Conférence-débat à Lille sur la
problématique de la démocratie au Togo:
Soutenir le Togo pour le sortir de sa situation plus
qu’explosive
29 juin 2010
Ce 25 juin 2010, sur l’initiative du Parti socialiste français
de la fédération Nord, s’est tenue en son
siège à Lille, une conférence-débat
sur le Togo avec pour mot d’ordre «La situation
au Togo nous concerne. Elle vous concerne». Cette
conférence a réunie autour des responsables fédéraux,
Kofi Yamgnane ancien ministre de la République française
et porte-parole du Frac (Front républicain pour l’alternance
et le changement) au Togo, un mouvement d’opposition et
François Boko, ancien ministre de l’intérieur
du Togo et avocat au barreau de Paris. On note aussi dans la
salle des élus municipaux du département du Nord
qui veulent s’outiller sur la question togolaise et de
nombreux Togolais résidant dans le Nord Pas-de-Calais
qui ont fait le déplacement.
Dans son mot de bienvenue, Virginie Tchoffo, conseillère
déléguée au rapport Nord-Sud au PS a salué l’initiative
du jour qui s’inscrit selon elle dans la logique de soutien
aux peuples africains marginalisés et qui luttent pour
s’affranchir de toutes dérives dictatoriales. Pour
elles, «Si la démocratie c’est soutenir
les populations qui souffrent et qui sont en quête de démocratie,
oui alors le PS est du côté de l’opposition
togolaise». Après un bref portrait des orateurs
du jour, la parole fut donnée à Kofi Yamgnane de
dresser un aperçu historique et géographique du
Togo et de présenter la situation socio-politique actuelle
du pays aux invités. D’après lui, le Togo
est «un petit pays avec de grands problèmes.
Si j’ai décidé de retourner au Togo, c’est
pour aider au développement du pays. Car pour s’occuper
des populations, il faut prendre le pouvoir politique pour s’occuper
de tout le monde. Au Togo on ne lutte plus pour un développement
mais pour une survie car les Togolais sont toujours de plus en
plus pauvre. On a affaire à un régime dur
qui s’est installé depuis 1963, un régime
qui se considère toujours comme un parti-Etat, un parti
unique».
Il a fait un bref retour sur le refus de sa candidature à la
dernière élection présidentielle, refus
qu’il associe à une volonté délibérée
du Rpt d’ «éliminer de la course
un candidat gênant».
Kofi Yamgnane a par ailleurs égratigné Sarkozy
qui ne veut rien faire de la situation actuelle car ne cherchant
qu’à protéger les intérêts de
ses amis personnels qui font des affaires louches dans le pays.
Il cite en l’occurrence Bolloré qui contrôle
la plupart des ports maritimes de l’Afrique subsaharienne.
C’est pour cela dit-il que «le PS doit gagner
2012 pour une rupture dans les relations de la France avec l’Afrique.
Car l’Afrique n’a pas besoin d’aide pour vivre, étant
le continent le plus riche au monde». En conclusion,
l’orateur souhaiite qu’il faut «s’inventer
un système politique qui correspond aux réalités
du continent. De toute façon, nous prendrons le pouvoir
pour proposer une alternative au Togo et au continent».
Akim Oural, représentant Gilles Pargneaux, Premier secrétaire
de la fédération Nord du Parti socialiste, tout
en remerciant l’assistance et les invités, affirme
que «l’Europe n’est pas à la hauteur
de la question africaine. Car il faut arrêter de piller
le continent. Et le PS français fera tout ce qui est en
son pouvoir pour que l’Europe discute d’égal à égal
avec l’Afrique et ne plus parler de rapport de soumission».
M. Oural a pris la mesure de la situation délétère
du Togo répéter le soutien sans faille du Parti
Socialiste et de la Première secrétaire Martine
Aubry à la lutte du peuple togolais pour sa liberté et
son souhait de désigner ses dirigeants.
M. Boko François a eu l’honneur de présenter
le FRAC, ses objectifs et les perspectives qui s’offrent
au Togo de sortir de l’ornière. Selon l’ancien
ministre du Togo, le pays n’aucun choix que celui de la
démocratie et de la bonne gouvernance. Le Togo, ne sera
pas l’éternel mauvais élève de la
sous-région qui fait du recul au lieu des avancées.
Pour Boko, rien n’a fondamentalement changé dans
le pays depuis la mort du Général Eyadèma
et qu’au regard des fraudes massives ayant entravées
le dernier scrutin présidentiel, le pouvoir togolais a
intérêt à ouvrir un cadre de discussion et
de négociation avec le véritable vainqueur de l’élection à savoir
Jean-Pierre Fabre. Il a fustigé la stratégie de
diversion qui a parachuté au gouvernement les amis de
Gilchrist Olympio et que cette stratégie ne fait qu’empirer
la situation politique. Il n’a pas manqué non plus
de condamner la répression militaire et sanglante qui
a fait trois décès à Lomé lors des
manifestations contre la hausse des prix du carburant. Enfin
M. Boko a exhorté la diaspora à se mobiliser et
appeler le peuple togolais au courage pour la victoire.
Le débat qui a suivi a été intense et très
nourri. Les différentes associations de la diaspora togolaise
en France ont tour à tour pris la parole pour fustiger
la prise éhontée du pouvoir par Faure. Elles ont
sonné la mobilisation. Suivez les différentes interventions:
M. Agbodjan Georges: (Comité de soutien au peuple togolais
Lille) Créé le 16 avril 2010 à Lille pour sensibiliser
la fédération Nord du PS. Cette association est composée
de toutes les diasporas africaines à Lille et des militants du PS. Le
comité est derrière le Front républicain pour l’alternance
et le changement qu’il entend soutenir de toutes les manières.
Il a lancé un appel au PS pour aider le Togo et l’Afrique dans
la lutte contre les potentats africains. La France a une responsabilité énorme
dans ce qui ce passe au Togo. Car le Premier président démocratiquement élu
fut assassiné avec la complicité de la France.
Crépi Ayité, Conseil mondial de la diaspora togolaise
CMDT): La politique togolaise est compliquée car les manipulations
de conscience sont nombreuses et il faut expliquer cela pour que les partenaires
comprennent. Il est revenu sur le CMDT qui vise un intérêt
général et encourager l’Etat de droit, soutenir les projets
de développement. Il a noté une forte communauté togolaise à Lille.
Il dit que plusieurs associations togolaises sont actives sur le terrain. Il
a annoncé que le prochain congrès du CMDT se tiendra les 24 et
25 juillet à Bruxelles.
Ernest Mourou: En ouvrant le siège de la fédération
Nord Ps à l’opposition, le PS vient d’être du côté de
l’opposition togolaise. Le Togo est aujourd’hui à un carrefour
et il faut être déterminé à aller au bout. Il a
confié les togolais de la diaspora à aller durant ces vacances
sur le terrain pour manifester avec les togolais.
Sylvestre CDLT (Comité pour la démocratie
et la liberté au Togo): Né en 2005 le comité œuvre
pour inscrire durablement la lutte dans les consciences d’un peuple
qui souffre. Il attend un soutien sans faille du PS au peuple. Le CDLT demande
au PS de ne pas être complice du malheur des populations. Il compte regrouper
les togolais de la région à s’investir dans la lutte pour
la démocratie au Togo.
Intervention de la salle et des participants:
demande au Ps de parler du cas Togo dans les médias: Akim (représentant du
1er Secrétaire de la fédération Nord) : la question
des médias est difficile étant donné que les médias
sont tenus par les amis de Sarkozy, les mêmes qui possèdent de
gros intérêts en Afrique. Ce qui fait qu’il est difficile
en France que les médias accompagnent les intérêts nobles.
Il y a une sorte de schizophrénie des médias.
D’autres participants ont dit que le peuple meurt, qu’il
est urgent d’intervenir le plus vite possible. Ne pas se
focaliser sur le PS car s’il ne passe pas en 2012 comment
feront les Togolais? Pour Dr Galley l’opposition doit s’entraider
et former une équipe dynamique capable de renverser la
situation actuelle du pays.
Des élus de la région qui ont fait dans le passé un
tour au Togo ont témoigné que ce sont des ONG qui
viennent au secours des populations. Mais malheureusement rien
ne se fait pour aider le pays. Il faut tout faire pour apporter
une aide et contribution au Togo.
Kofi est revenu sur le projet de société qu’il
entend construire s’il vient au pouvoir suite à une
interpellation concernant l’illisibilité de son
projet de gouvernance. Il a lancé un appel pour que les
soldats et les militaires togolais ne tirent plus sur leurs frères
et concitoyens. La solution au problème du Togo, a-t-il
conclu, réside au Togo.
Reportage,
Jules Symféïtchéou,
envoyé spécial à Lille
pour etiame.com (toutes nos excuses pour la qualité
des images)














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