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Afrique-France: Célébration du 14 juillet:

Après cinquante ans de réseaux de prédation par la France du continent, les «Noirs» défilent sur les champs Elysées

12 juillet 2010

Le très controversé président français Nicolas SarkozyMercredi 14 juillet sera un jour spécial pour le peuple français. Il célébrera son accession à la souveraineté nationale et internationale, le 321e anniversaire. Un tel événement, beaucoup de pays au monde ne l’ont pas encore vécu. Cet anniversaire n’a rien de spécial, mais pour un régime et un peuple qui connaissent le vrai sens et l’importance d’une indépendance, cela mérite d’être dignement célébré, avec faste d’ailleurs. Et justement le pouvoir français ne compte pas faire les choses à moitié.

Du noir sur les Champs Elysées
Des troupes africaines défiler sur les Champs-Elysées le 14 juillet, ces images remontent à il y a longtemps. De tels événements étaient peut-être habituels au cours de la période coloniale. Avec les  indépendances des colonies africaines, au nom de la souveraineté, ces rituels ont été abandonnés; mais ils sont ressuscités, à l’occasion de la célébration de ce 321e anniversaire de l’indépendance de l’ancienne métropole.

Des troupes de treize (13) ex-colonies françaises d’Afrique noire participeront mercredi au traditionnel défilé militaire. Au compte de ces pays, le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la Centrafrique, le Congo, le Gabon, Madagascar, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal, le Tchad et notre pays le Togo. Des 14 anciennes colonies françaises d’Afrique noire, seule la Côte d’Ivoire n’enverra pas de contingent marquer le pas à Paris sur les Champs-Elysées. Ce sont les troupes africaines qui ouvriront d’ailleurs le bal, avec des détachements d’une trentaine d’hommes. Le contingent togolais qui a quitté Lomé lundi dernier est arrivé dans la capitale française le lendemain et a installé  son quartier général sur une base militaire de Bretigny sur Orge située en région parisienne pour des répétitions. Sur la tribune officielle seront donc perchés les Présidents de ces pays. Faure Gnassingbé est aussi annoncé pour suivre ce défilé «exceptionnel». C’est le contraire qui aurait étonné, lui qui flaire toutes les occasions d’entrée à l’Elysée.

Lien du sang, dites-vous?
Le très bling-bling Président français n’a pas manqué d’idée pour emballer la «négraille». Nicolas  Sarkozy place cette célébration et cette invite sous le signe du «Lien du sang». «C’est le lien du sang que nous célébrons, le lien né de la contribution des troupes africaines à la défense et à la libération de la France», a-t-il écrit, comme pour les draguer,  dans un message aux participants. Et de rappeler: «Des milliers de soldats venus d’Afrique sont morts pour la France lors des deux guerres mondiales».  Quelle langue de bois de Nicolas Sarkozy!

Ce lien du sang, s’il était bien réel, devait s’être manifesté depuis à l’égard des tirailleurs sénégalais. Ces anciens combattants qui sont allés, avec les moyens de bord, au secours de la France malmenée, ont passé toute une éternité à réclamer les mêmes droits et émoluments que leurs collègues français. Certains de ces hommes sont même décédés, dans l’anonymat et l’indigence la plus totale, sans avoir eu la reconnaissance véritable de Paris. Il a fallu les cris des anciens combattants encore vivants et des associations de défense des droits de l’Homme pour voir le pouvoir français bouger. «Parce qu’on invite pour la toute première fois après les indépendances des détachements africains à défiler sur les Champs Elysées, on  feint de reconnaître la valeur de la contribution des troupes du continent à la libération de la France! Cette reconnaissance serait sincère et le lien de sang réel qu’on n’aurait pas besoin de tout ce tollé. Tout aurait été naturel…Il y a un air de moquerie dans cette invite, et  Sarkozy et la France doivent voir en les Africains des niais», peste un militant des droits de l’Homme. Un autre compatriote renchérit et croit déceler l’idée cachée sous cette invite. «Le gars est très malin. Au plus bas dans les sondages, Nicolas Sarkozy veut tout simplement profiter de cette fête pour se redorer le blason, avec  ce clinquant de «lien de sang» donné à cette célébration et cette invite faite aux anciennes colonies», dit-il.

En avant l’assujettissement!
Cette année 2010, dix-sept (17) pays africains, dont quatorze (14) anciennes colonies françaises célèbrent les 50 ans de leur indépendance. Certains pays, à l’instar du Sénégal, du Togo, du Gabon, ont déjà tenu leur anniversaire. Tout un programme a été concocté, et le pic a souvent été les défilés militaires. C’est un événement spécial, le jubilé d’or, et la France aurait pu honorer ses anciennes colonies, avec la présence de son Président à ces différents défilés, ou à défaut, de représentants  de premier choix du pouvoir français, et envoyer des détachements militaires participer aux défilés marquant ces fêtes dans ces pays. Mais ce ne sont que des hommes politiques de 2e main qui ont été envoyés, au meilleur des cas. Pas de contingents militaires français. Lors de la célébration au Togo du 27 avril, aucune personnalité française n’était envoyée.  Pour la plupart des cas, ce ne sont que ses ambassadeurs dans ces pays qui ont fait le déplacement. D’aucuns diront que l’ambassadeur est le représentant par excellence d’un pays à l’extérieur. Mais pourquoi Sarkozy ne peut-il pas se contenter juste des ambassadeurs de ces pays accrédités en France et qu’il faille inviter les Présidents et des troupes du continent?  Pourquoi la «négraille» ne peut-elle pas aussi faire comme Nicolas Sarkozy, en lui envoyant juste un message de félicitation et donnant l’ordre aux ambassadeurs de ces pays africains d’aller les représenter au défilé sur les Champs Elysées? Il a fallu que le bling-bling Président français fasse un petit clic de la main, et c’est la ruée des Chefs d’Etat africains sur Paris, tel l’appel d’un roi à ses sujets. 

Ces présidents africains répondront certainement tous à l’appel du muezzin, et pourtant  ils ont des problèmes énormes dans leur pays auxquels il fallait se consacrer. Sur les 14 pays invités à ce défilé, seul le Bénin, et peut-être le Mali peuvent se prévaloir des modèles de démocratie. Tous les autres sont de mauvais élèves, qui n’ont que faire de cet idéal, de la bonne gouvernance et du respect des droits de l’Homme: Togo, Burkina-Faso, Niger, Gabon, Cameroun… Même les troupes du Sénégal dont le Président proclame une volonté d’indépendance et une certaine autorité sur les représentants de puissances étrangères - il joue à Moussa Dadis Camara, invectivant en direct sur les écrans des ambassadeurs occidentaux - seront présentes, et peut-être Abdoulaye Wade lui-même. Une vassalisation pure et dure des dirigeants africains à l’ancienne métropole! Laurent Gbagbo lui, est conséquent envers lui-même. Il ne fera pas le déplacement de Paris, et aucune troupe ivoirienne ne défilera sur les Champs Elysées, vu qu’il clame l’existence d’un contentieux entre la France et la Côte d’Ivoire.

L’élite africaine ne cesse de réclamer une certaine indépendance et liberté par rapport à l’ancienne métropole. Plus d’une fois déjà on a entendu des chefs d’Etats et des intellectuels réclamer ces idéaux, revendiquer des  relations de partenariat et non plus d’aide, un commerce équitable, bref un respect du bloc occidental ;  mais malheureusement on ne crée pas les conditions pour. Quand la «négraille» s’illustre comme une horde de vassaux et court à la cour du roi au moindre clic de la main, les Présidents africains et par ricochet tout le continent ne peuvent qu’être  considérés ainsi, et avoir la considération due aux  vassaux.

Tino Kossi, collaborateur www.etiame.com

 

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