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Relation France-Afrique:
Gbagbo ou la solution
idéale pour les Africains?
15 juillet 2010
«L’homme
qui ne craint pas la vérité, n’a rien à craindre
du mensonge» (Thomas Jefferson)
Pour ce 14 juillet, où les Etats africains
ayant accédé à l’indépendance
en 1960, célèbrent leur cinquantenaire, les Etats
africains ont été invités par leur maître
français, Nicolas Sarkozy, agissant au nom et pour le
compte de l’ancienne Métropole, à prendre
place autour de lui, tel un père de famille qui retrouve
ses enfants à l’occasion des vacances scolaires
ou à l’occasion de grandes funérailles familiales.
Si l’Afrique et ses dirigeants, 50 ans après les
indépendances, continuent à être tirés
par le bout du nez et traités dans ce type de relations
paternalistes, c’est dû fondamentalement à la
soumission aveugle de ces prétendus dirigeants, tels des
laquais, aux desiderata de la France et de ses dirigeants qui
se sont succédé jusqu’ici et que, faute pour
eux-mêmes d’avoir une âme en tant qu’Africains,
ils tiennent pour leurs dieux.
Invités à prendre part aux festivités
commémoratives du souvenir de la prise de la Bastille
en 1789, douze chefs d’Etat sur les 14 Etats produits de
la colonisation française, semblaient guetter une telle
occasion pour démontrer leur attachement indéfectible à l’ancienne
Métropole et à ceux qui y tiennent aujourd’hui
les commandes. Presque à l’unanimité, tous
ont répondu à l’invitation. Conformément
aux vœux de la France, ils y ont convoyé quelques éléments
de leurs armées respectives qui se ressemblent d’ailleurs à tout
point de vue comme deux gouttes d’eau. Deux ont manqué à l’appel.
Il s’agit de Madagascar qui est sous sanction internationale
et n’a donc par reçu d’invitation et la Côte
d’Ivoire.
Ce dernier et ses dirigeants sont demeurés
assez cohérents et inamovibles. Ils ont certes, par courtoisie,
dépêché leur Ministre de la Défense
pour prendre part, au nom de l’Etat ivoirien, aux festivités.
Mais il n’a pas été question d’y envoyer
l’armée ivoirienne. La raison, la voici: «Un
grand pays démocratique ferme les yeux sur un coup d’Etat.
Et la France prend sur elle de tirer sur des manifestants, de
détruire toute l’aviation ivoirienne, et on fait
comme si de rien n’était. Il faut que le dossier
soit ouvert, qu’on se dise un certain nombre de choses
et à ce moment-là, les esprits se seront apaisés
de part et d’autre», a déclaré sans
bégaiement et l’air tranquille, l’Ambassadeur
de Côte d’Ivoire à Paris, Pierre Kipré.
C’était sur RFI juste à la veille de la manifestation.
Plus loin, l’Ambassadeur s’interroge
admirablement bien, avec justesse et force arguments: «C’est
notre anniversaire. Nous le fêtons à la maison,
chez nous! Nous ne voyons pas bien les raisons profondes de cette
volonté de fêter le cinquantenaire d’Etats
indépendants en France. C’est une initiative ambiguë.
Pourquoi est-ce uniquement un groupe de pays, surtout après
qu’il y a eu ce sommet Afrique-France où il y avait
tous les Etats africains? Si c’est la francophonie qu’on
fête, qu’on nous le dise! Mais la francophonie n’a
pas 50 ans».
Nous avons toujours apprécié la
fermeté de la Côte d’Ivoire vis-à-vis
de la France depuis les accords de Linas-Marcoussis en janvier
2003 qui ont constitué pour Laurent Gbagbo une humiliation
inacceptable, le bombardement du camp de Bouaké en novembre
2004 et la fusillade de l’Hôtel Ivoire, sans oublier
la chasse organisée contre les intérêts français
en Côte d’Ivoire (c’est un peu cynique mais
qu’on nous en excuse!), les relations entre Abidjan et
Paris ne sont plus ce qu’elles étaient, notamment
du temps de Félix Houphouët-Boigny. La France ne
peut pas œuvrer pour le bien de ces citoyens, en laissant
les Africains à la merci des dictatures.
La solution au «problème africain» est
pourtant très simple. Il suffirait d’une solidarité agissante
entre les dirigeants des 14 Etats africains d’expression
française qui les amènerait à agir de concert,
en cessant en bloc d’obéir au doigt et à l’œil
de l’ancienne puissance tutélaire, signifiant ainsi
leur maturité et leur ras-le-bol, pour que de l’autre
côté, l’on commence à réfléchir
sérieusement. L’exemple d’Omar Bongo avec
son diktat à l’Elysée peu avant sa mort en
est la preuve patente d’une démonstration de force
de l’Afrique. Vive Gbagbo pour que vive le patriotisme
africain!
Alain SIMOUBA |
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