Libération des prisonniers politiques:
Pratiques non-républicaines du
Pouvoir togolais
07 juillet 2010
Le Collectif pour la Vérité des Urnes (CVU) se
félicite de la libération sans condition le 4 juillet
2010 d’Aimé APEDO, membre actif du parti OBUTS (Organisation
pour Bâtir dans l’Union un Togo Solidaire), arrêté arbitrairement
le 2 juillet 2010 par les éléments du Colonel Massina
de l’Agence Nationale de Renseignement (ANR).
Le CVU se réjouit de la mobilisation et de l'action collective
menée par les médias de même que tous les
mouvements citoyens et les associations des droits humains au
Togo comme à l'extérieur du Togo ; qui ont désormais
compris que ce sont les actions conjuguées et coordonnées
qui obligent les forces de la répression et de l’obscurantisme à cesser
leurs actions de kidnapping de civils togolais au point de prendre
en otage tout un pays. Jusqu’ici la Communauté internationale
se contentait de «laisser passer» ces procédés
arbitraires, sans doute en raison de l’appréciation
inconsciente et erronée, d’une différence
de valeur entre un citoyen africain et un citoyen d’origine
différente. Mais le Monde change et les opinions publiques
aussi!
Le CVU remercie vivement toutes les organisations et structures
d'information qui se sont mobilisées spontanément
pour dénoncer le kidnapping d'Aimé APEDO.
La libération d'Aimé APEDO doit être saluée
comme un début de reconnaissance par la Communauté internationale
de l'égalité entre les être humains qu'ils
soient au Togo ou ailleurs dans le monde. La libération
d'Aimé APEDO ne doit pas masquer le fait que le Pouvoir
togolais retient toujours arbitrairement, dans sa prison-goulag
du nord du Togo, le «Guantanamo togolais de Kara»,
des prisonniers politiques, uniquement parce qu'ils ont choisi,
comme Patrice Lumumba ou Nelson Mandela, de ne pas céder
aux intimidations consistant à «demander pardon
pour ce qu'ils n'ont pas fait», ni de se soumettre à l'humiliation
en abandonnant leurs principes démocratiques consistant à exprimer
leur choix pour la liberté, la vérité des
urnes et des comptes.
Le CVU demande donc à tous ceux qui ont contribué à la
libération sans condition d'Aimé APEDO, de continuer à influencer,
partout où c'est possible, le pouvoir arbitraire togolais
pour obtenir la libération des citoyens qui ont osé défendre
la démocratie et refusé l'impunité au Togo.
Ces prisonniers souffrent parce qu’ils exigent la refondation
d'un Togo démocratique, et aucun humaniste voire démocrate
togolais ne peut fermer les yeux sur cette forfaiture.
Le CVU demande que les parties du Pouvoir togolais et de l'armée
togolaise qui ont pris conscience qu'être Républicain,
c'est défendre la vérité des urnes et la
vérité des comptes, doivent aussi aller plus loin
et contribuer d'abord à sortir de la prison-goulag du
nord du Togo tous les citoyens, sans exception, qui luttent pour
la liberté et la démocratie ; et réfléchir à leur
responsabilité sur l'avenir démocratique du Togo
et le bien-être des populations togolaises.
Il est essentiel de faire largement connaitre les méthodes
d'intimidation et de harcèlement du pouvoir politique,
pour mieux organiser des contre-pouvoirs institutionnels et faire
vivre la démocratie au Togo.
A partir des témoignages variés reçus par
le CVU, il a été possible de mieux comprendre
le processus opérationnel d'intimidation utilisé au
Togo. Les pratiques standardisées du Pouvoir non républicain
sont appliquées selon un processus hors-la-loi en 10 points:
1. Enlèvement et séquestration
de citoyens libres au Togo ;
2. Accusations sans preuves ;
3. Impossibilité pour
les personnes enlevées de bénéficier de
l’appui d’un défenseur et de conseils juridiques
;
4. Torture odieuse sur les personnes
et humiliations diverses ;
5. Création à partir
de l'imaginaire de fausses accusations et de faux témoignages
;
6. Intimation de la personne d'accepter
les accusations pour obtenir la libération ;
7. Interdiction à la personne
de parler et d'informer sur les pratiques du Pouvoir et ses agents
non républicains ;
8. Disparation ou alors libération
sous condition de silence ;
9. Silence des familles togolaises
contribuant à perpétuer ce système ;
10. Harcèlement direct ou des familles pour promouvoir
la loi du silence autour de l'affaire, et la culture morbide
du pacifisme plaintif.
C’est exactement de cette manière et selon ces
principes que vient de se dérouler la «capture» arbitraire
d’Aimé APEDO et des nombreux prisonniers encore
retenus dans les geôles togolaises.
Le CVU demande à tous les parents et amis de personnes
kidnappées voire libérées après kidnapping,
du seul fait de leur lutte citoyenne pour l'avènement
de la démocratie et de la transparence au Togo, de se
manifester pour que les exactions puissent faire l'objet d'une
large diffusion publique ; et surtout parvenir aux associations
nationales et internationales soutenant les droits humains et
la liberté d'aller et de venir librement au Togo, de même
que les chancelleries occidentales. Les familles concernées
doivent se rapprocher des conseils juridiques et des avocats
républicains qui refusent l'impunité et œuvrent
pour la vérité et la justice au Togo.
Les tortures n'ont plus de droit de cité au Togo et ceux
qui les pratiquent doivent être identifiés et traduits
devant les tribunaux nationaux, régionaux ou internationaux
dont l'efficacité est avérée.
Au nom de l’exigence du changement de comportement du
Pouvoir à l‘égard de ceux qui ne pensent
pas comme lui, et afin de mettre fin à des pratiques
anticonstitutionnelles, le CVU demande la libération immédiate
et sans conditions des citoyens togolais suivants, pour présomption
d'innocence et emprisonnement sans jugement.
1. ABI Atti (Chef d’Escadron)
2. ABOBI, Séssé Akakpo
3. ADAM Tchara (Adjudant Chef)
4. ADJINON, Lambert (Capitaine)
5. AGNAM Mazabalo (Sergent)
6. AMAH, Olivier Poko (Commandant)
7. ASSETINA Toukoussala (Adjudant
Chef Major)
8. ASSIME, Kokou
9. ATTISSO, Fulbert
10. AWADE Jean
11. AZANLEKO, Narcisse
12. BALI, Ageignidou (Sergent)
13. BITIE Laré (Sergent)
14. DONTEMA Casimir (Capitaine)
15. EFOUE Sassou (Lieutenant de Gendarmerie)
16. GNASSINGBE Bagoubadi (Capitaine)
17. GNASSINGBE, Esso
18. GNASSINGBE, Essolizam
19. GNASSINGBE, Julien
20. GNASSINGBE, Kpatcha
21. KAPITAN Gaétan
22. KAMOUKI, Menveidom
23. KAROUE, Pyabalou P.
24. KEBERA, Kossi
25. KOUMA Toweli
26. KAO Atcholi (Elève)
27. LARE, Bitié (Sergent)
28. MANDABOUWE, Baouna (Sergent)
29. MANZOLOUWE, Kao
30. MENSAH, Koko Guillaume
31. MEVEIDOM Kamouki
32. NAYO, Eyademé A. (Officer de Police)
33. N’MOLAU (Officier Supérieur)
34. PADARO, Palabamzeinani
35. PAPALI, Abalo (Sergent)
36. SAIBOU Moussa
37. SEIDOU, Ougbakiti (Adjudant Chef)
38. SIZING, Essodouzou
39. SOLEWOSSI, Eric
40. TOYI Kplanté
41. TCHARA, Atam Medè-Atcholo
42. TCHEOU, Jaurès
43. TCHINGUILOU Sondou (Directeur Financier)
Ainsi que tous les anonymes victimes des récurrentes
rafles nocturnes actuelles dans le seul but d’intimider
le Peuple togolais, et stopper la Résistance citoyenne.
Nos pensées et nos prières doivent accompagner
les compatriotes suivants ainsi que pour ceux dont les noms ne
nous sont pas parvenus. La solidarité est le seul levier
par lequel nous bougerons les pierres à bâtir d’un
Togo Libre, Démocratique et Prospère!
Que Dieu nous aide à faire la lumière entre les
Togolais républicains et les Togolais non-républicains,
afin d’installer les vertus de la transparence, de la liberté d’expression
et d’action républicaine au Togo pour pouvoir enfin œuvrer
ensemble, de nouveau, au sein d'une société de
confiance et apaisée!
Togo debout, luttons sans défaillance pour la fin de
la torture et des intimidations arbitraires !
Le 7 juillet 2010
Agbéyomé KODJO, Coordinateur National Provisoire
Dr Yves Ekoué Amaïzo, Coordinateur International
Provisoire |