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Togo: Gestion clientéliste des sociétés d’Etat:

Ingrid Awadé-Nanan, siphonne les recettes de l’Etat par l’emploi d’agents fictifs

08 juillet 2010

Mme Awadé-Nanan Ingrid, Directrice des impôts et intime de Faure Gnassingbé encourage des emplois fictifsLa bonne gouvernance est de très loin la priorité des autorités administratives et politiques du Togo. Alors que la grande majorité des Togolais pataugent dans l’océan de la misère, des cadres de l’administration trouvent au quotidien les moyens les plus abjects pour poncer le pays dont l’économie est à l’agonie. Bien longtemps, des cas d’agents fictifs de la fonction publique qui constituent une lourde charge pour les contribuables togolais sont dénoncés, mais cela n’a jamais ému les autorités. Un cas d’agent fictif crée aujourd’hui des grincements de dents à la Direction Générale des Impôts (DGI), le pilier central du budget de l’Etat. Selon des informations en notre possession, une jeune fille dont nous taisons le nom serait un cas patent d’agent fictif à la DGI. Titulaire d’une maîtrise en droit, elle a été recrutée comme agent d’appui à la DGI, l’équivalent de contractuel. Celle-ci aurait quitté le Togo pour la France afin de poursuivre ses études de 3ème cycle depuis 2008. Une chance formidable que le commun des Togolais n’a pas.

Pendant que nombre de compatriotes tirent le diable par la queue et avalent à longueur de journée des kilomètres pour faire le porte à porte en quête de travail, la demoiselle grâce aux gymnastiques d’un cercle bien fermé de parents et d’amis, a conservé son poste. Selon des témoignages vérifiés, pour détourner l’attention du monde et préserver son salaire bien qu’elle ne soit plus dans le service, officiellement elle est affectée au département de la Conservation Foncière et des Domaines.

Bien que ce cas constitue un facteur de démotivation et de frustration des honnêtes citoyens et bosseurs, il reste un sujet tabou. Du Service des Ressources Humaines à la Direction de l’Administration, de l’Organisation et des Services d’Appui (DAOSA) en passant par le service du personnel et  la Division de la Communication, personne ne veut aborder le sujet. Une fois le sujet énoncé, poliment l’interlocuteur  vous envoie paitre. «Nous sommes une entité homogène ici. Il n’y a pas d’agent fictif», s’entend-on dire. «Je ne suis pas là pour vos enquêtes. Vous avez mal choisi votre cible. Ceci ne relève pas de la Communication», a souligné le Chef Division de la Communication. L’équipe d’investigation de notre journal a été ballottée par d’autres personnes citées dans le dossier tel un ballon de ping-pong. M. Abbi Toyi, Directeur de la Conservation Foncière et des Domaines, contacté sur le sujet, n’est pas passé par quatre chemins pour renvoyer son interlocuteur vers la DAOSA, «parce que c’est eux qui gèrent le personnel», a-t-il indiqué. Ce département aussi contacté, son Directeur M. Djobo Ata-Bao renvoie l’enquêteur vers le premier: «Cet agent est mis à la disposition de M. Abbi», nous a-t-il signifié

Selon les informations, l’intéressée continuerait de percevoir son salaire et des dotations de carburant et autres primes attachées à sa fonction par le truchement de son père, dans une complicité artistique d’un des responsables (Oncle de l’intéressée). Selon des indiscrétions, la jeune dame en question, a été déclarée admise au dernier concours de recrutement dans la Fonction Publique alors qu’elle était absente du territoire. A-t-elle le don d’ubiquité? Pire, elle serait même détentrice d’une attestation de prise de service datée du 10 mars 2009.

Cette situation génère aujourd’hui un sentiment de révolte au sein de la boîte, et particulièrement chez les agents temporaires ayant physiquement passé le concours pour être officiellement déclarés échoués.

Ces pratiques indécentes ne sont guère nouvelles au Togo. La Fonction Publique togolaise regorge aujourd’hui de nombreux cas pareils. Une telle situation sous d’autres cieux aurait interpellé la Cour des Comptes à diligenter une enquête sérieuse afin que les fraudeurs répondent de leurs actes devant les tribunaux et que cela serve de leçons aux autres candidats. Mais nous sommes au Togo où ces pratiques sont banalisées. 

Il faut noter que les nombreuses tentatives de la Rédaction pour avoir la position de Mme Ingrid Awadé, Directrice générale des Impôts sur la question, ont été vaines.

Didier LEDOUX, collaborateur www.etiame.com

 

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