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Portrait flatteur du PM dans ‘‘Jeune Afrique ''

Edem Kodjo fait la cour à Faure et confirme son retour au RPT

« Jeune Afrique » dans son édition du 11 au 17 juin 2006 est encore revenu à la charge. Comme à son habitude, fidèle à sa manie de faire de la publicité tacite au clan Gnassingbé qui régente le Togo depuis la « Pangée », ce journal vient encore de publier un de ces articles encensoirs qui mettent Edem Kodjo sur un piédestal.

Le concerné, lui, en tirerait gloire. Mais l'article, certes recommandé, devra blesser des sensibilités car l'homme est à plusieurs égards « diaboliquement inutile  ».

Le titre de l'article est assez révoltant. « Un homme de compromis » ,lit-on. Selon le dictionnaire « Le Petit Larousse » , ce terme signifie « Accord obtenu par des concessions réciproques » . Mais l'on se demande entre quelles parties Edem Kodjo est-il le compromis. Ce vocable risque de réveiller en les Togolais le chat qui dort contre celui qui se prend pour plus intelligent que la demi dizaine de millions de Togolais. Ce passage rappelle un pan de l'histoire, de la carrière « Premier ministrale » de Edem Kodjo.

Ni hier, ni aujourd'hui ou demain, Edem Kodjo n'a jamais été, n'est et ne sera jamais un homme de compromis. Les péripéties de son premier passage à la primature ne sont pas encore effacées des mémoires des Togolais. En 1994, à la suite des législatives remportées haut-les mains par l'opposition avec à l'honneur le CAR de Me Yawovi Agboyibo, aucune prévision ne voyait Kodjo Premier ministre puisque son UTD originel n'avait obtenu que 6 minables sièges contre 34 pour le CAR. Tous les indices voyaient Agboyibo Premier ministre. Mais c'était mal connaître la personne de Edem Kodjo, spécialiste des tractations « sous-marines » . C'est un pêcheur en eau trouble. Tel un lézard qui passe par les lézardes du mur, tel un contrebandier qui sort le « grand jeu » pour passer la frontière, en un clignement de l'œil, c'est tout éberlués que les Togolais le retrouvent à la Primature , au grand désarroi du leader du CAR. Il avait nuitamment scellé des alliances contre-natures avec Eyadéma. Edem Kodjo est un « champignon-saprophyte » au figuré. Au propre, il a été un Premier ministre « usurpateur » . Mieux, un Premier ministre « squatter » . Ce n'est que l'acte I.

Sa primature d'aujourd'hui est autant loin d'être méritée, eu égard aux qualités que devrait avoir la personnalité devant occuper la primature après le trépas d'Eyadéma. La norme aurait voulu que le Premier ministre soit un homme de consensus, capable de réconcilier les Togolais divisés, de réparer les brimades et frustrations créées durant la quarantaine d'années de régence de Gnassingbé Père. Cette personnalité devrait être portée par les Togolais dans leur cœur, recueillir donc leur suffrage. Or, il se fait que le type est un adepte des « scores microscopiques » . Il semble affectionner des scores voisins de zéro pour cent (0%) lors des élections présidentielles auxquelles il a eu le courage de participer. Le type est tellement impopulaire qu'un parti qui se crée aujourd'hui peut recueillir plus de suffrage que son conglomérat de « particules » politiques désigné sous le label CPP. Lui-même devrait savoir qu'il ne peut jamais- du moins dans le contexte actuel- occuper de hautes fonctions au Togo qu'en passant par des voies tortueuses. Il s'en est rendu compte depuis 2004 et c'est à partir de là qu'il a préparé l'acte II de son usurpation de la primature. Ce n'était pas pour rien qu'il a fait des pieds et des mains en cette année-là « lors des négociations avec l'Union européenne en vue de la levée des sanctions internationales ». Ce n'était pas gratuit, ses offres de bons hospices aux lendemains du trépas de Gnassingbé 1 er pour aller ramener Natchaba au pays lorsque Faure et ses sbires l'empêchaient de rentrer pour occuper la présidence par intérim comme le recommandait la Constitution.

Un homme de compromis, non ! Il ne l'a jamais été et ne le sera jamais.

Un homme de compromission, oui ! Mais compromission entre la succession Gnassingbé et les ordres françafricains. C'est pure hypocrisie de sa part que de dire : « Je n'ai qu'une seule chose à faire, travailler pour mon pays ». Il devra procéder à une rectification et dire « je n'ai qu'une seule ambition, bosser pour « mon ventre » et pour la gloire de la « dynastie Gnassingbé » ». Certains de ses propos sont de véritables dragues à Faure. Qu'a-t-il fait d'utile depuis sa nomination, version Faure, le 8 juin 2005 ? Son bilan est creux et plat. Le 1 er défi à relever, pour un pays divisé par 40 années de dictature, devrait être la réparation des torts, le pardon et la réconciliation entre les fils du pays. Mais depuis son accaparement de la primature le 8 juin 2005, rien n'est fait dans ce sens. Plutôt les rancoeurs s'aggravent. Cela fait plus d'un an que des dizaines de milliers de Togolais sont contraints à l'exil par la « libido du pouvoir » du clan Gnassingbé. Les différents rapports les ont évalués à plus de 40 mille. Ils croupissent actuellement dans les camps mais rien n'est fait pour assurer leur retour. Les discours d'apaisement tenus ça et là ne sont que leurre. La preuve est que ceux d'entre eux qui sont revenus à l'instar de Gaspard K. Agbobli ont été arrêtés. Les poursuites judiciaires recommandées par les divers rapports contre les responsables ne sont guère enclenchées. Pire, il a eu le culot tout récemment par lettre circulaire d'appeler les forces de l'ordre et les organes compétents à suspendre « toutes poursuites diligentées » ou « à diligenter ». C'est toujours sous son ère que les bourreaux de près de 1 000 Togolais sont promus à des grades supérieurs.

« Si les choses ne pouvaient pas changer, je partirais le jour même » avait-il annoncé. En vrai homme, il ne devrait pas attendre un signal avant de s'en aller. Il ne fait rien à la tête du gouvernement. De part ses propos, il confirme qu'il n'est plus opposant et qu'il est retourné à ses anciennes amours. Les Togolais sont étonnés qu'un vrai homme politique dise que : « Quant aux critiques de l'opposition radicale, elles me laissent indifférent ». C'est gravissime car à ce qu'on sache, un véritable homme politique se nourrit toujours des critiques de ses adversaires pour évoluer. Par ces déclarations, Edem Kodzo prouve qu'il est un politicien entièrement à part. Les Togolais eux savent à qui ils ont affaire, comme pour lui répondre à ses propos : « …Vous ne savez pas à qui vous avez affaire ». Ils ont affaire, comme dirait Nicolas Lawson, à un « imposteur ».

TINO Kossi

 

 

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