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Afrique: Portrait:

Tirons leçons du passé pour mieux affronter l’avenir

28 janvier 2011

M. Amady, artisan de la FEANFA l’heure du bilan du cinquantenaire des indépendances africaines et de l’orientation à donner et à impulser aux luttes présentes et à venir, il urge de revisiter l’histoire contemporaine des combats avant- gardistes des pères de l’indépendance (1),  et de la jeunesse de l’époque.A ce sujet, et à propos du combat de la jeunesse, le docteur Aly Dieng nous y aide à travers l’œuvre qu’il a publié aux Editions L’Harmattan en 2009  intitulée Les grands combats de la FEANF- Fédération des étudiants d’Afrique noire. De Bandoeng aux indépendances 1955-1960.

Qui est  Amady Aly Dieng?
Panafricaniste  de longue date d’origine Sénégalaise, et économiste de son état,  Amady Aly Dieng, bientôt, la quatre- vingtaine en février 2012,  laisse à la postérité  plus d’une dizaine de livres forts intéressants. Comme profession, il a exercé à la BCEAO- entendez Banque Centrale de l’Afrique de l’Ouest-

Au plan militant, il  a été président de la FEANF pendant deux ans en 1961 et 1962. . et également un des dirigeants de l’association des Etudiants de Dakar (AGED) crée en 1950 et qui est devenue l’Union Générale des Etudiants d’Afrique Occidentale (UGEAO). De lui et à la page 102  du livre, on y lit  dans un rapport de la police française, Amady Aly Dieng est considéré comme  un des dirigeants de la FEANF extrémistes les plus actifs, une personnalité du PAI (parti africain de l’indépendance) membre du  comité central et du comité exécutif.

 Le  livre de Amady Aly Dieng, d’entrée  de jeu, écrit dans un français accessible à tous, situe dans l’introduction l’épineuse question des luttes indépendantistes  des années 1955-1960. De 1956 à 1960, la lutte en faveur de l’indépendance s’intensifie en Afrique. L’indépendance du Soudan anglo-égyptien en septembre 1955 ouvre la voie aux indépendances des autres pays africains. Page 1.

Ce combat  âpre et héroïque pour l’indépendance ne s’est jamais posé en termes de dialogue ni de réconciliation encore moins de conciliation avec le colon ou le colonisateur. Non! C’est  en termes de rapport de force que s’est faite cette bataille sans concession aucune. Ce qui normalement devrait se reproduire aujourd’hui avec une jeunesse aguerrie.

 La France a été obligée de faire voter une loi cadre proposée par Gaston Defferre accordant aux pays africains sous domination française une semi-autonomie.

Toujours dans l’introduction du  livre, l’auteur met un accent grave sur la notion de solidarité panafricaniste, principe obligatoire, essentiel et nécessaire, qui a permis l’avancée des luttes indépendantistes et  la victoire sur l’oppresseur. La jeunesse africaine déboussolée doit prendre modèle sur ses devanciers qui ont vécu le panafricanisme dans sa  sens entier.

Les luttes pour l’indépendance se déplacent d’Asie et d’Afrique du Nord en Afrique Noire subsaharienne. Les conférences afro-asiatiques ou panafricaines  se tiennent de plus en plus en Afrique et non en Asie. La conférence du Caire tenue le 26 décembre 1957 est la «fille» de Bandoeng.  

 Ainsi, la FEANF reposait sa force sur la lutte qu’elle menait contre un seul  ennemi, la France, c'est-à-dire son gouvernement. Aujourd’hui,  cette même  France a pris de l’âge  avec des tentacules un peu partout se  métamorphosant en des réseaux maffieux  qui se nomme françafrique, dont Louis Michel en est le porte- parole en Belgique.

Par ailleurs, selon, l’auteur l’année la plus fertile en événements politiques est  l’année 1958 où Sylvanus  Olympio réussit le  27 avril 1958 à remporter une victoire électorale au Togo. Ruben Um Nyobé est tué le 03 septembre par une patrouille française. Le Général De Gaulle entame une grande en Afrique noire et à Madagascar du 20 au 27 septembre. Il organise le 28 septembre  un référendum qui débouche sur l’indépendance de la Guinée ayant choisi de voter «non». Une première conférence des Etats africains indépendants tient ses assises à Accra au Ghana du 15 au 22 avril 1958. Quelques mois après, est organisé dans la même ville du 06 au 13 décembre 1958, la conférence des peuples africains où la FEANF était représentée par son secrétaire général Konaté et Amady Aly Dieng, simple militant.

On le voit  bien  que petit à petit, la juste et  bonne cause avance  mais  c’est sans compter que l’ennemi ne dort pas. Avec d’autres fils d’Afrique, l’ennemi rempile et reprend du poil de la bête… dès le vote de la Loi-Cadre Gaston Deffere en 1956 et sa mise en œuvre en 1957, le vers de la division était dans le fruit à la suite de la balkanisation des pays africains voulue et organisée par les autorités coloniales avec la bénédiction de Houphouët-Boigny.

Conséquence logique: la FEANF va être affaiblie. Elle commence par perdre son rayonnement d’antan  et à être court circuitée par ses sections territoriales. Les scissions vont se multiplier au sein des associations territoriales, les étudiants pro-gouvernementaux vont quitter les associations encore membre de la FEANF et fidèles à sa ligne révolutionnaire.

S’agissant du contenu du livre, plusieurs thèmes font l’objet d’études dans le livre Nous citerons:

Les organisations politiques d’étudiants africains en France

Les étudiants devant les problèmes politiques,

Les organes de la Fédération

Les congrès et conseils d’administration

Les activités de Fédération sur le territoire français

Les activités internationales de la FEANF

Les activités littéraires de la FEANF

Les lectures des problèmes culturels des étudiants africains,

Les relations de la FEANF avec les organisations d’Afrique Noire.
A la fin du livre, on aperçoit en annexe toute  une dizaine de documents  qui va de la page 196 à la page  267. Pour le lecteur avide d’approfondir le sujet  développé dans le livre, c’est bien capital.

Pour terminer, reprenons en intégralité la conclusion de l’auteur à la page 194.

La période allant de 1955 à 1960 est la période glorieuse du mouvement étudiant africain. La FEANF a atteint son apogée. Elle a été portée par d’énormes forces sociales qui ont contribué à, l’intérieur et à l’extérieur du continent à donner une très grande vigueur aux mouvements de libération nationale. .Le souffle de Bandoeng a profondément touché le continent africain qui est devenu un grand théâtre de la lutte pour l’indépendance. Les victoires des nationalistes se sont multipliées. La France a subi sa plus grande défaite à Dien Bien Phu en Indochine en 1954.

Elle a subi de grand revers en Afrique du Nord avec les indépendances du Maroc et de la Tunisie. La guerre d’Algérie est le plus grand coup portée à la France coloniale qui ne savait pas que ses heures étaient déjà comptées. L’indépendance du Ghana a sonné le glas du système colonial en Afrique occidentale  et équatoriale. Elle a ouvert une large brèche dans l’édifice colonial français.

Condamnée à faire des opérations contre-feu devant le feu des luttes pour l’indépendance en Afrique du Nord et au Cameroun, la France a conçu la Loi-Cadre du socialiste Gaston Defferre pour arrêter le mouvement de libération nationale qui avait envahi son empire colonial qu’elle pensait éternel et susceptible d’être sauvé. C’est pourquoi, elle  a octroyé des indépendances formelles aux pays africains qu’elle dominait. C’est pourquoi, l’année 1960  a été baptisée année de l’Afrique. Mais la France ne s’est pas considérée comme vaincue, elle a installée ses hommes, ses alliés pour continuer à dominer et à exploiter ses anciennes colonies. Dès la mise en œuvre de la Loi-Cadre , le ver de la division était dans le fruit.es autorités coloniales ont décidé de liquider la FEANF en créant des mouvements sécessionnistes qu’elles entretenaient à coup de millions et de faveurs de toutes sortes. Ainsi, la glorieuse FEANF va entamer une période de déclin qui la conduira, à sa mort décrétée en 1980 par le gouvernement de Valéry Giscard d’Estaing.

A la lumière de ‘’Les Grands Combats de la FEANF , … De Bandung aux independances, 1955-1960’’, l’espoir nous est donné qu’en redoublant de  vigilance, d’organisation et de détermination accrue, l’ennemi sera vaincu tel qu’il le fut dans le passé  avec l’organisation, la vigilance et la détermination de nos ainés mus par un seul idéal panafricaniste. Du cap à Alger, de Dakar à Djibouti, l’oppresseur doit faire face à la même  adversité, c-à-d à un seul axiome ferme et irrévocable de nos peuples à une libération définitive . La lutte doit continuer.

RECENSION DU LIVRE
Les grands combats de  la FEANF - Fédération  des étudiants d’Afrique noire.

De Bandoeng aux indépendances 1955-1960. Editions L’Harmattan en 2009

Maurice Mouta Wakilou GLIGLI-AMORIN

Belgique, ce 24 janvier 2011.

http://gliglimouta.afrikblog.com

 

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