Réveilles-toi Afrique:

Pour la démocratie

Pour le développement

Pour l'indépendance

Drapeau Togo
 
Economie
Culture
Dépêches
Revue de presse
National
International
Société
Santé
Libre tribune
Tourisme
Dossiers
Médias
ONG & ASBL
Portrait
Echos de la diaspora
Interviews
      
 
 
 

Togo: Bonne gouvernance:

La Cour des comptes du Togo, un simple luxe

15 septembre 2010

Takpandja Lalle, Président de la Cour des comptes du TogoJeudi 16 septembre 2010, demain donc, la Cour des Comptes du Togo aura un an d’existence. L’institution de contrôle des comptes de l’Etat était installée le mercredi 16 septembre 2009, après nomination de leurs membres le 24 juin 2009 en Conseil des ministres. Ils sont vingt-six (26) en tout, soit neuf (09) Conseillers maîtres, un (01) Procureur général près la Cour des Comptes, trois (03) Avocats généraux, quatre (04) Conseillers référendaires et neuf (09) Auditeurs. Et il fallu des tollés de part et d’autre avant que les gouvernants ne s’exécutent.

Une installation tapageuse
La Cour a été installée à travers une cérémonie assez pompeuse, qui a eu lieu dans la salle d’audience de la Cour Suprême de Lomé sous la présidence du très controversé Abalo Pétchélébia, en présence des ministres de l’Economie et des Finances Adji  Otèth Ayassor, de la Justice Biossey Kokou Tozoun et de nombreuses autorités politiques et administratives. De jolis discours ont été servis, donnant l’impression que la mise en place de cette institution de contrôle longtemps réclamée scelle la fin de la mal gouvernance dans les instituions et services publics. «Vous pouvez vous rendre dans les services des ordonnateurs et des comptables; vous avez accès aux immeubles, locaux et propriétés relevant des patrimoines de l’Etat ou des autres personnes morales de droit public et organismes soumis à votre contrôle, même des locaux ou immeubles frappés de secret défense ou de sécurité intérieure ou extérieure à la seule condition d’en demander la levée aux autorités compétentes qui ne peuvent vous refuser cela», lançait tout euphorique la première Avocate générale près la Cour Suprême, Mme Ahadzi-Azanledji Justine. Cette installation était même mise à l’actif de Faure Gnassingbé, comme la concrétisation d’une certaine promesse électorale. Un an après, quel bilan peut-on établir des actions de la Cour des Comptes?

Inactivité notoire
Rien à se mettre sous la dent. Tout est resté au niveau de la cérémonie d’installation, et Dieu seul sait si la Cour existe réellement et aura entrepris une seule action depuis lors. Un tour au siège de cette brigade financière nous a permis de mieux évaluer la situation. Aucun des 26 membres n’était trouvable au bureau, et le bâtiment était calme, on dirait qu’il n’y a pas âme qui y vive. La seule personne que nous avions rencontrée semblait même ne pas connaître les membres de la Cour. Assez illustratif de l’inactivité de l’institution. Autre indice, il nous revient que Kokou Gozan qui en était membre a présenté sa démission lorsqu’il a été parachuté au poste de ministre du Commerce et de la Promotion du secteur privé, pour cause d’incompatibilité définie par l’article 111 de la Constitution, n’a pas été officiellement remplacé.

Et pourtant les prérogatives de la Cour des Comptes sont grandes, et ce ne sont pas les chantiers qui manquent. «La Cour des Comptes juge les comptes des comptables publics. Elle assure la vérification des comptes de la gestion des établissements publics et des entreprises publiques. Elle assiste le Parlement et le Gouvernement dans le contrôle de l’exécution des lois de finances», dixit l’article 107 de la Constitution. Les affaires de détournements de derniers publics, de malversations sont légion dans les sociétés et autres services publics. Les scandales financiers éclatent tous les jours et éclaboussent des barons du pouvoir. Le dernier cas, c’est l’affaire Bikassam à TogoTélécom où on parle de malversation autour de quarante (40) milliards F CFA. Qu’a fait la Cour des comptes? Rien! Le tout puissant DG a simplement repris service, après un simulacre de suspension.

Complaisance sélective
«Dans les trente (30) jours qui suivent le scrutin où l’élection a été acquise, les candidats indépendants et les partis politiques ayant pris part au scrutin déposent le compte de campagne accompagné des pièces justificatives des ressources et des dépenses effectuées auprès du Président de la Cour des Comptes. La Cour des Comptes rend publics les comptes de campagne. Après vérification des pièces, s’il est constaté un dépassement des dépenses de campagne, le Président de la Cour des Comptes adresse dans les quinze (15) jours un rapport au procureur de la République près le tribunal de première instance compétent qui engage des poursuites judiciaires contre les contrevenants». C’est ce qu’indique le Code électoral en son article 143. Au sujet de l’élection présidentielle du 4 mars dernier, tous les Togolais bien voyants ont été témoins de la campagne du candidat du pouvoir. Posters géants affichés partout, tricots, pagnes, menus gadgets à l’effigie de Faure Gnassingbé, espèces sonnantes et trébuchantes distribués, voilà le décor de la campagne de l’«Esprit nouveau», qui devrait dépasser de très loin le plafond des dépenses fixé à cinquante (50) millions F CFA pour chaque candidat. Il faut être résolument aveugle et malhonnête pour ne pas le reconnaître. Mais malheureusement la Cour des Comptes a fermé les yeux là-dessus.

Du rapport annuel
«La Cour des Comptes établit un rapport annuel adressé au Président de la République, au Gouvernement et à l’Assemblée nationale et dans lequel elle fait état, s’il y a lieu, des infractions commises, et des responsabilités encourues», voilà ce qui est stipulé au dernier  alinéa de l’article 107. Doit-on s’attendre à un rapport de la Cour vu qu’elle n’a pas été active durant tous ces douze (12) mois d’existence? Ce serait faire preuve de naïveté que d’espérer un tel rapport.

Au demeurant, il faut réaliser que cette Cour des Comptes n’aura été qu’un luxe. Ce ne sont pas les compétences qui manquent. Le profil défini par la loi est assez aguichant. «Seuls des juristes de haut niveau, des inspecteurs de Finances, du Trésor et des impôts, des économistes-gestionnaires et des experts comptables ayant une expérience de quinze (15) ans au moins, peuvent être élus ou nommés à la Cour des Comptes», indique l’article 108 de la Constitution. Si les vingt-six (26) membres nommés et installés il y a un an répondent à tous ces critères, il se fait que tous ou presque sont des barons ou des sympathisants du pouvoir et nombre d’entre eux ont participé à l’écoulement de certaines structures de l’Etat. Certains étaient même à leur nomination, membres de Conseils d’administration de sociétés étatiques qu’ils sont appelés aujourd’hui à auditer. C’est comme leur demander de se faire hara-kiri.

Tino Kossi, Liberté

 

Liberte

Globe

 
 
 

Copyright©by Etiame.com webmaster 2005 - Tous droits réservés