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Togo: Un  séminaire gouvernemental  de plus à Kara:

Des Conseils des ministres au compte-goutte

02 août 2010

Gilbert Houngbo, un Premier ministre inexistantLa Kozah était il y a quelques jours, le point de convergence des regards. Il s’est tenu du 17 au 24 juillet derniers dans la préfecture la fête des Evala, événement au cours duquel tout le pays s’était arrêté. La préfecture, et nommément son chef-lieu devra être à nouveau le point d’attraction du Togo.  Et pour cause. Le gouvernement Gilbert Houngbo II devrait être depuis hier en séminaire à Kara. Ce séminaire gouvernemental devra se poursuivre jusqu’au mercredi 4 juillet et se terminer par un Conseil des ministres. «Les participants plancheront sur les actions prioritaires de chaque département ministériel et dégageront des pistes de travail pour renforcer la cohésion gouvernementale», annonce le site officiel du gouvernement.

Séminaire ou folklore gouvernemental?
Le tout premier séminaire gouvernemental fut organisé sous le Premier ministre Edem Kodjo II en 2005, et c’est devenu une tradition au Togo. Tous les occupants de la Primature depuis lors regroupent leurs ministres pendant quelques jours, le plus souvent hors de Lomé. Cette rencontre est souvent l’occasion d’entretenir les préposés au gouvernement sur leurs missions respectives. Les prérogatives de chaque ministre lui sont resignifiées, pour une meilleure efficacité gouvernementale. Les séminaires se sont suivis, mais les résultats se sont à chaque fois ressemblé.

Komlan Mally alors Premier ministre a organisé le sien début mars 2008 à Nangbéto, mais cela n’a pas permis à son gouvernement d’être efficace.  «Recréer l’espoir et l’optimisme au sein de la population», voilà le thème principal du premier séminaire gouvernemental organisé par son successeur Gilbert Fossoun Houngbo les 24, 25 et 26 novembre de la même année à Kara. «Pour assurer la relance de l’activité économique, il nous fallait inscrire notre action dans le cadre du programme intérimaire d’actions prioritaires en attendant la finalisation du DSRP complet d’ici le premier trimestre de l’an 2009. C’est donc face à cette urgence que nous avons identifié des actions rapides à mener susceptibles de produire des effets palpables dans un délai raisonnable. Nous disons qu’en six mois, le peuple togolais doit voir un début de solution, il faut qu’en six mois nos compatriotes sentent que ça bouge. Durant les six mois qui viennent, nous devons nous battre pour recréer l’espoir et l’optimisme au sein de notre population»,  déclamait le «Technocrate» à l’ouverture. On avait parlé d’«intenses travaux», de «discussions fructueuses autour du DSRP», et  les ministres avaient fixé les objectifs de résultats de leur département pour la période 2009-2010. Chaque membre de l’équipe de Gilbert Houngbo avait eu entre les mains une lettre de mission claire. Mais en fin de compte, les Togolais n’ont eu que leurs yeux pour pleurer. Le miracle promis en six mois n’a pas eu lieu. Et voilà que Gilbert Houngbo regroupe à nouveau ses ministres à Kara, pour un autre séminaire. Pour quels résultats?

Deux Conseils des ministres en deux mois
Le séminaire gouvernemental de Kara devra être clôturé par un Conseil des ministres. Ce sera seulement le 3e de l’ère Gilbert Houngbo II. Institution spécifiquement française, le Conseil des ministres est la formation collégiale réunissant l’ensemble des ministres (les secrétaires d’État y siègent normalement lorsque des affaires de leur compétence y sont évoquées), manifestant en quelque sorte l’unité gouvernementale. Traditionnellement,  le Conseil des ministres se réunit, sous la présidence du Président de la République, une fois par semaine. L’ordre du jour est déterminé de manière conjointe par le Président et le Premier ministre. Le chef du Gouvernement le propose, et le chef de l’État l’arrête. La réunion comporte trois temps : le premier est consacré aux textes de portée générale − projets de lois, ordonnances, décrets − pour lesquels une délibération du Conseil est nécessaire; dans le second temps, sont abordées les décisions individuelles, essentiellement les nominations des hauts fonctionnaires; le troisième temps est généralement consacré à l’exposé d’un ministre qui peut présenter l’état d’avancement d’une réforme dont il a la charge, à une intervention du Président qui peut solliciter sur un point particulier l’avis des participants. Le Conseil des ministres permet au Président de la République de contrôler l’élaboration et la mise en œuvre de la politique du gouvernement et de donner ou refuser son accord à un certain nombre de décisions importantes. Bref c’est l’occasion de plancher sur les dossiers brûlants de l’heure et de prendre des décisions idoines.

Les anciennes colonies françaises ayant toujours calqué leur constitution et autres textes juridiques sur le modèle français, ces conseils des ministres devraient être réguliers et hebdomadaires. Mais au Togo ces réunions sont comme des larmes de crocodile, c’est-à-dire rares. Nous le soulignions tantôt, depuis la formation du gouvernement Houngbo II, - on peut se tromper- c’est seulement deux (02) Conseils des ministres qui ont été organisés. Le  premier s’était tenu le 9 juin dernier, onze (11) jours après sa formation et n’avait servi qu’à afficher les ministres Rpt et Ago côte à côte. Le second n’a eu lieu qu’un mois plus tard, c’est-à-dire le 9 juillet et a vu le gouvernement prendre la décision de suspension du réseau ReDéMaRe. Il faudra alors attendre le mercredi 4 août prochain pour voir le 3e. Deux Conseils des ministres depuis plus de deux mois de gouvernement! Et pourtant ce ne sont pas les dossiers existentiels qui manquent! Il y a la question des inondations, le problème de l’augmentation des prix des produits pétroliers…Cela ne peut qu’être ainsi sous un  Président dont les priorités sont visiblement ailleurs et qui est entre deux avions, faisant le tour du monde. C’est un indice du peu de souci de l’ «Esprit nouveau» et du «Technocrate» à la gouvernance réelle du pays et au sort des populations togolaises.

Tino Kossi, collaborateur www.etiame.com

 

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