Togo: Droits de l’Homme:
Des proches collaborateurs de Kofi Yamgnane
enlevés par des militaires à Lomé
12 juillet 2010
«On ne sait pas les raisons de cet enlèvement
ni le lieu où ils se trouvent», avoue le
leader de Sursaut-Togo.
Dans un communiqué laconique rendu public, le président
de Sursaut-Togo, Kofi Yamgnane, confirme enfin l’arrestation
de ses proches et demande leur libération immédiate. «Deux
de mes proches collaborateurs, Innocent Kokou ASSIMA et Narcisse
Dosseh AZANLEKO, ont été enlevés dans la
nuit du 1er au 2 juillet 2010 par les forces de sécurité de
Faure Gnassingbé. On est sans nouvelles d’eux depuis
cette date. On ne sait pas les raisons de cet enlèvement
ni le lieu où ils se trouvent. Il s’agit donc d’un
enlèvement comme en ont l’habitude la dictature
togolaise, son gouvernement et ses milices», précise
le communiqué.
L’ancien Secrétaire d’Etat français
exige la libération immédiate de ces deux collaborateurs
ainsi que des autres militants de l’opposition arrêtés
avant et après l’élection présidentielle
du 4 mars 2010. Mais il assure que «ces manœuvres
d’intimidation n’arrêteront pas la détermination
du peuple togolais à se libérer».
Ce jour-là, il sonnait 23 h 30 environ quand les habitants
du quartier Bè Attikpa ont été ameutés
par des bruits d’injonction. «On ne sait même
pas comment ils sont rentrés dans la maison où réside
Kofi Yamgnane. A l’entrée était garé un
véhicule banalisé, puis à quelques mètres,
celui de la gendarmerie communément appelé «Araignées». Ils
ont interpellé Innocent Assima qui dormait tranquillement
dans la maison. Mais après on s’est rendu compte
qu’ils sont venus avec Narcisse Azanléko menotté»,
raconte un témoin.
Quid des mobiles de ces interpellations? «Il s’agit
d’une affaire politique», auraient lancé les éléments
de la gendarmerie aux proches parents d’Innocent Assima.
Selon toujours les témoignages recueillis, un doute plane
sur le premier interpellé, c’est-à-dire Azanléko. «Il
serait un agent de renseignement qui a infiltré l’entourage
de Yamgnane. Avant que les gens ne viennent arrêter Innocent,
Azanléko lui avait téléphoné aux
fins de connaître sa position», ajoute un autre
témoin.
A en croire un défenseur des droits de l’Homme,
c’est une stratégie qui consiste à créer
une situation de peur généralisée autour
de Yamgnane afin de l’empêcher de revenir au bercail.
Le président de Sursaut-Togo séjourne en France
depuis plus de deux mois.
En rappel, Aimé Apédo, membre actif du parti OBUTS
(Organisation pour Bâtir dans l’Union un Togo Solidaire),
a été arbitrairement arrêté le 2 juillet
2010 avant d’être libéré deux jours
plus tard.
On observe depuis quelques temps le regain des enlèvements,
arrestations arbitraires, intimidations et autres harcèlements
des militants des partis de l’opposition, surtout ceux
qui continuent de contester la victoire de Faure Gnassingbé.
Coco Tchak |