflation généralisée
des prix de tous les produits de consommation courante dont ceux
de première nécessité ainsi que des services.
C’est dans cette situation que, spontanément, le
mardi 22 juin 2010, les catégories sociales démunies,
les plus durement touchées par cette hausse drastique
: conducteurs de véhicules de transport en commun et de
taxi-motos se révoltaient contre ce train de hausses antisociales.
Débordant les appareils des directions des syndicats et
associations de leurs corporations, pour la plupart inféodées
au régime RPT, elles paralysaient la circulation des engins
motorisés sur toute l’étendue du territoire
national.
Au lieu de répondre avec le nécessaire tact à cette
explosion sociale spontanée, le gouvernement de collaboration
Faure GNASSINGBE – Gilchrist OLYMPIO le réprima
avec la plus brutale sauvagerie. Les forces de sécurité et
de défense : Police, Gendarmerie, Forces armées
togolaises (FAT), déployées par ce gouvernement
ont tiré des grenades lacrymogènes et à balles
réelles sur des manifestants aux mains nues qui furent
pourchassés et arrêtés jusqu’à l’intérieur
même des maisons dans nombre de quartiers.
Le bilan, accablant, est là car il y eut mort d’hommes:
au moins 3 citoyens tués et de nombreuses arrestations!
Le Parti des travailleurs dénonce et condamne avec la
plus grande vigueur cette sauvage répression contre un
mouvement spontané qui n’est que l’expression
du ferme rejet d’une mesure socialement injuste ressentie
par la population comme une provocation gouvernementale de plus
dans un contexte politique et social déjà chargé se
caractérisant notamment par:
• De puissantes marches pacifiques de plus de 200 000 personnes
se succédant chaque samedi depuis 3 mois à l’appel
du FRAC avec le soutien d’OBUTS, du Parti des travailleurs
et de nombreuses associations populaires dénonçant
le coup d’Etat électoral contre l’élection
présidentielle du 4 mars 2010 qui a frauduleusement reconduit
Faure GNASSINGBE au pouvoir en toute illégalité et
illégitimité;
• Des affluences massives aux audiences hebdomadaires du
procès inique fomenté en sous-main par le régime
RPT pour faire dissoudre de façon antidémocratique
le parti OBUTS qui le met difficulté;
• Le refus du gouvernement de satisfaire les revendications
de nombreuses catégories de travailleurs dont il reconnaît
pourtant lui-même la légitimité comme on
le voit actuellement avec la grève des personnels des
hôpitaux dont il refuse d’honorer les engagements
salariaux qu’il a lui-même pris lors de négociations
avec les syndicats qui se sont conclues par des accords pourtant
dument signés!
• La multiplication de licenciements dans nombre de sociétés
d’Etat comme c’est le cas pour les 600 employés
licenciés de la SNPT (ex OTP) qui ne cessent de multiplier
conférences de presse et sittings pour exiger le paiement
des indemnités de licenciements qui leur sont légitimement
dues;
• La généralisation du chômage, de
la précarisation et de la misère dans tout le pays,
tant dans les villes que dans les campagnes en l’absence
chronique d’une audacieuse politique gouvernementale de
création d’emplois, seule à même d’assurer
des conditions de vie décentes pour toute la population;
• La généralisation du vol, de la corruption,
de la gabegie et du pillage des richesses et ressources nationales
au sommet et dans les principaux rouages de l’Etat par
les tenants du pouvoir RPT.
Force est donc de constater que le gouvernement Faure GNASSINGBE – Gilchrist
OLYMPIO, désavoué par le peuple togolais, n’a
pour autre politique que de faire payer aux miséreuses
populations la faillite de la gestion parasitaire du clan des
GNASSINGBE au pouvoir depuis 43 ans au Togo.
Une politique antisociale prévisible et prévue!
Comme l’indiquait déjà le Parti des travailleurs
dans sa Déclaration du 1er juin 2010, au lendemain de
la constitution de ce nouveau gouvernement de collaboration:
«Et, il n’y a aucun doute sur le fait qu’à travers
la constitution du gouvernement Faure GNASSINGBE – HOUNGBO – Gilchrist
OLYMPIO, il s’agit de poursuivre la même politique
antinationale que le RPT, seul, n’est plus capable d’appliquer
au compte des intérêts des grandes puissances
et maffias étrangères qui ont pris en otage notre
pays dont elles pillent sans vergogne les richesses matérielles
et humaines.
En effet, alors que de nombreux détenus politiques
sont arbitrairement maintenus dans les prisons togolaises,
il est clair que ce gouvernement aura à poursuivre la
mise en application des mêmes plans du régime
RPT organisant la misère, la famine, la régression
sociale, la ruine, le vol, le pillage, la gabegie, les divisions
ethnico-régionalistes, les assassinats et violations
massives des droits de l’Homme, etc..»
3 semaines à peine après la constitution de ce
gouvernement de collaboration Faure GNASSINGBE – Gilchrist
OLYMPIO, nous voyons l’extraordinaire rapidité et
toute la brutalité assassine avec lesquelles il met en œuvre
cette politique que nous avions déjà prévue à travers
les hausses scélérates actuelles.
Face à cette situation, le Parti des travailleurs soutient
le soulèvement populaire en cours et exige:
1°) l’annulation inconditionnelle et immédiate
de la hausse scélérate du prix des produits pétroliers
décrétée le vendredi 18 juin 2010 par le
gouvernement de collaboration Faure GNASSINGBE – Gilchrist
OLYMPIO;
2°) la libération inconditionnelle et immédiate
de tous les manifestants et citoyens arrêtés ainsi
que l’arrêt inconditionnel et immédiat de
la répression contre un soulèvement populaire qui
ne fait que défendre le respect de droits légitimes
du peuple togolais;
3°) l’arrestation et le châtiment des militaires,
gendarmes et policiers qui ont assassiné des manifestants
et citoyens innocents au mépris des dispositions de la
Constitution de la IVe République du Togo qui leur garantit
le droit de refuser d’exécuter des ordres illégaux;
4°) la constitution d’une commission d’enquête
indépendante pour faire toute la lumière sur les
assassinats qui ont été commis et en situer toutes
les responsabilités.
Le Parti des travailleurs lance un appel à la convergence
de toutes les luttes sociales et citoyennes en cours dans un
large mouvement d’unité pour imposer le départ
du gouvernement Faure GNASSINGBE – Gilchrist OLYMPIO, seul à même
d’apporter une véritable satisfaction immédiate
aux revendications sociales et politiques qui en font l’objet.
Lomé, le 23 juin 2010
Pour le Parti des travailleurs,
Le Secrétaire chargé de la coordination
Claude AMEGANVI
Déclaration UFC:
Relative à l’augmentation
des prix des produits pétroliers
26 juin 2010
Le gouvernement a procédé, le vendredi 18 Juin
2010 tard dans la soirée, à une augmentation de
près de 15% des prix des produits pétroliers. Cette
augmentation qui n’a fait l’objet d’aucune
concertation avec les partenaires sociaux, ne semble reposer
sur aucune justification en rapport avec le contexte sociopolitique
national. En effet:
- au moment où la cherté de la vie, la précarité,
la misère et la pauvreté atteignent la grande majorité des
Togolais,
- au moment où les travailleurs, floués dans la
mise en œuvre des conclusions des dialogues sociaux avec
les pouvoirs publics, voient leur pouvoir d’achat réduit à néant,
- au moment où les populations togolaises, victimes d’inondations
saisonnières, sont une fois encore abandonnées à leur
triste sort, sans aucune perspective de salut,
- au moment où les auteurs de crimes économiques
font un étalage sans vergogne de leurs biens mal acquis
et circulent en toute impunité avec, en prime, des nominations à des
postes importants,
- au moment où le pays s’enlise plus que jamais
dans une crise politique aggravée par le hold-up électoral
du 04 Mars 2010,
- au moment où les populations togolaises frustrées
se mobilisent pour exprimer à travers diverses manifestations
leurs aspirations légitimes à l’alternance
et au changement,
- au moment où les populations togolaises sont révoltées
contre les tentatives perverses des pouvoirs publics de faire
disparaître les partis politiques de l’opposition,
une telle décision est l’expression patente de
l’arrogance, de l’insolence et de l’indifférence
qui caractérisent la gouvernance d’un régime
RPT illégitime et impopulaire. Elle apparaît comme
une véritable injure et un mépris au peuple togolais
tout entier.
L’Union des Forces de Changement (UFC) dénonce
la décision inopportune et scélérate d’augmenter
les prix des produits pétroliers. Elle exige l’abrogation
immédiate de cette mesure qui ne vise qu’à renflouer
les caisses occultes du pouvoir RPT.
L’UFC condamne les répressions sanglantes des manifestations
légitimes de protestation et de revendication spontanées
des populations par les forces armées et de sécurité.
Elle exige la libération immédiate et sans condition
de toutes les personnes arrêtées au cours des manifestations.
L’UFC exprime sa compassion aux familles endeuillées
et aux blessés. Elle marque sa solidarité avec
les travailleurs de tous les secteurs en lutte pour l’amélioration
de leurs conditions de vie et de travail.
Fait à Lomé, le 24 Juin 2010
Pour le Bureau National,
Le Secrétaire Général
Jean-Pierre Fabre |