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Diplomatie: Ingérence d’un militaire français dans les affaires internes du Togo:

Un officier français menace un journaliste de «Liberté»

11 août 2010

L'officier français instruisant des policiers togolaisAu foyer de l’Eglise évangélique presbytérienne, le lieu où devait se tenir le congrès de l’UFC, le journaliste-reporter du quotidien «Liberté», AGBEDIVLO Komi, alias Didier Ledoux, a été l’objet d’intimidations et de menaces de la part d’un officier français au service des Forces armées togolaises (FAT). Alors que le journaliste, identifiable par le gilet de reportage offert à toutes les rédactions par le bureau local du Haut commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme (HCDH) était en train de faire son travail, l’officier a bondi sur lui en lui demandant pourquoi il le photographiait.

L'officier français instruisant des policiers togolais«Tu sais qui je suis? Je suis le conseiller du chef d’Etat major de l’armée de terre. Tu veux que j’appelle le RCGP (Régiment des Commandos de la Garde Présidentielle, ndlr)  pour foutre un peu d’ordre là-dedans? Alors, je demande d’enlever les photos. Est-ce que c’est compliqué?», vociférait l’officier. Suite aux interventions de certains confrères, notre reporter s’est exécuté en nettoyant les images du Français. Après s’être assuré que les photos ont été enlevées, il a laissé partir le journaliste qui lui a fait comprendre qu’il ne peut jamais faire en France l’acte regrettable qu’il vient de poser. Que vient chercher un conseiller spécial du chef d’Etat major de l’armée de terre à une manifestation publique dont la sécurité est en principe assurée par la Police et la Gendarmerie? Pourquoi donnait-il des ordres comme le montrent les images? Autant de questions que tous les témoins de la furie de l’officier blanc se sont posées.

Mais on apprendra plus tard que celui qui s’est présenté comme conseiller spécial du chef d’Etat major de l’armée de terre serait allé demander aux gendarmes de « rentrer dedans » aux jeunes qui auraient altéré sa voiture quand il forçait le passage où il y avait un attroupement monstre. Etant en territoire conquis, il a le droit de faire ce que bon lui semble.

C’est curieux qu’un officier français formé en France, pays des droits de l’Homme, menace de faire venir des éléments de la garde présidentielle pour régler un malentendu qui l’opposait à un journaliste qui ne faisait que son travail.

Mais hier nuit, nous sommes tombés sur un étrange communiqué de presse de l’Ambassade de France au Togo. «Le véhicule d'un Officier français, membre de la mission de coopération militaire, qui se trouvait fortuitement aux abords d'un rassemblement, a fait aujourd'hui l'objet de jets de pierres. Après avoir signalé les faits au détachement de Gendarmerie qui se trouvait à proximité, l'Officier n'a pas souhaité qu'un photographe fasse une prise de vues», explique l’ambassade. Drôle n’est-ce pas?

R. Kédjagni

 

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