Réveilles-toi Afrique:

Pour la démocratie

Pour le développement

Pour l'indépendance

Drapeau Togo
 
Economie
Culture
Dépêches
Revue de presse
National
International
Société
Santé
Libre tribune
Tourisme
Dossiers
Médias
ONG & ASBL
Portrait
Echos de la diaspora
Interviews
      
 
 
 

TOGO: Duel Agbéyomé-Bodjona:

Bodjona, le symbole d’un pouvoir par la force: «Je vais vous faire arrêter»

12 Juillet 2010

Jusqu'où ira le duel Bodjona vs Agbéyomé? Sur la victoire de la force brute (Bodjona donc le pouvoir) ou de la justice et la vérité?«La plus subtile de toutes les finesses est de savoir bien feindre de tomber dans les pièges que l’on nous tend» (La Rochefoucauld)

Malheureux seraient donc ces ministres togolais qui ne savent pas user de leur pouvoir discrétionnaire, s’ils en ont ! Au lendemain de la publication de la lettre ouverte de M. Kodjo Agbéyomé à M. Pascal Bodjona et dans laquelle le premier a dit sans détour ce qu’il pensait du second ainsi que le rôle qu’il a eu à jouer personnellement dans la dissolution arbitraire d’OBUTS, il y eut une vive altercation entre les deux hommes au téléphone. Rappelons que c’était le ministre Bodjona qui, digérant mal les vérités de M. Kodjo, avait pris l’initiative de l’appeler. C’est le lieu de signaler que c’était la deuxième engueulade entre les deux hommes depuis les consultations du PM Houngbo en mai 2010.

Ces hommes se détestent bien; mais de là, pour l’un à manquer de fair-play, de retenue et de maîtrise de soi en tant qu’homme d’Etat encore en activité et s’exposer si facilement dans une affaire de dissolution de parti et qui ne tient pas la route et dont les attendus de la justice sont très facilement démontables, c’est bien dommage pour notre République et pour les juges togolais qui refusent soit par «mendèfrèrisme», soit par couardise, de dire le droit qu’ils ont appris sur les bancs.

Jeudi matin, pour de simples clés que devraient aller chercher des huissiers au siège du parti OBUTS et pour lesquelles, en définitive il avait fallu le déplacement des huissiers au domicile de l’ancien PM du Togo, il avait fallu déplacer une dizaine d’éléments des Services de renseignements et d’investigations (SRI) armés jusqu’aux dents comme on le dit couramment. Ce qui, il faut le dire, avait fait peur aux habitants du quartier. On sent au Togo, un usage exagéré de la force, un usage excessif des éléments armés, un usage abusif du pouvoir. Pour un oui ou pour un non, il faut essayer de prouver qu’on a la puissance des muscles et celle des armes de son côté. La vie ne se limite pas qu’à ça.

Avec un tel esprit, un pays ne saurait évoluer. Avec une telle conception du pouvoir d’Etat qui n’est pas originellement conçu pour des usages abusifs, mais pour des besoins réels et proportionnés par rapport à un objectif précis, on comprend aisément que certains trouvent en cet appareil à la fois dissuasif et répressif d’Etat et de bon aloi, un moyen de se donner du relief. A supposer que les huissiers avaient besoin de se sentir en sécurité, avait-on besoin d’une escouade de gendarmes chez un ancien PM à qui on est allé jusqu’à retirer le moindre agent de sécurité dont tous les anciens PM et PA disposent et par paquets ? Un seul gendarme suffisait largement à protéger ces huissiers, si vraiment ils en avaient besoin.

«… Je vais vous faire arrêter, parce que vous avez violé l’article 17 de la Charte des partis politiques et j’ai déjà saisi le ministre de la justice», râlait le ministre Bodjona au téléphone au lendemain de la réception de la lettre ouverte de M. Kodjo. Et ce dernier de répondre ironiquement par: «Moi, je ne suis qu’une fourmi et vous, un éléphant. Vous avez la force. J’ai une expérience carcérale et je n’ai plus peur. C’est vous qui devez avoir peur, parce que vous n’avez jamais fait la prison». Cet échange de propos apporte suffisamment d’éclairage à ce que nous avons exposé plus haut. Cette violation de l’article 17 n’existe d’ailleurs que dans la conception de M. le ministre. On pense qu’on a le pouvoir et qu’il faut terroriser les autres par une justice aux ordres, par la peur du gendarme et de la prison, alors qu’au Togo ceux qui méritent une place en prison sont autrement plus nombreux que ceux qui sont en liberté et se pavanent.

Il y a une catégorie de citoyens qui ont leur petite idée du pouvoir d’Etat, de sorte que, si le pouvoir n’avait jamais existé, il leur aurait fallu l’inventer eux-mêmes et pouvoir en faire tout ce qu’ils veulent. Mais ils oublient dans leur conception de la toute-puissance, que bien des hommes avant eux, avaient exhibé qui, leurs biceps, qui, leur bataclan d’amulettes dont ils disposent, et qui encore, des «cargaisons» d’armes sur lesquelles ils régnaient; le moment venu et prématurément, ils n’ont pas eu le temps de crier gare. Ils ont tiré leur révérence.

Alain SIMOUBA, LIBERTE  HEBDO

 

Liberte

Globe

 
 
 

Copyright©by Etiame.com webmaster 2005 - Tous droits réservés